Le 1er décembre 2006
L'Aurore boréale
« Garçons et filles, nous étions tous égaux et nous devions tous nous entraider » Bev Buckway, nouvelle mairesse de Whitehorse.
marie-Hélène Comeau
Souriante et sereine, Bev Buckway s’adapte aisément à son nouveau rôle de mairesse de la capitale du Yukon. Le stress et la fatigue de la récente campagne électorale s’effacent peu à peu pour laisser place à l’émergence de nouveaux projets.
« C’est à cause de ma mère si je me suis lancée sur la scène politique. C’est elle qui m’a donné le goût en s’impliquant continuellement au sein de la communauté », explique Bev Buckway qui a passé une bonne partie de son enfance dans la petite communauté de Beaver Creek dans la partie nord-ouest du Yukon.
C’est la quatrième fois dans l’histoire de Whitehorse qu’une femme est élue mairesse de Whitehorse. Elle avait auparavant fait sa marque au sein de plusieurs organismes communautaires ainsi que dans le monde des affaires.
« Je me rends compte aujourd’hui que grandir dans une petite communauté m’a protégée pendant longtemps des perceptions liées aux différences de genre. Garçons et filles, nous étions tous égaux et nous devions tous nous entraider. Ce n’est qu’une fois rendue au collège que j’ai réalisé que ce n’était pas nécessairement le cas partout ailleurs. C’était une grande surprise pour moi, car j’étais à ce moment-là la seule fille de ma classe. J’ai eu plus tard un emploi étudiant aux douanes du Yukon. Là encore, j’étais la première femme à obtenir cet emploi. Sans m’en rendre compte, je traçais la voie pour d’autres femmes. Pourtant, à cette époque, je ne cherchais pas à prouver quoi que ce soit. Je suivais cette voie pour mon propre plaisir d’abord et avant tout », se souvient-elle.
« J’ignore si tout cela fait de moi un modèle », souligne Bev Buckway, qui avoue dans un même souffle s’inspirer constamment d’une autre politicienne yukonnaise, la sénatrice Ione Christensen qui, en 1976, avait été la première femme à devenir mairesse de la ville. « C’est une personne à qui je demande l’avis à l’occasion. J’espère qu’un jour, je pourrai rendre la pareille en conseillant à mon tour des femmes qui se lancent en politique », affirme-t-elle.
En entrevue, Bev Buckway n’hésite pas à témoigner de son attachement pour la ville qui l’a vue naître au début des années 1950. Elle vient tout juste de faire l’acquisition d’une vieille photo de la ville qu’elle prend plaisir à montrer en attendant de pouvoir lui trouver une place de choix dans son nouveau bureau.
« La ville a changé énormément depuis sa fondation. Il y aura toujours des progrès auxquels nous devrons nous adapter. Les Jeux 2007 en sont un bon exemple », souligne celle qui a travaillé au sein du conseil municipal de Whitehorse pendant trois ans avant de devenir mairesse.
« Ces trois dernières années m’ont énormément aidée à comprendre le rôle de mairesse que j’entreprends. Depuis mon élection le 19 octobre dernier, j’apprends toutefois une évidence toute simple : il est impossible d’être à trois endroits à la fois », confie celle qui planifie équilibrer son travail avec des activités de plein air comme le kayak, le vélo et la marche.
Il va sans dire que la priorité de la mairesse de Whitehorse est orientée vers le déroulement des Jeux d’hiver du Canada qui auront lieu à la fin février 2007. Ensuite, elle compte bien s’atteler à l’amélioration des communications entre la ville de Whitehorse et ses résidents.
« Partout au pays, il y a de plus en plus de pressions pour que les municipalités travaillent en plus étroite collaboration avec leurs résidents. Cette collaboration devrait aider les gens à mieux comprendre les processus décisionnels de la ville. Une meilleure circulation de l’information nous permettra également de mieux cerner les besoins des gens et de voir si les structures en place fonctionnent ou non », affirme-t-elle.
Pour ce qui est de la communauté franco-yukonnaise, la nouvelle mairesse réitère son message lancé en campagne électorale.
« Il faudrait idéalement qu’il y ait une personne francophone au sein du conseil municipal. J’encourage fortement les francophones à envisager cette voie », soutient-elle.
Editeur : L'Aurore boréale
|

|
Autres articles
|
La cerise sur le sundæ
L
e 6 décembre marquera le triste 17e anniversaire de l’assassinat de quatorze ...
|
|