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Le 10 avril 2002

Service de nouvelles de l'APF

Le CRTC doit accroître son engagement

Yves Lusignan

Ottawa (APF) : Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) n’a pas une très bonne réputation auprès de certains organismes francophones.

On reproche essentiellement à l’organisme fédéral qui attribue les licences en radiodiffusion, de manquer de compréhension à l’endroit des communautés francophones et acadiennes.

Des défenseurs des droits linguistiques ont profité de leur comparution devant le comité parlementaire qui étudie l’état du système de radiodiffusion canadien, pour réclamer des changements.

Le président de la Fédération des communautés francophones et acadiennes (FCFA), Georges Arès, reproche au CRTC sa décision (mars 2000) de ne pas rendre accessible le signal de la télévision éducative franco-ontarienne TFO à tous les abonnés québécois au câble. Il conteste aussi son refus (juin 2000) d’accorder une licence à un projet de radio communautaire francophone à Toronto, sans parler de sa décision de juin 2001 d’accorder une licence à Radio-Canada pour étendre La Chaîne culturelle, à la condition toutefois de trouver une autre fréquence.

«Il nous apparaît évident que l’engagement du CRTC à l’égard de nos communautés doit être accentué. Le CRTC doit reconnaître qu’il a des responsabilités envers nos communautés» a déclaré M. Arès devant les membres du comité.

Il demande des amendements à la Loi sur la radiodiffusion, de façon à ce que personne ne doute que le CRTC ait aussi le mandat de veiller au développement des communautés minoritaires de langue officielle. Une clarification nécessaire, dit le président de la FCFA, qui estime que le Conseil interprète les droits des francophones de l’extérieur du Québec «de la façon le plus restrictif possible.»

La Fédération demande également qu’on réserve dans les grandes villes du pays certaines fréquences à l’usage de radios communautaires francophones. Elle veut enfin qu’un organisme permanent fasse la promotion des chaînes de langue française qui sont disponibles sur le câble, parce que les câblodistributeurs «font rarement» la promotion de ces chaînes auprès de la communauté francophone.

L’Association canadienne française de l’Ontario (ACFO) a sensiblement les mêmes critiques et les mêmes requêtes. Elle reproche au CRTC de ne pas avoir réussi à instituer «les mesures correctives» qui auraient permis une amélioration des services en langue française.

Elle réclame notamment une politique qui permettrait aux communautés rurales majoritairement francophones d’avoir accès à davantage de canaux dans leur langue. L’ACFO cite l’exemple de Hearst dans le nord de l’Ontario, où les francophones forment 84 pour cent de la population. Dans cette municipalité, la population n’a pourtant accès qu’à 10 canaux en langue française sur les soixante qui sont offerts par le câblodistributeur.

La Commissaire aux langues officielles estime pour sa part que le CRTC doit tenir compte de l’impact de toutes ses décisions sur les communautés minoritaires. Elle estime, tout comme la FCFA d’ailleurs, que le CRTC devrait être ajouté à la courte liste des agences fédérales qui, depuis 1994, doivent tenir compte du développement et l’épanouissement des communautés francophones dans leurs décisions.

Editeur : Association de la presse francophone


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