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Le 5 janvier 2007

L'Aurore boréale

La fin justifie-t-elle les moyens?

Cécile Girard

La fin de l’année 2006 a été marquée par le départ de deux dictateurs qui avaient beaucoup de choses en commun… Auguste Pinochet et Saddam Hussein ont tous les deux commis des crimes atroces et semé la mort et le tourment au sein de leur peuple.

Point n’est besoin d’évoquer la mer sanglante de leurs sourdes violences : elle a rougi les pages des quotidiens et les écrans de télévision pendant assez longtemps. Il est toutefois intéressant de voir que l’un est décédé de mort naturelle alors que l’autre a été précipité à pieds joints dans l’au-delà! Pourtant, ils se valaient bien; ils ont joint les rangs des Néron, Hitler, Staline, Mussolini et de tous ces vilains illuminés assoiffés de pouvoir qui font maintenant du grabuge dans une autre dimension. Le métier de dictateur est une lourde tâche car il faut toujours protéger ses arrières, surtout dans l’au-delà. Le statut de décédé ne procure pas l’impunité, loin de là!

Le 11 septembre 1973, Auguste Pinochet renverse le gouvernement chilien démocratiquement élu de Salvador Allende. Sous la protection et avec l’aide des États-Unis, il instaure un règne de terreurs et de trahison où des milliers de Chiliens innocents perdent la vie. Auguste se consacre lui-même chef suprême de la nation et demeure à la tête du pays jusqu’en 1988. Un plébiscite lui donne alors la clé d’une vieillesse douillette où il sera très peu inquiété… Aucun tribunal n’arrivant à le condamner. C’est dans son lit que l’auguste personnage rendra l’âme le 10 décembre 2006, après avoir vitupéré pendant plus de quatre vingt dix ans sur terre. Ses alliances avec les grands de ce monde ont sûrement eu quelque chose à voir avec son pieux départ.

Saddam Hussein, lui, est mort pendu. Il a été jugé dans son pays avec beaucoup de précipitation. Responsable de nombreux crimes honteux, Saddam n’est pourtant pas le seul qui a apporté le chaos en Irak où sévit présentement une guerre civile. Les États-Unis occupent ce pays depuis 2003, sous le prétexte que le dictateur Saddam y cachait des armes de destruction massive. N’en trouvant point, le président américain a déclaré après coup vouloir y instaurer la démocratie (la même noblesse dans les buts qu’au Vietnam, il y a une quarantaine d’années.) Pourtant, à la fin des années 1980, le gouvernement américain a protégé Hussein et fermé les yeux sur des crimes de guerre honteux. Mais le vent a changé et Saddam a été rendu responsable de toutes les fautes de l’humanité. Son crime principal étant peut-être d’avoir délaissé ses amis américains.

Le monde est-il maintenenant un endroit plus paisible? La peine de mort apporte-t-elle la paix? Des criminels de guerre, il en existe de toutes les sortes et un peu partout : il faut protéger le monde de leurs agissements en les mettant à l’écart ou en rancart. La violence ne peut devenir une solution acceptable : la mort de Saddam n’est pas source de paix, alors que la fin de ses agissements l’est effectivement.

Pinochet aurait dû faire face à son passé tandis que Saddam aurait dû croupir en prison pendant longtemps.
La recherche de solutions justes et acceptables pour régler les différends, les différences et les conflits entre les peuples demeurent le grand défi de l’humanité.


Editeur : L'Aurore boréale

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