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Le 28 juin 2002

Service de nouvelles de l'APF

Tournage de FranCŒUR à Alfred Un premier téléroman franco-ontarien verra le jour en février 2003

Collaboration spéciale Étienne Alary

Au cours de l’été et pour une partie de l’automne qui vient, la communauté d’Alfred et les régions avoisinantes vibreront sous le tournage du téléroman FranCŒUR. Cette série, produite par les Productions R. Charbonneau inc, une compagnie d’Ottawa, et diffusée sur la chaîne TFO à compter du mois de février 2003, sera le premier téléroman francophone produit et situé en Ontario.

C’est ce qui a été annoncé lors d’un point de presse tenu au Collège d’Alfred de l’Université de Guelph, le 19 juin dernier. «La communauté d’Alfred, après avoir visité les installations pour la première fois il y a déjà un an, est l’endroit idéal pour le tournage», a mentionné d’entrée de jeu la directrice en chef de TFO, Claudette Paquin. Elle ajoute que cette communauté «est le reflet de la vie rurale d’aujourd’hui avec ses réalisations et ses succès, mais aussi avec ses difficultés».

Pour Michel Gingras, membre du Conseil d’administration de TVOntario, convaincre ses collègues anglophones de croire et d’accepter de participer à ce projet est une réussite en soi. «Pour nous, les Franco-ontariens, la chaîne TFO est quelque chose qui nous tient à cœur. Après beaucoup de travail, nous obtenons aujourd’hui la récompense. Nous aurons quelque chose de chez nous fait par des gens de chez nous», lance M. Gingras.

FranCŒUR, c’est quoi?
Le téléroman FranCŒUR est une série de 12 émissions de 30 minutes racontant l’histoire d’un jeune agriculteur désireux de prendre la relève de la ferme familiale. «FranCŒUR, c’est l’histoire d’une famille qui vit sur une terre dans l’Est de l’Ontario. Plus précisément, c’est l’histoire de Luc, de sa famille et des gens qui l’entoure. Il doit prendre des décisions fassent à la relève de la ferme. Cependant, il n’est pas le plus vieux de la famille», a résumé le producteur exécutif Robert Charbonneau.

Le rôle de Luc Francœur sera interprété par l’acteur Marc Bélanger, qui est originaire de Hawkesbury. Ce dernier se dit choyé d’avoir la chance de faire ce qu’il aime et dans sa région par surcroît. «Dans le métier que l’on fait (théâtre, télévision), pour y vivre, on doit habituellement s’exiler. Tu ne planifies pas ta carrière en fonction qu’un projet de la sorte se concrétise».

Le tournage du téléroman, qui aura lieu du 22 juillet au 2 août et du 20 août au 22 octobre prochain, se fera un peu partout en région. «Des scènes seront tournées à Alfred. D’ailleurs, certains marchands ont déjà accepté de paraître dans le téléroman. Nous tournerons aussi à Hawkesbury, L’Orignal et Lefaivre notamment», mentionne Robert Charbonneau en ajoutant que trois agriculteurs de la région avaient accepté que le tournage se fasse chez eux.

Des figurants recherchés!
Lors du point de presse, les responsables du projet FranCŒUR ont tenu à inviter la population à participer au tournage. «Le tournage du téléroman, en tant que tel, demande l’apport d’une grosse équipes techniques, plusieurs comédiens, sans oublier les figurants», indique M. Charbonneau. «Si on fait abstraction des figurants, on parle d’environ une cinquantaine de personnes impliquées directement dans le projet. Nous sommes présentement à faire le nécessaire pour loger et nourrir ces personnes».
Pour compléter son équipe de production, Robert Charbonneau compte bien faire appel à des gens de chez nous. «On recherche des gens d’ici pour donner un appui autant au niveau logistique que technique. Pour ce faire, je compte bien m’informer à La Cité collégiale dans le programme de Production télévisuelle pour voir s'il y a de l'intérêt des étudiants à se joindre à l'équipe», affirme M. Charbonneau. Selon lui, le programme n’attire pas assez la clientèle franco-ontarienne. «Il n’y a pas assez d’étudiants qui s’inscrivent dans ce programme. De l’emploi, il y en a. Par exemple, je recherche toujours de bons candidats franco-ontariens», lance-t-il en soulignant qu’à défaut de trouver des candidats franco-ontariens, il devait se tourner vers une clientèle québécoise.

À ces cinquante personnes, le producteur exécutif aimerait bien ajouter quelque 50 figurants. «Prochainement, nous aurons un bureau permanent ici à Alfred pour toute la durée du tournage. Il est également possible pour les gens qui seraient intéressés d’être figurant de m’envoyer de l’information par télécopieur au 230-0916», indique Robert Charbonneau.

Appui du secteur privé
Les coûts reliés à la production du téléroman FranCŒUR ont été estimés à quelque 3,5 millions de dollars. «Ce projet a été très difficile à monter à cause de l’ampleur de celui-ci. Pour aller de l’avant avec ce projet, nous avons dû obtenir l’appui de plusieurs partenaires. Il y a eu le gouvernement de l’Ontario, qui finance TVOntario, le ministère du Patrimoine canadien, Téléfilm Canada, le Fonds canadien de la télévision et le Collège d’Alfred», énumère Claudette Paquin. «Nous sommes aussi chanceux de pouvoir compter sur Alain Lalonde qui a accepté d’aider au financement de ce projet en allant chercher des commanditaires», ajoute la directrice en chef de TFO.

Pour le principal intéressé, la tâche s’annonce ardue mais pas impossible. «J’ai pris un engagement de solliciter les compagnies et les institutions et je suis convaincu que cela va fonctionner», fait remarquer Alain Lalonde. Ce dernier est même optimiste face au défi qui l’attend : «Le financement du privé permettra de produire non pas 12 émissions de FranCŒUR mais bien 26».

De grandes attentes
Il va s’en dire que pour cette première, autant du côté de la chaîne TFO que du côté des Productions Charbonneau, les attentes sont très grandes. «Le plus grand risque que nous avons face à ce projet est que c’est quelque chose de nouveau, donc les attentes sont énormes», mentionne Claudette Paquin.

En ce qui concerne l’auditoire, Mme Paquin indique qu’il est difficile d’évaluer le nombre de téléspectateurs souhaité à toutes les semaines. «À l’heure actuelle, TFO est accessible à 85 % de tous les francophones hors Québec, en plus d’un million de Québécois. Il est difficile pour nous de dire quelle cote d’écoute nous désirons obtenir étant donné que c’est une première. Il n’y a pas de standard d’établi», explique Claudette Paquin en ajoutant que TFO mettra en place un système de mesure qui donnera au diffuseur un barème souhaitable.


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