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Le 6 juillet 2009
Pipeline : Un nouveau gazoduc arctique
Maxence Jaillet Editeur : Association de la presse francophone
YELLOWKNIFE � Un autre m�ga projet gazier se dessine dans le nord-ouest de l�Am�rique du Nord. Exxon Mobil qui d�tient 69,6% de la P�troli�re Imp�riale, l�op�rateur principal du projet� Gazoduc du Mackenzie, vient de se lancer dans une coentreprise avec TransCanada pour exploiter et transporter vers le sud le gaz arctique retenu au nord de l�Alaska. Un autre gazoduc pour le m�me march�? Exploit�s durant la m�me p�riode?
Mais, le fait qu�un deuxi�me gazoduc, estim� � presque 30 milliards de dollars canadiens, puisse �tre construit en parall�le au pipeline de la vall�e du Mackenzie ne vient pourtant pas troubler le cours tranquille de l�approbation du projet t�nois.
Selon les principaux int�ress�s, que sont les compagnies Exxon Mobil et l�Imp�riale, il y a de la place pour les deux projets. En conf�rence de presse, le jeudi 18 juin, Marty Massey, directeur des int�r�ts am�ricains d�Exxon Mobil, s�est montr� rassurant et a d�menti toutes pr�f�rences vers l�un ou l�autre des deux projets.
� Les deux projets sont s�par�s et poss�dent des voies ind�pendantes au niveau des perc�es commerciales et de r�glementation. Il est pr�vu que le projet gazier du Mackenzie (PGM) soit en service avant le projet de l�Alaska qui ne pourra voir le jour vraisemblablement qu�apr�s 2018 � a-t-il d�clar�, avant de sp�cifier qu�Exxon Mobil n�avait pas perdu d�int�r�t dans le projet canadien.
M�me son de cloche du c�t� de la compagnie Imp�riale, alors que son porte-parole, Pius Rolheiser, nous confirme que l�apparition d�un autre gazoduc dans le Nord ne changerait rien � leur approche au sujet du PGM.
� Les besoins du march� supporteront facilement deux pipelines. Pourtant, nous sommes persuad�s que si les deux projets sont entrepris, le PGM sera le premier � aboutir. Nous avons quelques longueurs d�avance sur le projet de l�Alaska �, a-t-il comment�. Il est vrai que, si ce nouveau gazoduc de 2700 km traverse majoritairement l��tat am�ricain, il est tout de m�me planifi� qu�il vienne se raccorder au syst�me de distribution de TransCanada existant en Alberta. Le gazoduc devra lui aussi se conformer au processus de r�glementation canadien dans lequel est engag� le PGM depuis plusieurs ann�es.
D�ailleurs, rien ne change pour l��ch�ancier du pipeline t�nois selon le directeur du Secr�tariat du projet de gaz du Nord, Brian Chambers. � Nous concentrons tous nos efforts pour remettre le rapport final au mois de d�cembre 2009, et rien ne va changer �a �, a-t-il dit, confirmant que la commission d�examen conjoint du PGM n�a re�u aucune nouvelle lettre pressant d�achever leur rapport au plus t�t.
D�autres r�actions se font pourtant entendre apr�s cette annonce. La plus r�cente est celle du premier ministre t�nois qui, lors de son discours d�ouverture du 9e Inuvik Petroleum Show, a questionn� l�engagement de l�industrie et du gouvernement f�d�ral dans un projet qu�il qualifie de moteur principal de la future �conomie des TNO.
� Est-ce que l�industrie est pr�te � s�engager avec notre gouvernement pour arriver � une entente qui fera avancer le projet gazier du Mackenzie? Ou les incessants stimulants �conomiques propos�s pour le gazoduc de l�Alaska vont-ils surpasser notre projet �, a-t-il lanc�.
Les Am�ricains ont soif de gaz
En tourn�e � Washington, le ministre de l�Industrie, du Tourisme et de l�Investissement des TNO, Bob McLeod, a pour sa part indiqu� que le march� am�ricain est capable de supporter deux gazoducs nordiques, mais que le Canada doit tout mettre en �uvre pour devancer le projet transalaskien s�il veut tirer son �pingle du jeu.
� De ce que j�entends dans chacune des rencontres que j�ai eues, ici, le march� est capable de supporter deux gazoducs, a-t-il dit lors d�une conf�rence t�l�phonique avec les m�dias nordiques. La demande est l�. Mais il faut que le gazoduc du Mackenzie soit compl�t� en premier. �
Dans l��ventualit� que le gazoduc transalaskien aboutisse en premier � ce qui n�est pas le sc�nario envisag� par l�industrie jusqu�� pr�sent � la pertinence imm�diate du projet Mackenzie pourrait �tre remise en question, estime le ministre.
� Les r�serves gazi�res en Alaska sont si colossales que [la construction du gazoduc transalaskien], fera baisser le prix du gaz. Alors, cela pourrait grandement retarder la construction du projet Mackenzie �, analyse-t-il.
Obama pro-pipeline
Surtout, le ministre McLeod constate que l�appui au projet transalaskien est fort dans la classe politique am�ricaine.
� La nouvelle administration Obama est favorable au pipeline �, ose-t-il, en ajoutant du m�me souffle que chacune des personnes rencontr�es au courant de cette tourn�e am�ricaine appuie le projet de gazoduc transalaskien.
D�apr�s McLeod, le gouvernement am�ricain serait sur le point d�offrir des garanties de pr�ts de l�ordre de 40 milliards de dollars aux promoteurs du projet transalaskien pour en assurer la mise en chantier. Le ministre estime qu�Ottawa doit � son tour mettre l��paule � la roue pour ne pas se faire doubler par les �tats-Unis.
Pour mieux faire passer son message aupr�s de ses homologues f�d�raux, McLeod multiplie les m�taphores sportives. � Nous avons besoin d�un nouveau plan de match. On doit jouer sur le m�me terrain. Il faut que nous soyons de calibre pour nous mesurer aux Am�ricains �, dit-il.
Mais quand on lui demande s�il a des exigences pr�cises � formuler � l�administration Harper, le ministre de l�Industrie reste dans le flou. � Nous voulons que le gouvernement f�d�ral prenne les mesures n�cessaires, quelles qu�elles soient �, offre-t-il comme r�ponse.
Il pr�cise tout de m�me que, si des garanties de pr�ts ne sont � pas n�cessairement ce que nous demandons �, elles semblent faire le bonheur de l�industrie chez nos voisins du sud.
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