Album photos
Journaux de l'APF




Invitez votre ami(e) à visiter cette page
Imprimer la page

<< Retour | Archives

Bienvenue sur le site de nouvelles nationales!

Le 14 février 2002

Service de nouvelles de l'APF

La modernisation de la fonction publique fédérale tiendra compte des langues officielles

Par : Yves Lusignan
Editeur : Association de la presse francophone

Ottawa- La modernisation de la fonction publique fédérale tiendra compte de l’importance pour les fonctionnaires francophones de travailler dans leur langue maternelle.

La présidente du Conseil du Trésor, Lucienne Robillard, reconnaît qu’il est difficile pour les fonctionnaires francophones de travailler en français dans certains ministères.

«Nos études nous ont montré qu’il y avait des difficultés. Il y a tout un plan d’action qui est en cours pour changer cette culture. Ce n’est juste une question de respecter une loi, mais d’intégrer cette valeur dans la fonction publique.»

La ministre a indiqué que son plan d’action va s’imbriquer avec celui que le ministre responsable des dossiers touchant les langues officielles, Stéphane Dion, va bientôt dévoiler.

Cette question de la langue de travail a maintes fois été soulevées dans les rapports annuels du Commissariat aux langues officielles. Le dernier rapport ne faisait pas exception à la règle. «Les plus récentes enquêtes de la Commissaire révèlent que les employés fédéraux qui parlent la langue de la minorité dans leur région ne peuvent pas toujours travailler dans la langue officielle de leur choix…D’une part, un bon nombre d’employés ignorent l’étendue exacte de leurs droits linguistiques en milieu de travail. En outre […] plusieurs hésitent à dénoncer les iniquités dont ils peuvent être témoins, craignant les retombées négatives qu’un tel geste pourrait avoir sur leur carrière ou sur leurs rapports avec leurs collègues.»

Dans un discours prononcé devant les membres du Conference Board, la ministre a indiqué qu’il était important de changer les façons de faire au sein de la fonction publique fédérale. Selon elle, le système actuel de gestion des ressources humaines est tout simplement «désuet, archaïque et complètement déphasé en regard des théories modernes sur la gestion.» La ministre va encore plus loin : «Aucune industrie de services du secteur privé ne pourrait survivre si elle était aux prises avec un système de ressources humaines comme le nôtre.»

Mme Robillard ne veut pas laisser entendre pour autant que la fonction publique fédérale est «déficiente». Elle précise cependant que les changements qui seront annoncés cet automne lors du dépôt d’une loi, auront pour effet de donner aux gestionnaires «les outils dont ils ont besoin pour maintenir en poste les gens qui y sont et assurer leur perfectionnement, en plus d’attirer le talent».

M. Robillard favorise un cadre de gestion des ressources humaines «souple et innovateur» qui permettra de remplacer les employés à la retraite, tout en transmettant leurs connaissances à la prochaine génération de dirigeants. Elle insiste aussi sur l’importance du perfectionnement continu des employés.

La ministre a indiqué que le nouveau cadre de gestion des ressources humaines, plus décentralisé, donnera davantage de pouvoir aux gestionnaires fédéraux. «Le système actuel fait peu confiance aux gestionnaires et les étouffe au moyen de processus et de règles désuètes.» L’embauche se fera toujours sur la base du mérite et des compétences du candidat, a cependant tenu à préciser la ministre, et il n’y aura pas de place pour le favoritisme. «Une telle attitude ne sera pas tolérée. En d’autres termes, ce sera tolérance zéro!» Elle tient d’ailleurs à ce que la fonction publique fédérale demeure non partisane, même si on décentralise les responsabilités. «Je ne voudrais pas que dans le cadre de la réforme, on perd cet acquis.»

En donnant davantage de pouvoirs aux gestionnaires, la ministre veut notamment accélérer le processus d’embauche, qui est très lourd selon les règles existantes. «Lorsqu’un gestionnaire veut embaucher un nouvel employé pour livrer un nouveau programme, il faut des mois, des mois et des mois. C’est complètement inefficace.»

Le rôle des nombreux organismes de surveillance et de contrôle de la fonction publique fédérale, au nombre duquel figure le Commissariat aux langues officielles, pourrait être modifié. Cependant, cette fonction de contrôle ne sera pas «reléguée aux oubliettes sous le nouveau régime» assure Mme Robillard.

On veut aussi simplifier le système de recours des employés. A l’heure actuelle, il existe pas moins de 12 mécanismes qui permettent de protéger les fonctionnaires contre toute décision arbitraire ou discriminatoire. Selon la ministre, «c’est beaucoup trop.» Elle veut changer la façon de faire, «de sorte que nous ne mettrons plus des années à régler un grief.»

La ministre a reconnu que le gouvernement avait trop longtemps persisté avec le régime existant, «au lieu d’appliquer un cadre de gestion des ressources humaines qui confère des responsabilités à nos gestionnaires et habilite nos employés.»

Est-ce que tous ces changements seront suffisants pour convaincre les jeunes d’entreprendre une carrière au sein de la fonction publique fédérale? La ministre pense qu’il faut d’abord les rencontrer «où ils sont», comme le font les entreprises privées. «Il faut leur montrer ce qui se passe dans la fonction publique».

Elle constate que les jeunes imaginent toujours que le gouvernement fédéral n’embauche plus, ce qui n’est plus vrai à cause des nombreux départs à la retraite, et qu’ils ont une perception négative du travail d’un fonctionnaire.

«Quand on commence à leur donner des exemples concrets de fonctionnaires et de ce qu’ils font, que ce soit des chercheurs, des ingénieurs, des gens en informatique, de la diversité qu’il y a, parfois, on sent un intérêt…Il n’y a pas de recette miracle, si ce n’est que de leur prouver que ça peut être un milieu dynamique et enrichissant.»






Site réalisé grâce à l'éditeur Édimage Plus
© Édimage Plus / Tous droits réservés et aspects légaux / Association de la presse francophone