Le 14 avril 2006
L'Aurore boréale
La direction des services en français fait naître de nouveaux espoirs
Marie-Hélène Comeau
Il y avait foule au Bureau des services en français la semaine dernière. Le Bureau célébrait le changement à la fois de son nom et surtout de sa structure. La Direction des services en français (DSF) est donc officiellement créée et relèvera maintenant directement du ministre responsable des services en français, Glenn Hart.
« Cette nouvelle structure met davantage en évidence l’importance que notre gouvernement accorde aux services en français et montre notre intérêt envers la communauté francophone, dont le succès nous inspire respect et fierté », a souligné Glenn Hart, dont le titre de ministre responsable des services en français lui a été officiellement octroyé dans ce vent de changement.
La création de la Direction des services en français répond à une demande de la communauté d’être mieux représentée au sein du gouvernement du Yukon. Carol Genest, directrice de la DSF depuis janvier dernier, peut maintenant prendre part aux rencontres des sous-ministres. La DSF a ainsi dorénavant un accès direct aux prises de décisions et devient par le fait même proactive.
L’organisme a vu le jour en 1988 lors de la création au territoire de la Loi sur les langues officielles. Malgré cette nouvelle structure, son mandat demeure le même. La DSF est responsable de la coordination, de la promotion et de la livraison des services en français auprès des ministères du gouvernement territorial. La DSF consulte également régulièrement la communauté franco-yukonnaise afin de connaître et de comprendre ses besoins. Finalement, c’est la Direction qui négocie tous les cinq ans l’enveloppe budgétaire qui sera versée par le gouvernement fédéral à la communauté francophone du Yukon.
En conférence de presse, M. Hart a souligné que cette nouvelle structure devrait rester en place advenant un changement de gouvernement au Yukon. Pourtant, on se souviendra qu’en l’an 2000, sous le règne de Pat Duncan, il en avait été autrement. Le Bureau des services en français avait alors été retiré des sphères décisionnelles du conseil exécutif pour se retrouver, pouvoir en moins, au sein du ministère des Infrastructures. La communauté franco-yukonnaise n’a cessé dès lors de faire pression pour rectifie cette situation.
« Un nouveau gouvernement peut faire ce qu’il veut. Mais, il y a toujours des conséquences auxquelles il doit faire face. Et puis, quand les choses sont en place, c’est toujours plus difficile de changer tout ça », souligne Carol Genest, directrice de la Direction des services en français.
Les défis des prochaines années de la DSF se situent principalement au niveau de son financement.
« Le gouvernement fédéral n’a pas ajusté l’enveloppe budgétaire du fonctionnement de la Direction des services en français depuis 1992. On le ressent grandement. Ça nous empêche de mettre en place de nouveaux services. On ignore pour le moment le point de vue du nouveau gouvernement de M. Harper par rapport à ce dossier. Nous savons seulement que la francophonie ne faisait pas partie des cinq priorités que son gouvernement a récemment divulguées. Mais, je reste optimiste », confie Carol Genest.
Du côté de l’Association franco-yukonnaise, on se réjouit de la nouvelle.
« Le gouvernement indique par ce geste qu’il reconnaît le travail de la communauté franco-yukonnaise. C’est un événement significatif qu’on attendait depuis longtemps. De plus, ce sera un privilège de pouvoir travailler de concert avec la nouvelle directrice en place », estime Jean-Marc Perreault, président de l’Association franco-yukonnaise.
Editeur : L'Aurore boréale
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