Le 2 décembre 2005
L'Aurore boréale
Des traversées écourtées
Par : Cécile Girard
Editeur : L'Aurore boréale
Le départ de Peter Jenkins du Parti du Yukon ne fait pas verser beaucoup de larmes. Quand le ministre Jenkins a annoncé ses intentions, le lundi 28 novembre, de quitter les rangs du Parti du Yukon pour désormais siéger comme député indépendant, l’homme de la rue et la femme au travail ont pensé à l’unisson : bon débarras! Il est difficile de sympathiser avec un membre du cabinet du gouvernement qui refuse de payer ses dettes et qui choisit l’arrogance comme alliée.
Adulé par le premier ministre Dennis Fentie, l’homme d’affaires de Dawson ne payait pas ses dettes (plus de 300 000 $ ce n’est pas de la petite bière!). Mais visiblement, cet état de fait ne l’a pas empêché de gravir les échelons dorés de la politique territoriale. Peter Jenkins, vice-premier ministre, leader du gouvernement à l’Assemblée législative, ministre de la Santé et de Affaires sociales et ministre de l’Environnement, n’était pas un deux de pique dans le gouvernement du Parti du Yukon. Dennis Fentie affirme haut et fort qu’il a abruptement montré la porte à son ministre délinquant. Mais, il l’a aussi soutenu envers et contre tous et ce depuis trois ans…. Mystère de la politique où un chef se préoccupe soudainement des questions d’éthique et où un ministre se fait le défenseur de la veuve et de l’orphelin vivant à Dawson. Le représentant du Klondike affirme que son geste, de siéger comme député indépendant, ne vise qu’à mieux représenter les gens de Dawson.
Mais, la sévère défaite du parti au pouvoir dans la circonscription de Copperbelt ( après le départ de Haakon Arntzen, jugé coupable d’agressions sexuelles sur des mineures il y a trente ans) ainsi que la menace de poursuites judiciaires à l’encontre du ministre Jenkins ont fissuré la coque du Parti du Yukon. Les mois qui viennent diront si le premier ministre pourra pomper l’eau en dehors des cales de son bateau avant que celui-ci ne sombre dans les eaux glacées du fleuve. Le pont de Dawson n’était peut-être pas une si mauvaise idée après tout!
Mais, d’autres embarcations semblent en situation périlleuse loin de notre cher Klondike. Le gros bateau libéral au long cours a vu son périple écourté. Il y aura des élections le 23 janvier au pays.
L’annonce officielle des élections n’avait pas encore été faite que déjà l’argent tombait des arbres, pleuvait sur le peuple canadien ébloui une fois de plus... par tant de largesses! Et l’argent arrive de tout bord tout côté! Oh joie, tout juste avant Noël. La chicane acide sur la place publique remplacera la pluie tardive de l’hiver, belle perspective.
La Commission Gomery a révélé que le premier ministre Paul Martin, qui était ministre des Finances sous le gouvernement Chrétien, avait eu très peu à voir avec le scandale des commandites. Les libéraux qui gouvernent sont propres et innocents. Ils ont même trouvé un astronaute pour naviguer avec eux : Marc Garneau. Qui dit mieux?
La corruption du gouvernement libéral et la question de l’unité nationale, sujets sempiternels, sont encore au cœur du débat. Est-ce que les chefs auront le courage d’aborder d’autres questions?
Et surtout est-ce que les Canadiens et les Canadiennes poseront les bonnes questions, aux bons candidats?
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