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Le 18 mars 2005

L'Aurore boréale

Naviguer aux limites de la créativité

Par : Cécile Girard
Editeur : L'Aurore boréale

P
our le commun des mortels, l’expression entente Canada-communauté ne veut pas dire pas grand chose. Certains hausseront les sourcils et demanderont : « Mais qu’est-ce que ça mange en hiver? » Les ententes Canada-communauté sont un mécanisme par lequel le gouvernement fédéral, par l’entremise du ministère du Patrimoine canadien, soutient le développement des communautés de langues officielles à la grandeur du pays.

En Franco-Yukonnie, le montant de l’entente Canada communauté n’a pas changé depuis belle lurette, bien que la situation, elle, ait changée.

Cela fait des années que les Gaulois du Nord, font preuve d’ingéniosité et construisent leurs propres esquifs, assez solides, pour affronter les vents du lac Laberge par jour de mauvais temps. Marins aguerris, propriétaires de vision et de rêves colossaux, ils ne craignent point les bourrasques régulièrement causées par des élections ou par d’autres événements politiques. Ils sont souvent des otages, mais ils ne sont pas naïfs…

Après la négociation de la dernière entente couvrant les années 1999 à 2004, les francophones du Nord ont travaillé encore plus fort. De nouveaux groupes ont vu naissance, de nouveaux besoins ont émergé et les services à la clientèle se sont accrus. Un édifice solide abrite maintenant de nombreux groupes communautaires et fournit les installations nécessaires aux rassemblements sociaux, culturels ou autres. Tout cela ne s’est pas fait seul… Il n’y a rien de magique dans le développement communautaire, il n’y a qu’un labeur incessant ponctué de corvées enthousiastes et de campagnes de financement ponctuelles. En Franco-Yukonnie, tous les secteurs de la vie communautaire fleurissent à longueur d’année malgré la présence du pergélisol. Mais toutes ces activités entraînent des coûts supplémentaires, il n’y a rien de gratuit.

Le dépôt du dernier budget libéral avait suscité des espoirs solides… Ici et là, on glanait des indices, on scrutait les propos de la ministre du Patrimoine canadien Liza Frulla, on supputait, présumait, supposait… Mais l’optimisme a reçu une douche froide au lendemain de l’annonce du budget, le 23 février.

L’étoile polaire, guide éternel des navigateurs, a eu honte et est allée se cacher. Il n’y aurait pas d’augmentation des ententes Canada-communauté. Les communautés avaient fait une demande qu’elles jugeaient raisonnable : 18 millions. Cet influx monétaire devait venir combler des besoins essentiels visant à assurer leur vitalité.

Les trésors de créativité démontrés par la communauté franco-yukonnaise ont toutefois leurs limites. On ne peut demander aux gens de continuer à faire des merveilles indéfiniment!

Combien a coûté l’exercice de dialogue délibératoire de l’automne dernier? Un groupe de fonctionnaires qui se déplacent partout au pays pour consulter les groupes et associations… Cela paraît bien, mais n’a pas donné grand résultat dans le cas qui nous occupe.

Au dictionnaire, on lit qu’une entente est un état qui résulte d’un accord entre deux groupes ou plus… Il n’existe pas d’entente entre le Canada et les communautés, il existe un contrat qui leur est imposé.

Et la communauté franco-yukonnaise continuera de ramer... en attendant l’épuisement!









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