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Le 3 avril 2006

L'Aurore boréale

Souhaitons que leurs convictions de béton arrivent à protéger leur rêve.

Cécile Girard


Le dimanche 19 mars, des volutes de fumée bleutées s’élevant au- dessus du dépotoir du lac Marsh, annonçait que la bêtise humaine avait la vie dure. Ce n’était point les ordures ménagères qui brûlaient, c’était le centre de recyclage. Bâtie par des bénévoles dévoués, la structure s’effondrait, rongée par les flammes. Un acte de vandalisme sans rime ni raison mettait ainsi fin aux espoirs de plusieurs résidents et résidentes de cette région.

Depuis sa construction en mai dernier, le centre de recyclage n’a pas eu la vie facile. Constitué de deux petits hangars, un pour effectuer le tri des objets recyclables et un autre pour abriter les objets de tout genre pouvant encore être utiles, le centre a rapidement gagné en popularité. Les gens étaient visiblement heureux de pouvoir recycler chez eux régulièrement. Plus besoin de conduire une quarantaine de kilomètres pour accomplir leur devoir de citoyen! Chaque samedi, si la température indiquait plus de moins 20 degrés Celsius, deux personnes souriantes et enthousiastes les aidaient à organiser leur recyclage de la semaine : par ici les boîtes de petits pois vides et par là les contenants de plastique!

Mais, leur bonheur aura été de courte durée. De tristes sires ont régulièrement brisé les fenêtres et fracassé tout ce qui pouvait l’être. Rien n’était à leur épreuve… Un matin, les bénévoles ont trouvé l’enclos de bois qui abritait le carton recyclable complètement arraché. Les mauvais farceurs avaient dû utiliser un camion pour accomplir ce méfait. Pourquoi? En quoi est-ce que le fait de recycler peut offenser quelqu’un?

Un dépotoir en dit long sur la vie et l’attitude des gens et celui du lac Marsh brille par sa dangereuse folie… Situé sur une montagne surplombant le lac, entouré d’un paysage magnifique, le dépotoir du lac Marsh est une ode au gaspillage inconscient et à l’inconséquence. Dans une fosse suintante se retrouvent empilés mille et un objets qui auraient encore pu servir ou qui n’auraient jamais dû être achetés. Un long sentier bordé de sacs de plastique et de détritus divers témoignent de la visite régulière de la faune environnante dans ces lieux dangereux.

Des contenants de matières toxiques, huiles et autres poisons sommeillent sous un hangar de métal…Une catastrophe en puissance, puisque le lac Marsh est la source du fleuve Yukon.
Au dépotoir du lac Marsh, on entre comme dans un moulin, aucune barrière n’en restreint l’accès.

C’est après avoir constaté cette situation qu’un groupe de volontaires appartenant à la Société de recyclage du lac Marsh se sont mis à l’action pour transformer cet endroit en un lieu plus humain, voire plus respectueux. Des centaines d’heures de travail et l’engagement fidèle de deux personnes chaque fin de semaine ont attisé un vent d’espoir en ces tristes lieux. Leur présence régulière rappelait aux usagers et usagères de l’endroit que leurs sacs d’ordures hebdomadaires pouvaient être moins volumineux.

Les bénévoles du lac Marsh ont déjà affirmé qu’ils rebâtiraient… Souhaitons que leurs convictions de béton arrivent à protéger leur rêve. Mais, dans la réalité, l’utilisation du métal comme matériau premier de construction et une barrière surveillée 24 heures par jour seront peut-être plus efficaces!


Editeur : L'Aurore boréale

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