Le 6 janvier 2006
L'Aurore boréale
Trois candidatures et une campagne électorale fédérale yukonnaise sans surprises
Par : Marie-Hélène Comeau
Editeur : L'Aurore boréale
Le candidat sortant du Parti libéral, Larry Bagnell, tentera de se faire réélire une troisième fois à titre de député du Yukon, le 23 janvier prochain. Après avoir sillonné le territoire en entier durant les premières semaines de la campagne électorale, il se dit encouragé par les commentaires recueillis.
« Les gens sont heureux de mon travail, ils me le répètent continuellement. Ça me fait chaud au cœur », explique-t-il, au lendemain des célébrations du Nouvel An. « Être député pour le Yukon est très prenant. Le poste exige de travailler sept jours sur sept.
Le territoire à couvrir est immense et, en tant que député, je dois continuellement me déplacer entre Whitehorse et Ottawa. Quand je n’ai pas à me déplacer, le temps est alors utilisé pour rencontrer les gens de la communauté. C’est important de garder ce lien », estime-t-il. D’ailleurs, à ce chapitre, M. Bagnell ne cache pas sa satisfaction d’avoir ouvert, durant son mandat, des bureaux régionaux à Dawson et à Watson Lake. « Les gens des communautés apprécient ce geste. Ça aide à briser l’isolement et à faire valoir leurs demandes », explique celui qui a été élu pour la première fois aux élections de 2000.
Durant ses rencontres, Larry Bagnell a pu constater la désapprobation des gens face au déclenchement hâtif de la campagne électorale. Ils craignent d’ailleurs que le Bloc québécois soit le grand vainqueur de cette campagne prématurée. « Les gens ont peur d’en arriver à ce résultat, ce qui redouble leur désapprobation », spécifie celui qui a élu domicile au Yukon en 1982 alors qu’il quittait son Ontario natal.
Pour gagner les élections, Larry Bagnell vise sur les bons coups qu’il a obtenus pour le Yukon. Le financement en vue de la construction du complexe sportif des Jeux 2007 jumelé à ceux obtenus en santé et au développement économique en font partie.
M. Bagnell estime que son implication au sein des revendications autochtones et francophones devrait également jouer en sa faveur.
« J’ai travaillé de concert avec l’Association franco-yukonnaise. Nous nous rencontrons régulièrement. Je soutiens ses démarches dans différents dossiers dont celui des services en français en santé. Ces services sont importants pour la communauté », souligne-t-il.
Larry Bagnell attend avec impatience le dévoilement du programme électoral de son parti qui sera connu la semaine prochaine. Il se dit déçu pour l’instant du peu d’idées débattues jusqu’à présent. Il a remarqué toutefois que très peu de gens du Yukon rencontrés ces derniers jours ont fait mention du scandale des commandites. Ce sujet, qui était omniprésent durant la campagne électorale de 2004, semble maintenant briller par son absence chez l’électorat yukonnais.
Durant les prochaines semaines, Larry Bagnell sera dans la région de Whitehorse. Les gens qui désirent le rencontrer peuvent laisser un message à son bureau au 667-4748. Son bureau est situé au centre-ville de Whitehorse au 204, rue Black.
Pam Boyde mise sur son expérience
Le scandale des commandites et plus récemment celui du délit d’initié du ministère des Finances en ont troublé plus d’un. Au point où cette série de bévues a vite convaincu Pam Boyde de se présenter de nouveau sous la bannière du Nouveau Parti démocratique. Forte de son expérience acquise lors de la campagne électorale de 2004, elle se dit confiante face aux résultats des prochaines élections.
« Les gens me reconnaissent davantage et viennent vers moi. L’expérience que j’ai acquise agit positivement dans la présente campagne électorale. C’est à la fois très stimulant et énergisant », stipule-t-elle alors que l’Aurore boréale l’a jointe durant son séjour à Old Crow. Comme partout ailleurs au territoire, Mme Boyde profite de son séjour pour faire du porte-à-porte, rencontrer les gens, les aînés et les chefs de bandes autochtones.
