L'Aurore boréale

 Cliquez ici !

Imprimez cette pageInvitez votre ami(e) à visiter cette pagePlan du site



Accueil 


<< Retour | Archives | La une | 
Le 1 avril 2005

L'Aurore boréale

Ils ne se sont pas sentis bien dans ce silence

Par : Cécile Girard
Editeur : L'Aurore boréale

Le Yukon est fiévreux en ce début d’avril. Il souffre d’une pénurie de professionnels et professionnelles de la santé. La fermeture récente d’une clinique de santé n’a pas amélioré la situation et les patients orphelins, ces éclopés du système, qui n’ont pas de dossier auprès d’un ou une médecin de famille du Yukon, sont de plus en plus nombreux.


C’est le service d’urgence de l’hôpital qui est maintenant chargé de tous ces gens. Il est évident que l’urgence ne peut être une solution de longue durée pour eux.


Songez à celui ou celle qui vient de recevoir un diagnostic de cancer ou d’une autre maladie grave!

Et il y a ceux et celles qui ont un médecin, mais qui voudraient faire transférer leurs dossiers (pour des raisons linguistiques, par exemple). Ces anxieux ne sont pas sur la scène publique. Et il y a ceux et celles qui ne comprennent pas un mot d’anglais quand ils sont malades...

De nombreux francophones ont des histoires d’incompréhension linguistique, des situations à la limite burlesques qu’ils gardent pour eux. Ils n’en sont pas fiers. Ils n’ont pas su nommer cet organe ou cette partie de leur corps, les mots leur ont fait défaut. Ils ont tu cette douleur qui hantait leurs entrailles depuis deux semaines ne sachant pas comment la nommer. La douleur ou l’émotion leur a fait perdre leur anglais au moment où ils s’y attendaient le moins. Ils se sont tus. Ils ne se sont pas sentis bien dans ce silence. Le médecin a hoché la tête, il n’a rien dit.

Mais, cela fait désormais partie de l’intimité de ces patients un peu gênés, beaucoup humiliés; cela fait partie de leur francité… on ne raconte pas ce qui se passe dans le bureau du médecin, c’est un lieu sacré.

D’autres personnes ont reçu des soins à l’hôpital. Elles n’ont pas demandé ou utilisé le service d’interprétation. Ce qu’elles avaient à raconter ce jour-là ne concernait qu’elles et leur médecin. Elles ne voulaient pas qu’une tierce personne sache leurs bobos, leurs ennuis, leurs insomnies, leur malheur, leur douleur… Après tout, on ne se rend pas à l’urgence parce que la vie va trop bien ou que la santé est trop bonne.

La situation est inquiétante pour tout le monde que l’on soit anglophone ou francophone… mais elle l’est davantage pour les francophones, car aucun médecin francophone ne prend présentement de nouveaux patients.

Du côté de l’Association franco-yukonnaise (AFY), la patience est usée : on prévoit engager à nouveau des poursuites judiciaires. Le dernier budget fédéral n’a réservé aucune somme pour la mise en œuvre du plan d’action élaboré par le Partenariat communauté en santé (PCS) et l’AFY.

Le PCS, pour sa part, enverra sous peu une lettre au ministère de la Santé et des Affaires sociales afin de manifester son inquiétude et pour faire valoir l’urgence de recruter plus de professionnels et professionnelles bilingues.

Une pétition publique en vue d’une action rapide et efficace du ministère circulera dès la semaine prochaine et vous êtes invités à venir la signer à la réception du Centre de la francophonie, au 302 rue Strickland.

La santé en français est essentielle pour assurer la vigueur d’une communauté.



Cliquez ici pour visionner le cahier Éducation postsecondaire Cliquez ici !

Autres articles
  • Ils ne se sont pas sentis bien dans ce silence
    Le Yukon est fiévreux en ce début d’avril. Il souffre d’une pénurie de professi...
  •  


    Site réalisé grâce à l'éditeur Édimage Plus
    © Édimage Plus / Droits et aspects légaux / L'Aurore boréale