Le 26 août 2005
L'Aurore boréale
La flambée des prix de l’or noir touche le Klondike
Par : Cécile Girard
Editeur : L'Aurore boréale
L’acte, hier si simple, de faire le plein d’essence donne aujourd’hui des maux de tête à plusieurs Canadiens et Canadiennes; ce ne sont pas les effluves du carburant qui en sont la cause, mais bien son coût exorbitant.
Le Klondike, pays des extrêmes, est d’autant plus touché par la montée du prix de l’essence que ses robustes habitants, n’ont pas beaucoup de choix. Ils sont pris sur une banquise (elle-même menacée par le réchauffement rapide du climat ; situation précaire s’il en est !), prisonniers d’un style de vie chanté par les poètes… Les distances sont énormes,
les transports en commun quasi inexistants entre les villages, hameaux ou aggloméra-tions. Quelques autobus circulent dans la capitale yukonnaise, mais ne se rendent pas jusqu’à l’unique seul collège le soir venu !
Le prix de l’essence à la pompe nuit au quotidien du bûcheron qui doit livrer son bois, au chauffeur de taxis, au livreur de pizzas, à la graphiste qui rencontre ses clients ou aux parents qui conduisent leurs enfants à l’école ou à la garderie. Mais le prix de l’essence touche aussi les gens à la retraite dans leur consommation quotidienne de produits de toutes sortes.
Il va de soi qu’on peut protester en utilisant très peu sa voiture, en covoiturant, en vivant une vie de reclus ou d’ermite et en faisant de la randonnée, du jogging, du canot ou encore du traîneau à chien son moyen de transport de prédilection.
Mais dans les faits, la hausse vertigineuse du prix de l’essence à la pompe s’infiltre dans presque tous les secteurs de la vie quotidienne des habitants du Nord comme une mauvaise fuite de pétrole crasseux sur la neige blanche. L’or couleur de blé mûr a présidé à la naissance du territoire… mais l’or noir causera-t-il sa perte ?
La majorité des denrées et produits consommés au Yukon arrivent par voie routière...Le fardeau financier des consommateurs est très lourd. Dans un avenir plus ou moins rapproché, il leur faudra jongler sérieusement avec la situation. La saison froide n’apportera pas de trève, loin de là. Pendant que la Nature ira pour son grand dodo, les Yukonnais feront des cauchemars en tentant d’équilibrer leur budget !
Que faire devant un produit « essentiel » dont le prix ne cesse d’augmenter ?
La solution ne viendra pas des pétrolières. Ni de l’industrie automobile, bien que quelques voitures hybrides (essence-électricité) circulent sur les rues et avenues. Deux ou trois véhicules de ce type ont même été vus au Yukon!
La recherche dans le domaine des moteurs à essence est une triste blague. Nous roulons encore en modèle T quand vient le temps de comparer l’efficaité de la combustion de l’essence!
La solution n’est surtout pas de déranger la harde de caribous Porcupine en forant dans l’Alaska immaculé consentant!
Elle réside, et nous le savons tous, dans des changements sociétaux profonds… Mais qui peut les assumer, ou plutôt qui veut les assumer?
L’apathie devant cette situation est aussi pitoyable que la situation elle-même. Les solutions ne sont pas nombreuses mais valent quand même la peine d’être examinées!
On peut protester en utilisant très peu sa voiture, en covoiturant, en posant des questions à nos représentants politiques. Il faut bien commencer quelque part!
Mais il y a toujours un bon côté à un problème! Pour les pépères et les mémères qui aiment se bercer au coin du feu en restant à la maison : leur beau temps est enfin arrivé!
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