L'Aurore boréale



Imprimez cette pageInvitez votre ami(e) à visiter cette pagePlan du site



Accueil 


<< Retour | Archives | La une | Éditorial
Le 26 mai 2006

L'Aurore boréale

Attention, danger, frontière!

Cécile Girard

déploiement de soldats américains à la frontière mexicaine ne surprend personne. La libre circulation des biens entre les deux pays n’incluent pas la libre circulation des gens! Toutefois, point n’est besoin d’aller sous le soleil mexicain pour ressentir les effets du « bushanisme », ce règne de la paranoïa.

Sans vouloir comparer des pommes avec des oranges, la situation aux postes frontaliers de Haines et de Skagway n’est pas très rose… Point de militarisation mais une froideur tout aussi efficace! Les douaniers américains démontrent une attitude combative qui n’a rien à voir avec la rigueur exigée par leur poste.

Il fut un temps où les citoyens de Whitehorse et ceux de ces deux petites villes américaines avaient des liens solides. Une fraternité nordique, née d’échanges réguliers et amicaux, marquait leurs relations. Les Américains venaient magasiner à Whitehorse et les Yukonnais allaient respirer l’air salin sur les côtes de l’Alaska. Les Whitehorsiens savaient quand les tulipes ouvraient à Skagway…et les habitants des petits ports faisaient leur magasinage de Noël sur la rue Main de la capitale yukonnaise. Ces temps ne sont peut-être pas tout à fait révolus mais en bonne voie de le devenir!

Nombreux sont ceux et celles qui ont vécu des situations déplaisantes aux postes frontaliers.

La beauté spectaculaire des lieux ne prépare pas le Canadien errant à cette froideur institutionnalisée, cette attitude suspicieuse récurrente. La route pour Skagway traverse des sommets immaculés se découpant sur des ciels d’un bleu pur. La descente s’amorce et là, accroché aux rochers, comme un mauvais chien de garde, le poste frontalier américain attend le Canadien et la Canadienne et leurs enfants flanqués de l’oncle Henri venu en visite.

Le feu de circulation indique que l’on peut avancer. Point trop certains, on avance lentement en cherchant fébrilement son passeport ou son permis de conduire. Le douanier impressionne avec son allure de soldat, le cheveu dru et l’arme à la hanche. On se sent coupable mais on ne sait trop de quoi. On bafouille sous l’assaut du dur regard, on cherche ses mots. « Où vis-je, où vais-je …mais où suis-je né déjà? Est-ce bien ce qu’il demande? » Après avoir tendu le passeport, le permis de conduire ou l’extrait de naissance… on doit se défaire d’une mangue et de deux oranges suspectes!

Le visiteur a de la difficulté à ne pas prendre la situation de façon personnelle. Lui qui se pensait en pays ami, on le traite comme un fauteur de troubles potentiel. Pourtant, en toute logique, les gens qui vont à Skagway ou à Haines ne sont pas exactement aux portes de la Maison-Blanche! Il y a encore le bateau à prendre et là, les interrogations et les formalités sont encore plus sévères. L’entrée aux États est devenue toute une aventure! Le visiteur du dimanche en recherche d’exotisme climatique en prend pour son rhume! Mais, quelle est la nécessité de traiter les gens du Yukon et leurs amis de passage, les touristes ou les tantines en visite de façon aussi acerbe ? Craint-on qu’ils veuillent passer de la viande d’orignal ou de la bière Chilkoot en contrebande? Cet accueil glacial du pays de l’oncle Sam ralentira le flot touristique yukonnais.

Et, qu’on le veuille ou non, on ne peut que penser que c’est le but de l’exercice... C’est triste et insultant.


Editeur : L'Aurore boréale

<< Retour

 



Site réalisé grâce à l'éditeur Édimage Plus
© Édimage Plus / Droits et aspects légaux / L'Aurore boréale