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Le 9 juin 2006

L'Aurore boréale

Le petit cheval, dans le mauvais temps, il avait bien du courage!

Cécile Girard

La situation financière précaire de La garderie du petit cheval blanc est affligeante pour plusieurs raisons. Un milieu de garde devrait pouvoir fonctionner sans avoir à prendre le mors aux dents à tout moment en raison de la perte de ses employées. Depuis toujours, l’unique garderie francophone du territoire affronte un roulement de personnel effarant.

Un grand nombre d’employées optent pour des emplois mieux rémunérés après avoir travaillé quelque temps à la garderie. Le processus de l’embauche est coûteux et stressant et chaque départ est un petit deuil et engendre une crise. Mais qui peut blâmer ces travailleuses qui sont aussi à la recherche de lendemains meilleurs ?

Quelle est la solution? Le présent conseil d’administration a pris la décision de hausser les frais d’inscription pour pouvoir offrir de meilleurs salaires aux travailleuses de la petite enfance. Maintenant, plusieurs parents craignent de ne pouvoir payer ces taux et ils explorent d’autres solutions. Est-ce qu’on tourne en rond? C’est une ronde dont les enfants ne devraient pas avoir à souffrir!

La garderie du petit cheval blanc a eu sa part de mauvais temps au cours des années : un incendie a détruit son nid il y a de cela une dizaine d’années et plusieurs parents se sont épuisés en vendant leur âme à de longues réunions de conseil d’administration. Mais qu’à cela ne tienne, leur volonté et leur engagement ont tenu le coup.

Bon an, mal an, les inscriptions ont augmenté, les crises se sont résorbées et la garderie a continué d’accueillir la gent insouciante aux joues rondes formée de bambins et de bébés.
Ces petits, à la fenêtre, ont rêvé de l’école française, cet endroit magique peuplé d’enfants plus grands, cet endroit qu’ils fréquenteront lorsqu’ils auront reçu leur diplôme de la petite enfance! La garderie est située à proximité de l’école; elle l’a toujours suivie pour des raisons logiques. Car la garderie française en milieu minoritaire est beaucoup plus qu’un service de garde. Elle est le premier établissement qui jalonne le trajet éducationnel francophone. La garderie du petit cheval blanc remplit un rôle éducationnel qui devrait être reconnu. Tout le monde le sait et les groupes communautaires ont fait des pieds et des mains pour aider cette institution essentielle au sain développement de la communauté.

La volonté des parents, qui semblait inexorable, se heurte maintenant à de nouveaux défis : des défis d’ordre financier, que la vente de muffins ne peut aider. Ils doivent demander des comptes à Ottawa. Le gouvernement conservateur a choisi de verser directement une prestation aux parents plutôt que d’instaurer une aide financière qui soutiendrait les garderies. La prestation pour la garde d’enfants ne règle pas le problème. Le problème est que la garderie, dans la société actuelle, n’est pas soutenue comme elle devrait l’être. Ce sont des choses qui doivent être dites et redites à ceux qui gouvernent.

Et, dans une communauté où le français est la langue minoritaire, la garderie est le premier bastion contre l’assimilation. Elle est aussi la source vive de l’école… et il serait tragique que la source se tarisse. Sécheresse rimera toujours avec tristesse dans les annales communautaires. Pensons-y avant que cela ne soit consigné.


Editeur : L'Aurore boréale

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