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Le 15 décembre 2006

L'Aurore boréale

Un Noël yukonnais multiculturel

cécile Girard

Un Noël yukonnais multiculturel sommeille douillettement au cœur du journal. C’est ainsi que se nomme la section spéciale de Noël qui débute en page 11 de la présente édition.

Depuis la nuit des temps, le Yukon est terre de divers intérêts, caractérisée par l’échange entre peuples. Avant l’arrivée des chercheurs d’or en 1898, divers groupes autochtones cohabitaient sur ces vastes étendues. Leurs racines historiques sont bien ancrées dans le territoire, allant des Gwichins du Nord du territoire aux gens du Sud, les Tlingits. Les autochtones du Canada, sont aujourd’hui appelés les « Premières nations » pour rendre hommage à leur longue histoire avec la faune et la flore de ce continent.

Généralement, on croit que la première vague de migration sur le continent qui deviendrait l’Amérique du Nord s’est faite par le détroit de Béring. Les premiers développements du continent ont pris naissance ici même au Yukon. Il y a si longtemps que les pères des grands-parents de vos grands-mères n’en ont aucune mémoire. Aujourd’hui, alors que nos points de repère sont l’Europe, l’Ontario, le Québec et les capitales plus peuplées du Canada, il est difficile d’imaginer ce pan historique qui couvre des siècles et des siècles. Notons en passant que nos sociétés dites modernes n’ont toujours pas réussi à surpasser les défis de développement du détroit de Béring. Il demeure toujours aussi impraticable qu’il l’était à l’époque du peuplement original du Yukon.

Les temps ont changé et la démographie yukonnaise aus-si. Elle évolue aujourd’hui pour accueillir des migrants venus d’autres régions du Canada et des immigrants venus du monde entier. En 2006, plus que jamais, le Yukon est devenu une véritable terre d’accueil où l’on peut « grandir ensemble en harmonie ».

Au Yukon, se côtoient des Canadiens et des néo-Canadiens de partout. Les statistiques en témoi- gnent : les immigrants forment maintenant 11 % de la population yukonnaise; les Premières nations, 23 %; les Canadiens de souche 66 %.
La communauté francophone a aussi de vieilles racines puisque ce sont les voyageurs (embauchés par la compagnie de la Baie d’Hudson) qui ont emmené le fait français jusqu’ici. Aujourd’hui, la Franco-Yukonnie n’échappe pas à cette tendance multiculturelle. Elle est un mélange et un partage de cultures. La Franco-Yukonnie a des accents venus de partout et a aujourd’hui de solides assises, ici-même au Yukon. Une force qui allie le roc de Gilbraltar et la façade rocheuse des montagnes Tombstones! Qui dit mieux?

Avec le projet Grandir ensemble en harmonie et le Carrefour d’immigration rurale, la francophonie yukonnaise s’est placée au centre du développement interculturel yukonnais alors qu’elle a commencé à offrir son expertise (en développpement communautaire) à l’ensemble de la société yukonnaise. La récente mission en France du Carrefour d’immigration rurale est aussi une riche initiative dont tout le monde profitera.

Le Yukon est suffisamment petit pour permettre aux gens de se côtoyer et suffisamment grand pour que tout le monde y ait sa place! Alors, pendant le temps des fêtes, prenez le temps de rencontrer vos nouveaux voisins en commençant par ceux qui sont présentés dans le journal!


Editeur : L'Aurore boréale

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