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Le 25 août 2006

L'Aurore boréale

Où il est davantage question de guerre que de paix

Cécile Girard

L
a mort d’un garçon de 10 ans, tué par un soldat canadien à Kandahar en Afghanistan, est trop triste : elle ne suscite pas de larmes mais de la colère. Un enfant de dix ans est mort et le jeune soldat qui a appuyé sur la gâchette n’en mène sûrement pas large.

La mort ne devrait pas faucher les enfants, pas plus les enfants afghans que les enfants canadiens. Elle devrait rester tapie et méchante dans ses tranchées… mais ce n’est pas le cas et cela ne l’a jamais été. Demandez aux survivants d’Hiroshima ou aux Bosniennes ou encore aux Libanais.

Le décès de ce jeune garçon est le résultat de la politique extérieure canadienne. Il est l’une des trop nombreuses tragiques victimes d’une politique agressive qui hante le chef du gouvernement canadien.

Depuis son accession au pouvoir, Stephen Harper fait des pieds et des mains pour se rapprocher de son idole américaine, le président Bush. Leur compagnonnage est de bonne guerre… même idéologie de courte vue et simplification des enjeux. Il y a les bons et les méchants et ils ont décidé qu’ils faisaient tous deux partie du premier camp.

Il n’y a pas si longtemps et, pourtant, cela semble faire des siècles, le Canada était reconnu dans le monde comme un agent de paix. Le premier ministre Lester B. Pearson a vu sa carrière couronnée par le prix Nobel de la paix pour ses initiatives pendant la crise de Suez en 1956. Sa solution ? La création d’une force de maintien de la paix. Les Trudeau et les Chrétien avaient aussi fait de la paix leur credo. (Chrétien a refusé de suivre les Américains et les Britanniques en territoire irakien). Au début des années 1990, près de 4 000 soldats canadiens figuraient dans les missions de paix de l’ONU. Il y en a moins de cent aujourd’hui.

Pour établir la paix, il faut commencer par y croire. Et cela ne semble pas être une conviction embrassée par le gouvernement Harper. L’intervention canadienne en Afghanistan n’est pas une mission de paix. Les soldats canadiens qui y sont cantonnés ne sont pas des gardiens de la paix; ils prennent part tous les jours à des offensives. Cette intervention est intimement liée à la grande guerre américaine contre le terrorisme. Le Canada est parti à la recherche d’armes de destruction massive et de Ben Laden derrière son grand frère américain. Sa politique étrangère est à la remorque de la politique américaine.

Les derniers chapitres de l’histoire américaine en Irak et en Afghanistan auraient pourtant dû faire réfléchir le premier ministre canadien. L’intrusion américaine n’a rien réglé là-bas, elle a encouragé la violence et provoqué une escalade meurtrière… M. Harper pour sa part, n’y a vu que du feu… C’est le cas de le dire!

Le premier ministre canadien manque d’envergure et c’est un bien triste constat pour un pays aussi grand que le nôtre!

De plus, nul ne se souvient de lui avoir confié cette mission guerrière.


Editeur : L'Aurore boréale

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