L'Aurore boréale



Imprimez cette pageInvitez votre ami(e) à visiter cette pagePlan du site



Accueil 


<< Retour | Archives
Le 9 juin 2006

L'Aurore boréale

La garderie du petit cheval blanc en crise

Marie-Hélène Comeau

C’est dans une salle comble, bondée de parents et d’enfants que le couperet est tombé : il y aura des hausses mensuelles de frais d’inscription de 200 $ à La garderie du petit cheval blanc dès septembre. Pendant plus de deux heures, Marc Champagne, le président de la garderie a expliqué et justifié l’augmentation devant des parents inquiets et en colère.

Le nouveau gouvernement Harper a décidé d’éliminer le programme national des garderies qui aurait permis d’améliorer les conditions de travail des éducatrices. À la place, le gouvernement fédéral offre aux parents la Prestation universelle pour la garde d’enfants (PUGE), qui se chiffre à 1 200 $ par année pour chaque enfant de moins de six ans.

« La garderie se voit donc obligée de récupérer auprès des parents les sommes qui auraient dû être dirigées vers les garderies », a expliqué Marc Champagne, durant la réunion publique du 29 mai dernier. « Après avoir complété nos calculs budgétaires, il y avait encore un manque à gagner pour financer les augmentations salariales nécessaires. Il a donc fallu ajouter une augmentation supplémentaire pour les conditions de travail», a-t-il spécifié.

Il en coûtera désormais 840 $ par mois pour inscrire son bébé à La garderie du petit cheval blanc et 770 $ pour un enfant de 18 mois à 3 ans ou pour le programme préscolaire.
Ces sommes supplémentaires serviront principalement à offrir des salaires plus décents au personnel de la garderie.

« On améliorera ainsi la situation, mais on ne règlera pas le problème », a toutefois rappelé le président de la garderie. C’est un secret pour personne; le domaine de la petite enfance demeure, en 2006, le parent pauvre du système. Le salaire de base à La garderie du petit cheval blanc est de 11 $ de l’heure. Il faut avoir travaillé pendant plus de dix ans pour espérer un jour gagner 17 $ de l’heure.

« Cette situation est honteuse quand on prend en considération toutes les responsabilités que les éducatrices ont entre leurs mains. Avec ce salaire, c’est à peine si elles réussissent à se hisser au-dessus du seuil de pauvreté. Ce n’est donc pas étonnant qu’après un cours laps de temps, elles quittent la garderie pour un emploi mieux payé. Travailler dans un café, sans responsabilités, est mieux rémunéré que de travailler en milieu de garde », a déploré Marc Champagne. « Ces conditions ont pour résultat un roulement de personnel alarmant à la garderie ».

Malgré le plaidoyer du conseil d’administration, la tension parmi les parents présents était palpable. Plusieurs ont manifesté leur mécontentement de se retrouver devant le fait accompli.

« Je sais que plusieurs seront fâchés en quittant cette réunion. J’espère par contre que ce mécontentement deviendra une source de motivation pour communiquer avec nos élus. Il y aura des élections à l’automne; c’est le moment ou jamais de faire passer notre message et d’encourager le gouvernement territorial à reconnaître le travail fait en petite enfance et à y investir davantage », a lancé Marc Champagne, tout en rappelant que seulement 17 % du financement provient de sources gouvernementales tandis que 83 % provient des parents.

« Ce sous-financement est aberrant. Il faudrait que les gouvernements subventionnent idéalement le programme à 50 %. On est loin de l’objectif idéal », a-t-il déploré. « Il est essentiel que les parents prennent le temps de communiquer leurs insatisfactions avec les élus. Ensemble, on peut mettre de la pression sur les épaules de nos politiciens et arriver à faire changer leur programme électoral. Si comme communauté on ne se mobilise pas, on manquera alors notre chance et nous devrons attendre quatre ans, soit lors des prochaines élections pour les sensibiliser. Les membres du conseil d’administration et moi faisons continuellement des démarches auprès d’eux, mais notre poids n’est pas comparable aux plaintes provenant des parents. Vos téléphones et vos lettres peuvent changer quelque chose », a fortement suggéré Marc Champagne aux parents.

Rappelons qu’un timide effort a été fait sous le gouvernement Fentie, en haussant la subvention de 5 %. De cette hausse, 2,5 % était réservé exclusivement aux salaires des éducatrices et a résulté en une augmentation de 0,12 $ l’heure.

Editeur : L'Aurore boréale


 VIA TVA = À la découverte de gens passionnés Cliquez ici !

Éditorial
  • Le petit cheval, dans le mauvais temps, il avait bien du courage!
    La situation financière précaire de La garderie du petit cheval blanc est afflig...
  •  



    Site réalisé grâce à l'éditeur Édimage Plus
    © Édimage Plus / Droits et aspects légaux / L'Aurore boréale