Le 21 octobre 2005
L'Aurore boréale
Une invitation manquée...
Par : Cécile Girard
Editeur : L'Aurore boréale
L
e samedi 15 octobre, un grand événement a eu lieu à Whitehorse : le Centre des Jeux du Canada, logé dans le magnifique multiplex aux couleurs vives, a enfin ouvert ses portes. Les Yukonnais et les Yukonnaises se sont déplacés en grand nombre pour aller voir cette merveille, qui a poussé comme un champignon magique en haut de la côte des deux milles…
Mais, ce n’est pas dans l’Aurore boréale que les parlants français avaient vu l’invitation parce qu’il n’y a pas eu de publicité réservée à cet effet. Toute la publicité entourant l’ouverture du multiplex, l’événement de l’année sur la scène locale, a été faite en anglais uniquement. Un seul communiqué de presse dans la langue de Molière est arrivé, le 13 octobre, par courriel au bureau du journal. Les plus futés diront que les dates de parution de l’Aurore boréale, ne concordaient pas. Bien que l’argument soit mince, car la publication du 7 octobre était idéale, la ville aurait quand même pu utiliser d’autres journaux pour publier son annonce en français… cela s’est déjà fait après tout!
Ceux qui connaissent les habitudes de la ville de Whitehorse ne sont pas surpris. Ce palier de gouvernement possède la flexibilité du béton armé quand vient le temps de faire affaires avec la communauté francophone. Les services en français, ce n’est pas sa responsabilité. Pourtant, dans le cas qui nous occupe, de gros montants d’argent sont engagés pour assurer le bilinguisme des Jeux du Canada, on parle de millions! Alors, qui doit s’occuper de cette partie du deal? (la partie bilingue, la partie francophone). Le premier nom qui vient en tête est la Société des Jeux du Canada, n’est-il pas?
Et la partie de volley-ball commence : la Société des Jeux du Canada renvoie le ballon dans le camp de la ville en ce qui a trait à l’ouverture du multiplex.
Qui doit être imputable des obligations en matière de langues officielles? Les instances qui investissent de gros sous?
Les francophones sont-ils les seuls que la question préoccupe? On peut penser que l’Association franco-yukonnaise a autre chose à faire que de jouer constamment au chien
de garde …
Pendant ce temps, de nombreux quidams ont assisté à l’ouverture du Centre des Jeux et les francophones y sont allés, même s’ils n’avaient pas été personnellement invités. Ils sont « senteux » ( pardon curieux ) après tout, autant que les anglophones. C’est la nature humaine et elle est universelle… Et, des fêtes comme celle-là, il ne s’en produit pas souvent. Cela n’arrive même pas une fois par année! Tout le monde s’est bien amusé! C’est un sucré de beau Centre avec une vue imprenable… sur Whitehorse et ce fut une belle cérémonie d’ouverture.
Le Centre des Jeux du Canada est peut-être l’héritage le plus imposant qui restera longtemps après que les milliers de visiteurs et d’athlètes seront retournés dans leur coin de pays… Souhaitons que les quelques vestiges bilingues, qui ornent le bâtiment, rappelleront à tous que le fait français existe dans tout le pays, en commençant par Whitehorse.
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