Le 8 septembre 2006
L'Aurore boréale
La fièvre de la course à la chefferie touche le Yukon
Marie-Hélène Comeau
C’est maintenant officiel, Larry Bagnell, député du Yukon, appuie Michael Ignatieff dans la course à la chefferie du Parti libéral. C’est l’annonce qu’il a faite lors de la récente visite de M. Ignatieff au territoire.
« L’appui de Larry signifie beaucoup pour moi. Je suis heureux de pouvoir bénéficier de l’expertise de Larry sur les questions du Nord au cours des prochains mois. Larry est une voix forte et crédible pour le Yukon et pour le Nord entier, et ces questions seront un élément clé de ma campagne », a dit Michael Ignatieff en conférence de presse le 25 août dernier.
Selon lui, le gouvernement fédéral devrait investir davantage dans le Nord. Il devrait le faire en se concentrant plus particulièrement sur les Premières nations du Yukon et dans le dossier des changements climatiques. Les Premières nations, pour leur modèle exemplaire de gouvernance et les changements climatiques, pour des raisons purement géographiques.
« Le Yukon est sur la ligne de front du réchauffement de la planète. Il serait donc logique que le gouvernement fédéral investisse pour établir un centre de recherche mondial sur le réchauffement de la planète au Yukon », a-t-il avancé.
Questionné sur sa vision du bilinguisme au pays, le candidat favori à la chefferie est resté plutôt vague au goût du président de l’Association franco-yukonnaise, Marc Perreault.
« Sa position semble être plutôt vague. Il semble valoriser toutes les langues, ce qui en soi est très encourageant. Mais il ne faudrait pas que le français se retrouve noyé dans tout ça. On devra surveiller sa position par rapport à ce dossier s’il est élu chef du Parti libéral », estime Jean-Marc Perreault. « D’autre part, j’ai été agréablement impressionné par l’importance qu’il accorde par rapport aux régions. Il semble désirer une plus grande participation des gens des régions dans les prises de décisions. C’est positif pour le Yukon», souligne-t-il.
En référence au scandale des commandites, Michael Ignatieff dit que les libéraux du Canada ont été justement punis, mais que cette punition a assez duré.
Michael Ignatieff a plus d’une corde à son arc. Il est à la fois professeur, écrivain et journaliste canadien de renommée mondiale.
Fils d’un immigrant russe et d’une mère canadienne, il est né et a grandi à Toronto. Il a étudié l’histoire à l’Université de Toronto avant de faire ses études de troisième cycle à l’Université d’Oxford et à Harvard, où il a obtenu son doctorat en histoire en 1976.
M. Ignatieff est considéré comme l’un des experts mondiaux en matière de démocratie, de droits humains, de sécurité et d’affaires internationales. Il a conseillé des gouvernements et leaders sur ces questions. Il a également siégé à la Commission internationale sur le Kosovo, la Commission internationale sur l’intervention et la souveraineté des États. Il a pris part aussi au Forum économique mondial où il a dirigé des groupes de travail sur entre autres le futur des Balkans.
À titre de journaliste, il a couvert les guerres des Balkans pour la BBC, The Observer et The New Yorker. Il a aussi fait des reportages en Bosnie, au Kosovo, au Rwanda, en Angola et en Afghanistan. Il a écrit pour le journal Globe & Mail au début de sa carrière et est maintenant un collaborateur régulier du magazine New York Times.
Au sein du parti libéral, plusieurs misent sur Michael Ignatieff pour remplacer Paul Martin à la tête du parti. L’homme de 58 ans n’a toutefois pas fait l’unanimité en appuyant l’invasion de l’Irak par les États-Unis en 2003, ni en appuyant la décision de garder des troupes canadiennes en Afghanistan plus tôt cette année.
En revanche, il se dit agacé par l’attitude de Stephen Harper, le premier ministre du pays, par rapport à son attitude avec le Liban.
« Le Parti libéral est très clair sur sa position. Il défend Israël contre les agissements du Hezbolla. Toutefois, il ne peut pas y avoir selon nous de solution militaire à ce conflit. Il est important de miser sur une force internationale forte et robuste dans laquelle le Canada se doit de participer. Mais là-dessus, M. Harper demeure malheureusement muet », a-t-il déploré en entrevue.
Rappelons que les membres du Parti libéral auront à choisir un nouveau chef en décembre prochain lors d’une réunion qui aura lieu à Montréal .
Pour l’instant, le plus proche rival de M. Ignatieff est l’ancien premier ministre de l’Ontario Bob Rae. Mais la lutte, loin d’être terminée risque d’être serrée auprès des dix candidats dont Stéphane Dion, Scott Brison, Gerard Kennedy et Ken Dryden.
Editeur : L'Aurore boréale
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