Le 20 octobre 2006
L'Aurore boréale
Nous récitions des vers... en oubliant l’hiver
Cécile Girard
Si vous croyez que le mardi 16 octobre était une journée comme les autres, vous vous trompez. Cette journée avait un titre qui vous a peut-être échappé : La Journée pour l’élimination de la pauvreté. Cet événement existe depuis le début des années 1990 et, cette année, se tenait au début de la Semaine de sensibilisation aux sans-abri.
Il faut bien l’avouer, nous vivons à une drôle d’époque. Dans les grandes villes, on se préoccupe des sans-abri et des itinérants, car ces gens nuisent à la bonne marche des affaires. Personne ne veut voir les yeux hagards de la misère ou respirer l’haleine avinée d’un homme ou d’une femme chancelant sur le trottoir. Cette pauvreté n’est pas belle à voir.
Le phénomène des sans-abri ou des itinérants ( jadis appelés vagabonds, quêteux ou malfaisants) est aussi présent à Whitehorse. Les soupes populaires et les banques alimentaires ne suffisent pas à nourrir leur clientèle, composée en grande partie de ces pauvres hères.
Que font les dirigeants politiques? La pauvreté engendre pourtant des maux sociaux terribles, des maux coûteux pour toute la société : problèmes de santé physique et psychologique, délinquance, violence familale, isolement, pour n’en nommer que quelques-uns. Des maux plus coûteux que la construction d’un pont...
La pauvreté est en hausse au pays et la répartition du revenu est devenue plus polarisée entre les ménages à faible revenu et à revenu élevé.
La pauvreté touche les membres de la société les plus vulnérables, les enfants, les aînés et les femmes.
Dans le Nord canadien, le visage de la pauvreté est transi par le froid. Le coût d’un loyer décent est souvent exorbitant. La note d’épicerie est élevée, les vêtements sont chers. Ce n’est pas une situation extraordinaire créée par des circonstances particulières, c’est la norme depuis de nombreuses années. Les jeunes qui occupent des emplois sous-payés vivent sous le seuil de la pauvreté et font face à la désespérance! Des jeunes pauvres deviennent souvent de pauvres adultes. On se prépare un bel avenir!
Sur la scène internationale, la violence va de pair avec la pauvreté. Alors que la population de la Corée du Nord souffre de malnutrition, ses dirigeants politiques entretiennent une armée de plus d’un million de soldats portant des uniformes bien coupés!
Alors que la population de l’Afrique est aux prises avec le fléau du sida, le monde entier continue de nier la situation. Le flambeau du combat contre la pauvreté est maitenant porté par des gens comme Bono du groupe U2.
Ironique que ce soit la culture qui vienne en aide à l’Afrique. Il est difficile de chanter la vie quand on est un sidatique âgé de cinq ans! Mais c’est la culture qui lui permettra d’avoir accès aux médicaments essentiels à sa survie.
Ce n’est pas la première fois que la culture pose un geste politique et ce ne sera pas la dernière fois.
Mais, il n’y a pas que Bono qui puisse parler aux politiciens... Nous pouvons aussi, pour notre part, leur dire que la pauvreté n’a pas sa place en pays yukonnais.
Editeur : L'Aurore boréale
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