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Le 25 août 2006

L'Aurore boréale

La communauté franco-yukonnaise est mise de côté durant la visite du premier ministre

Marie-Hélène Comeau

Le premier ministre du pays, Stephen Harper, visitait les trois territoires la semaine dernière pour parler de souveraineté nordique et d’environnement.

De passage au Yukon, Stephen Harper en a profité pour rencontrer différents groupes officiels à l’exception toutefois de la communauté franco-yukonnaise. Ce refus a semé la consternation au sein de l’Association franco-yukonnaise, l’organisme porte-parole, qui y voit un manque d’intérêt envers la francophonie canadienne.

« C’est décevant de voir ce manque de tact. Pendant une semaine entière avant sa venue, nous avons tenté d’obtenir une rencontre avec le premier ministre. Non seulement cette rencontre nous a-t-elle été refusée, mais le premier ministre n’a pas eu la délicatesse de nous inviter au souper officiel. Ceci démontre un manque flagrant d’intérêt pour les communautés francophones hors Québec. Il serait juste de sa part de prendre conscience que la francophonie ne se limite pas seulement au Québec », a déploré Jean-Marc Perreault, président de l’Association franco-yukonnaise.

Questionné à ce sujet en conférence de presse, M. Harper a avoué tout ignorer de cette situation.
« J’ignorais que cette rencontre avait été refusée », a-t-il admis.

Cette réponse n’a toutefois pas réussi à trouver une oreille compatissante auprès du président de l’Association franco-yukonnaise.

« Le fait que le premier ministre ne soit pas au courant de cette situation souligne à quel point son équipe n’est pas consciente, de la réalité canadienne », a-t-il rétorqué.

Plus tôt dans la journée, Stephen Harper en avait profité pour rencontrer le premier ministre du Yukon, Dennis Fentie.

« L’impact de sa visite est important. C’est rare qu’un premier ministre visite le Yukon. C’est une occasion unique que nous avons de lui montrer l’importance du Nord pour ce pays », a souligné Dennis Fentie, au lendemain de la visite du premier ministre. « Le Yukon est un chef de file dans le Nord. Nous sommes plus avancés que les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut au niveau de notre indépendance face à Ottawa. Nous sommes également un modèle dans le dossier de la gouvernance avec les Premières nations et c’est ce que nous avons présenté au premier ministre », a-t-il souligné.

Le maintien de la souveraineté du Canada dans le Nord, la gouvernance territoriale ainsi que le développement économique des territoires ont également été abordés durant la rencontre.

« Lorsqu’il est question du maintien de la souveraineté, on va au-delà de la simple présence militaire dans le Nord. Il est question également d’y avoir des communautés en santé, de la construction de route, d’une vie saine et dynamique tout en respectant l’environnement comme les hardes de caribous », a souligné Dennis Fentie.

Sur le plan mondial, bien que le gouvernement de M. Harper, soutienne Israël, le premier ministre a annoncé que le Canada n’enverrait pas de troupes militaires au Liban. Il a également souligné qu’une aide financière, se chiffrant à 25 millions de dollars, allait être attribuée au Liban.

À ce chapitre, la décision de Stephen Harper d’appuyer Israël dans le conflit qui l’oppose aux forces du Hezbollah au Liban-Sud gagne en impopularité au pays.

Selon une récente enquête de Strategic Counsel réalisée pour le Globe and Mail, 77 % des Canadiens souhaiteraient que le pays reste neutre dans ce conflit.

D’autre part, 45 % des répondants désapprouvent la position pro-israélienne du gouvernement Harper contre 32 % qui lui accordent leur appui.

Au total, 51 % des 1 000 répondants au sondage estiment que la position du gouvernement Harper dans le conflit est en rupture avec la politique internationale du Canada établie sous les précédents gouvernements.

Questionné sur sa présence au Yukon plutôt qu’à la conférence internationale sur le SIDA qui avait lieu à Toronto, Stephen Harper a été catégorique.

« Mon voyage aux territoires était planifié depuis longtemps. De plus, la présence de trois ministres à la conférence souligne l’importance qu’on accorde à cet important dossier », a-t-il souligné.

Editeur : L'Aurore boréale


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