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Le 7 juillet 2006

L'Aurore boréale

La démocratie suit son cours avec le référendum de Whitehorse

Émilie Herdes

Une mince foule a voté en faveur de l’adoption du nouveau règlement municipal lors du référendum du 22 juin dernier. Seules 2175 personnes se sont déplacées pour déposer leurs bulletins de vote, représentant 21% de la clientèle électorale admissible.

Le référendum avait pour but d’accepter ou de rejeter un règlement municipal qui obligerait les subdivisions futures à élaborer un plan d’espaces verts et à obtenir l’approbation de la communauté avant d’avoir le consentement du conseil municipal.


Les résidents de la ville avaient des opinions divergentes sur la question. Seulement de 71 votes séparaient le pour du contre, avec 1118 votes en faveur et 1047 votes contre.

Carole Bookless a initié les démarches menant au référendum, il y a plus de six mois, en tant que présidente de l’Association communautaire de Porter Creek. « La ville avait mis de l’avant un plan d’aménagement dans les espaces verts des quartiers Riverdale et Porter Creek », a-t-elle expliqué. « Nous avons voulu faire quelque chose pour que la ville conserve des espaces verts. »

Trois mois plus tard, l’Association avait en main une pétition comptant2500 signatures. La Ville de Whitehorse n’avait plus d’autre choix que de recourir à la démocratie du référendum.

« La ville a été très peu coopérative tout au long du processus », a affirmé Mme Bookless.
Le maire Ernie Bourassa et certains conseillers municipaux ne se sont pas retenus de partager leurs opinions défavorables à la mise en place du nouveau règlement. Ils continuent de souligner que le plébiscite communautaire consistera en une recommandation plutôt qu’en une obligation pour le conseil municipal. Ils se disent déçus que l’adoption du règlement ait été faite par 11 % de la clientèle électorale seulement.

Et l’adoption du règlement municipal a fait des mécontents ailleurs qu’à la ville.

Mike Racz, président de la Yukon Real Estate Association, soutient que c’est au gouvernement d’établir
un plan d’espaces verts pour chaque subdivision qu’il veut aménager, avant que les terres ne se trouvent sur le marché.
« Les implications de l’adoption du règlement sont très ramifiées », a-t-il affirmé. « Ce n’est pas un simple plan d’espaces verts qu’il va falloir préparer. Il faudra d’abord que le plan soit rédigé, puis approuvé par le voisinage avant d’être présenté au conseil municipal. Il faudra ensuite en organiser la lecture et la relecture. Il faudra faire plusieurs réunions et consultations. Le processus qui, normalement, ne prendrait pas plus d’un mois en prendra maintenant six », confirme-t-il.

« En tout et pour tout, je dirais que le référendum a été une perte d’argent et je trouve complètement ridicule que l’on ait à déposer un plan d’espaces verts pour une terre privée. Sans compter qu’il faut aussi obtenir le plébiscite communautaire. Que reste-il alors de nos droits de propriété individuels? », ajoute-t-il.

La ville partage l’opinion de M. Racz en ce qui a trait au développement. L’adoption du règlement en question inhibera grandement le développement de Whitehorse.

« Notre intention n’était pas de nuire au développement de la ville », a précisé Mme Bookless. « Dans le fond, nous voulions simplement qu’un espace vert soit inclus dans le plan d’aménagement de chaque subdivision. »

Mme Bookless se dit satisfaite du résultat du référendum et ajoute qu’il fallait s’attendre au faible taux de participation en raison de la saison estivale. Elle croit que le nouveau règlement municipal va inciter des changements positifs dans le développement de subdivisions telles que Copper Ridge qui continue de prendre de l’expansion.

D’autre part, un protocole d’entente sur le développement des terres a été signé le 26 juin entre la ville de Whitehorse et le gouvernement du Yukon. L’entente identifie clairement le rôle du gouvernement territorial et celui de la ville dans les projets d’aménagement de terres à l’intérieur des limites de la ville de Whitehorse.

L’objectif de l’entente est de faciliter, d’accélérer et de réduire les coûts du processus qui a été, jusqu’à présent, très compliqué et frustrant pour le public et les autres parties intéressées.

Dorénavant, le gouvernement du Yukon aura la responsabilité de créer les projets d’aménagement de terres. La Ville de Whitehorse sera responsable des autres démarches, soit d’établir le plan d’aménagement et d’ingénierie, de compléter les études d’impact environnemental et de diriger toute consultation publique.

Editeur : L'Aurore boréale


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