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Le 2 mars 2007
Service de nouvelles de l'APF
Politique de bilinguisme de la Défense nationale
Défendue par les ministres, dénoncée par le CLO
Danny Joncas
OTTAWA – Le comité du parlement sur les langues officielles a entendu d’importants témoins au cours de la dernière semaine dans le cadre de son étude portant sur les nouvelles règles en matière de langues officielles au sein des Forces canadiennes.
Dans un premier temps, le ministre de la Défense nationale, Gordon O’Connor, de même que la ministre de la Coopération internationale, de la Francophonie et des Langues officielles, Josée Verner, sont venus expliquer le nouveau modèle de transformation du programme des langues officielles au sein des Forces canadiennes, modèle qui doit entrer en vigueur le 1er avril. Les ministres jugent notamment que la nouvelle politique est réaliste, puisqu’il serait impossible de penser rendre les Forces canadiennes entièrement bilingues.
Quelques jours plus tard, le comité parlementaire accueillait le commissaire aux langues officielles, Graham Fraser, qui a critiqué ouvertement la nouvelle politique en question. M. Fraser a même indiqué que cette modification s’avérait un constat d’échec de la politique précédente.
Essentiellement, cette nouvelle approche dite fonctionnelle de la Défense nationale continue de reconnaître des unités francophones et bilingues dans certaines régions du pays, mais n’empêche pas certains militaires francophones d’être affectés à des unités anglophones, où l’on n’exigera plus de leurs dirigeants qu’ils s’expriment dans les deux langues officielles. C’est surtout le fait que certains hauts-gradés seront unilingues anglophones qui a amorcé cette remise en question de la politique que défendent toutefois les ministres du cabinet Harper.
« Je suis persuadé que le modèle permettra de réviser et de faire progresser le programme des langues officielles au ministère de la Défense nationale et dans les Forces canadiennes. L'approche précédente pour répondre aux exigences de la Loi sur les langues officielles a échoué. Notre nouvelle approche permettra de résoudre les problèmes antérieurs et sera plus réaliste », a souligné Gordon O’Connor.
Pour ce qui est de Josée Verner, la nouvelle approche ne représente pas un aveu d’échec de la part du gouvernement, mais plutôt une nouvelle démarche visant à s’assurer que les Forces canadiennes respectent les exigences de la Loi sur les langues officielles.
« Contrairement à la perception qui prévaut ces temps-ci, ce changement n'est pas synonyme d'abandon. En fait, nous agissons pour que les dispositions de la loi soient véritablement mises en pratique », avançait la ministre Verner.
Ces commentaires émis par les ministres n’abondent cependant pas dans le même sens que ceux du commissaire aux langues officielles. Bien qui ce dernier admette que la Défense nationale fait souvent face à des contraintes budgétaires et que l’on observe de la bonne volonté en ce qui a trait à la promotion des deux langues officielles, il juge que les efforts sont nettement insuffisants, tout en dénonçant l’échéancier de cinq ans fixé pour l’atteinte des résultats.
« Nous avons trop souvent vu, au fil des ans, des changements de procédures et des modifications aux politiques sans pour autant constater de résultats probants. Après plus de 25 ans de refonte de toutes sortes, les Forces canadiennes ont fait le tour de la question. Il est plus que temps qu’elles établissent des initiatives claires sur les langues officielles avec des objectifs mesurables », estime Graham Fraser.
« On ne peut plus se permettre d’accuser un autre échec. Il est inacceptable que le ministère de la Défense nationale se donne cinq ans pour concrétiser les principaux éléments de sa nouvelle politique. Je m’attends donc, dès le début de mon mandat, à ce que le ministère de la Défense nationale et les Forces canadiennes démontrent des résultats concrets », conclut M. Fraser qui, comme chacun de ses prédécesseurs, a soulevé des préoccupations au sujet des langues officielles au sein des Forces canadiennes.
Editeur : Association de la presse francophone
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