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Le 12 septembre 2002
Service de nouvelles de l'APF
Les universités et collèges demandent 100 millions de dollars à Ottawa pour former des professionnels de la santé francophones.
Yves Lusignan
Ottawa (APF) : Six universités et trois collèges francophones du pays s’unissent et demandent 100 millions de dollars au ministère fédéral de la Santé pour augmenter le nombre d’étudiants francophones dans les programmes de santé existants, développer de nouveaux programmes ainsi que de nouveaux modèles de formation pour rejoindre les étudiants dans les régions éloignées.
L’Université d’Ottawa, l’Université de Moncton, l’Université Laurentienne de Sudbury, l’Université Sainte-Anne en Nouvelle-Écosse, le Collège universitaire de Saint-Boniface, la Faculté Saint-Jean en Alberta, ainsi que la Cité collégiale d’Ottawa, le collège Boréal et le collège communautaire de Campbellton au Nouveau-Brunswick, qui tous dispensent une formation en santé, ont formé un consortium il y a quelques mois avec en tête l’idée de déposer une proposition concrète portant sur la formation des professionnels de la santé francophones.
«Le consortium veut aller chercher l’ensemble des forces vives des institutions pour que toute et chacune de ces institutions puissent faire une contribution à cette formation.»
explique le recteur de l’Université de Moncton et président du consortium, Yvon Fontaine.
«Nous offrons une formation que le niveau universitaire n’offre pas» souligne pour sa part la présidente de la Cité collégiale, André Lortie. La Cité collégiale à Ottawa, par exemple, offre une quinzaine de programmes en santé, le Collège Boréal de Sudbury une dizaine alors que le Collège communautaire de Campbellton offre six programmes. Alors, pourquoi ne pense-t-on pas aux collèges lorsqu’il est question de former des professionnels de la santé? «Peut-être parce que les collèges sont de nouvelles créatures. Nous sommes très jeunes en comparaison des universités. C’est une réalité qu’on oublie peut-être» pense Mme Lortie.
Le consortium propose essentiellement que chacun des collèges et chacune des universités membres contribuent à la formation des futurs professionnels francophones à même les programmes existants. La demande a été soumise au début de l’été et les discussions se poursuivent entre les parties. Les établissements d’enseignement souhaitent obtenir une réponse dès cet automne, pour permettre aux universités et collèges de lancer le programme et admettre des étudiants en septembre 2003.
Dans la foulée de la crise de l’Hôpital Montfort, le gouvernement fédéral avait annoncé en 1999 le versement d’une contribution de 10 millions de dollars au cours des cinq prochaines années pour la création à l’Université d’Ottawa d’un Centre national de formation en santé à l’Université d’Ottawa.
L’objectif recherché par Ottawa à l’époque était de maintenir la vocation universitaire de Montfort comme centre de formation tout en répondant aux besoins criants de professionnels de la santé francophones à l’extérieur de l’Ontario. Lorsque ce premier programme prendra fin en 2003, le centre devrait avoir recruter 30 étudiants francophones en médecine et 60 autres dans les autres secteurs de la santé en provenance des provinces autres que l’Ontario.
Le projet qui est maintenant sur la table est présenté comme la deuxième étape de cette démarche visant à former le maximum de professionnels de la santé en français.
«On n’a pas beaucoup de temps à perdre. Si on ne les forme pas, ils iront se former ailleurs» dit le recteur de l’Université de Moncton, Yvon Fontaine, selon qui il faut tripler le nombre de professionnels de la santé francophones.
Le recteur n’hésite pas à soulever l’hypothèse de la création d’une faculté de médecine, qui aurait pour mandat de former des professionnels de la santé en français pour répondre aux besoins dans les communautés francophones du pays. «La possibilité pour une université hors Québec de mettre sur pied une faculté de médecine dépend de la volonté politique des gouvernements» a indiqué M. Fontaine devant le comité des affaires sociales, sciences et technologie du Sénat, qui se penche sur la santé en français en milieu minoritaire francophone.
«Si Terre-Neuve a une faculté de médecine à l’Université Memorial, je pense bien que les communautés francophones peuvent avoir une faculté de médecine.»
M. Fontaine a cependant précisé en entrevue que les conditions ne sont pas encore réunies, tant au niveau politique que dans les communautés francophones, notamment parce que la réflexion n’est pas terminée à ce sujet. «Mon message, c’est que je crois que le jour où les conditions sont réunies, les communautés ont la capacité de se doter de facultés de médecine comme on l’a fait dans le cas d’autres professions.»
Tout comme cela a été le cas en éducation, il est tout à fait possible de bâtir un réseau de la santé en français à l’extérieur du Québec, pense d’ailleurs le recteur de l’Université de Moncton.
Editeur : Association de la presse francophone
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