L'Aurore boréale

 Cliquez ici !

Imprimez cette pageInvitez votre ami(e) à visiter cette pagePlan du site



Accueil 


<< Retour | Archives | La une | 
Le 27 mai 2005

L'Aurore boréale

Le vulgaire feuilleton fédéral, vulgarisé

Par : Hugues-Olivier Blouin
Editeur : L'Aurore boréale

Après le vote du 20 mai, le gouvernement minoritaire de Paul Martin est essentiellement assuré de rester en place jusqu’à nouvel ordre. Selon les dernières déclarations, des élections devraient être déclenchées un mois après le dépôt du rapport d’enquête de la Commission Gommery, soit en janvier ou février 2006.

Le vote, tenu sur les mesures budgétaires prises par les libéraux, puis plus spécifiquement sur les mesures obtenues conformément aux exigences du Nouveau Parti démocratique, exposait le gouvernement à sa dissolution pure et simple, puisqu’il avait été clairement identifié comme étant un « vote de confiance », le seul type pouvant forcer un gouvernement à céder la place au tango électoral. Extrêmement serré, le résultat était parfaitement partagé - 152 voix de chaque côté, opposant essentiellement bloquistes et conservateurs aux libéraux et aux néo-démocrates laissant le soin de trancher au président de la Chambre des communes, avec comme guides les antécédents et la tradition... pointant tous deux vers le statu quo. Un tel contexte ne fait que souligner l’importance de la défection de Belinda Stronach, femme d’affaires couronnée de succès et ex-députée du Parti conservateur, pour s’enrôler dans le camp libéral. La nomination d’une figure éminente du patronat en tant que ministre fédéral des Ressources humaines et du Développement des compétences met en jeu plusieurs intérêts contradictoires et jette un voile inquiétant sur ces récents remaniements à Ottawa.

Plus encore, plusieurs s’interrogent toujours sur la légitimité réelle du gouvernement en place, alors que ce dernier a subi la défaite lors de la « motion de défiance » que l’opposition avait provoquée et remportée à trois voix de majorité, le 10 mai dernier. Cet autre vote demandait au comité fédéral des comptes publics de réviser un rapport « avec l’instruction de le modifier de manière à recommander que le gouvernement démissionne ». Bien que remportée par l’opposition, cette motion ne pouvait, cependant, tout au plus que souligner l’instabilité de la situation aux communes, mais en aucun cas occasionner la dissolution du pouvoir en place, puisque non identifiée clairement comme étant un « vote de confiance » sur lequel le gouvernement jouerait sa survie. Les libéraux pouvaient donc toujours régner.

Les développements futurs dans ce dossier devraient suivre un cours prévisible. D’ici l’été, les partis d’opposition cesseront graduellement d’obstruer le cours régulier de la Chambre des communes et assureront leur rôle représentatif face aux prochains objectifs du gouvernement Martin. Ce dernier a encore beaucoup à faire pour remplir les promesses, ententes et annonces faites pour être élu... et rester en place : en compilant les montants annoncés au cours de la crise parlementaire des mois d’avril et mai, on constate que plus de 23 milliards seraient éventuellement distribués, conséquence de cette averse de générosité! Près de la moitié bénéficierait directement à l’Ontario, ultime champ de bataille des prochaines joutes électorales.

Ainsi, tandis qu’Elizabeth II commémorait le centenaire de la terre natale de Belinda Stronach, que les médias faisaient la fête à cette dernière par moultes accusations, satires et lettres ouvertes, qui à plus d’une occasion, n’étaient que purement et simplement sexistes, il demeure que son changement de camp facilita le report d’élections anticipées qui n’auguraient qu’un changement sur la forme. On peut espérer, d’ici la prochaine occasion de renversement, de jeux de coulisses et de « mille-versations » à tous vents, que la classe politique fédérale tout entière daigne agrémenter d’un peu de substance son argumentaire éthéré avant de s’en remettre aux mains d’une population qui ne saura bientôt plus s’étonner que de la température et du temps qui passe.



Cliquez ici pour visionner le cahier Éducation postsecondaire Cliquez ici !

Autres articles
  • Le vulgaire feuilleton fédéral, vulgarisé
    Après le vote du 20 mai, le gouvernement minoritaire de Paul Martin est essentie...
  •  


    Site réalisé grâce à l'éditeur Édimage Plus
    © Édimage Plus / Droits et aspects légaux / L'Aurore boréale