« Les gens ont perdu leur confiance envers le présent gouvernement. C’est ce qu’ils me disent continuellement. Ils sont inquiets face aux changements apportés dans le système de santé ou face à la corruption manifeste du parti en place », souligne celle qui a acquise son expérience à la fin des années 1980 alors qu’elle travaillait au sein du Nouveau Parti démocratique qui était au pouvoir au niveau territorial.
Mme Boyde attend avec impatience le dévoilement du programme de son parti qui devrait se faire dans les prochains jours. Une fois le programme connu, le débat d’idées ne devrait pas tarder à se mettre en branle.
Elle se dit d’autre part très satisfaite des performances de son chef de parti M. Jack Layton. Elle déplore toutefois son impopularité au Québec.
« Les gens qui joignent le Bloc québécois le font en signe de protestation contre le Parti libéral. C’est comme s’ils ne voyaient que ces deux options alors qu’il y a un troisième choix qui est beaucoup plus près des idéaux des Québécois. Le Nouveau Parti démocratique gagne à être connu », souligne-t-elle avec conviction.
Mme Boyde rappelle l’importance d’assurer les services de qualité aux membres des communautés incluant la communauté franco-yukonnaise.
« La communauté franco-yukonnaise est très forte et dynamique. C’est important de faire en sorte qu’elle puisse continuer de profiter des divers programmes mis en place pour son épanouissement. La force de ce pays est puisée dans sa diversité ethnique dont font partie les communautés francophones », explique-t-elle.
Pam Boyde continuera de rencontrer les gens des communautés durant les prochains jours. On peut communiquer avec elle au 668-2203.
Sue Greetham défend les valeurs du Parti conservateur
L’inconfort face à la succession des scandales du Parti libéral a été l’élément principal qui a convaincu Sue Greetham d’agir. C’est ainsi qu’on la retrouve dans la présente course électorale comme candidate du Parti conservateur.
« J’aime voir un pays où les lois sont claires, où les sentences judiciaires aident à combattre le crime. On doit pouvoir se sentir en sécurité à la fois dans nos maisons et dans notre pays. C’est important. Pour l’instant, ce n’est pas le cas. Nous n’avons même pas un gouvernement qui donne le bon exemple. Il croule sous la corruption. Quel message envoie-t-il ? », se questionne Mme Greetham.
Au Yukon depuis 1996, Mme Greetham est une femme d’affaires dynamique qui connaît du succès dans ses entreprises. Bien qu’elle en soit à sa première percée politique, elle est confiante que son expérience dans le milieu des affaires portera fruit.
« Ma carrière m’a donné l’habilité d’affronter les changements et de former une structure fonctionnelle. Ma carrière m’a également enseigné qu’il est important d’avoir une vision et c’est ce dont le pays a besoin. Le Canada doit jouer un rôle crucial dans les années de changements à venir. Il se doit d’être un bon exemple », souligne la candidate du Parti conservateur.
Elle se dit confiante envers le chef du parti Stephen Harper qui représente selon elle une belle vision pour le pays : un équilibre sain entre les valeurs familiales et la justice. Elle parle peu de l’intérêt du chef envers les territoires en alléguant qu’il s’agit là du rôle du député de faire valoir ces besoins.
Finalement, bien que Mme Greetham ait fait l’éloge du dynamisme des francophones du pays, elle ignorait en détail les dossiers qui étaient rattachés à la communauté franco-yukonnaise.
« Je travaille avec le secteur touristique du Yukon. Je suis donc au courant de certains développements de la communauté franco-yukonnaise dans ce domaine », a-t-elle souligné. « La diversité ethnique est une des grandes valeurs de ce pays. Ça apporte une belle couleur dans nos relations », estime Mme Greetham.
La candidate conservatrice continuera de rencontrer à la fois les gens des communautés et ceux de la région de Whitehorse au cours des prochains jours. Il est possible toutefois d’obtenir de plus amples renseignements concernant son programme en allant visiter son site Web www.electsue.ca.
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