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Le 4 mars 2002

Service de nouvelles de l'APF

Le Pinson s’est envolé pour toujours

Yves Lusignan

Ottawa (APF) : Roland Pinsonneault de la Saskatchewan, un des grands défenseurs de la francophonie canadienne, a rejoint sa belle Donalda dans l’au-delà. Il avait 88 ans.
 
Surnommé affectueusement Pinson, cet ancien président de l’Association de la presse francophone de 1996 à 1990 a passé sa vie à défendre la francophonie en Saskatchewan.
 
Né à Napierville au Québec en 1913, Roland Pinsonneault était un fermier militant. Dans sa biographie Le cri du Pinson, qui a été publié l’an dernier, on découvre un homme aux convictions profondes, qui a donné beaucoup pour la cause francophone.
 
Wilfred Roussel, qui fut le directeur général de l’Association de la presse francophone jusqu’en 1992, a bien connu le personnage. «J’ai perdu mon père spirituel. Roland, c’était comme mon père.» M. Roussel est celui par qui le livre Le cri du Pinson a finalement vu le jour l’an dernier. «J’ai travaillé avec acharnement pour trouver le dernier 10 000 $ pour publier le livre.»
 
Selon M. Roussel, Roland Pinsonneault était probablement «le seul indépendantiste de l’Ouest canadien.» Car, autant il se battait pour la survie de la francophonie en Saskatchewan, autant il croyait à l’autonomie du Québec. Selon Wilfred Roussel, les convictions indépendantistes de Roland Pinsonneault remontait à loin. C’est d’ailleurs pour cette raison, dit-il, qu’il hésita avant d’accepter de recevoir l’Ordre du Canada, qui lui a été remis en 2000.
 
Ironiquement, cet ardent défenseur du fait français est mort en anglais, dans un foyer pour personne semi-autonome de Moose Jaw. «Le vieux buffalo est mort en anglais» dit M. Roussel avec une certaine amertume. «C’est comme une page qui tourne. Le Pinson s’est envolé pour toujours.»
 
Le directeur général du journal Le Carillon de Hawkesbury, Roger Duplantie, est un de ceux qui l’ont bien connu. «Il mettait du cœur dans tout ce qu’il faisait. C’était un grand défenseur de la francophonie, ça c’est certain, et pas seulement pour l’Ouest. Il avait à cœur la francophonie canadienne et même québécoise.» Il ajoute qu’il a marqué plusieurs éditeurs de la presse francophone de l’extérieur du Québec par ses élans oratoires. «Il en a fait pleurer plus d’un!»
 
L’éditeur du journal le Rempart de Windsor, Jean Mongenais, en est un autre qui a bien connu M. Pinsonneault. «Je me souviens de lui comme d’un homme de cœur. Il mettait du cœur dans tout ce qu’il faisait.» Ceux qui ont lu son livre, dit-il, comprennent l’amour qu’il portait pour la communauté fransaskoise.
 
«C’était un homme qui avait beaucoup de respect pour les gens avec qui il travaillait» poursuit M. Mongenais, qui se rappelle sa détermination. « “Allons de l’avant”, c’était une expression qu’il employait beaucoup.»
 

Editeur : Association de la presse francophone


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