L'Aurore boréale



Imprimez cette pageInvitez votre ami(e) à visiter cette pagePlan du site



Accueil 


<< Retour | Archives
Le 15 décembre 2006

L'Aurore boréale

L’héritage francophone des Jeux

Marie-Hélène Comeau


À la fin du mois de février 2007, la ville de Whitehorse accueillera pour la première fois les Jeux d’hiver du Canada. L’événement aura suscité des mois de préparation afin d’assurer, entre autres, le caractère bilingue des Jeux. Ce travail semble être positif auprès des communautés dans la mesure où il laisse dans son sillage un héritage précieux pour la francophonie canadienne.

« Il y a eu un héritage pour la francophonie qui est toutefois difficile à évaluer », confie Denis Desgagné, directeur général de l’Assemblée communautaire fransaskoise, en parlant des Jeux du Canada qui avait lieu en Saskatchewan en 2005. »

« Malheureusement, et pour différentes raisons, la communauté francophone n’a été invitée à participer à l’organisation qu’à quelques mois de la tenue de l’événement. Ainsi, en très peu de temps, nous avons dû démontrer que nous avions les ressources humaines dans la province pour assurer le caractère bilingue des Jeux. Et nous avons réussi avec grand succès. Notre efficacité nous a permis de gagner un grand respect auprès du gouvernement de la province », explique-t-il.

Et ce respect est allé bien au-delà de l’événement en tant que tel. Cette année, par exemple, un paragraphe dicté en français a été incorporé dans le discours du Trône du gouvernement de la Saskatchewan pour la première fois.

« Nous nous sommes démarqués au niveau de nos relations auprès du gouvernement provincial. Ce dernier manifeste maintenant le désir de se rapprocher de la communauté fransaskoise. On reconnaît désormais la communauté francophone comme étant un partenaire à part entière. On a indéniablement senti une vague de reconnaissance par rapport à la communauté fransaskoise après les Jeux. Ça a rehaussé notre statut. Il reste à savoir maintenant si cette reconnaissance durera longtemps », avance Denis Desgagné.

Lors du récent discours du Trône du premier ministre du Yukon, une mention a également été consacrée en français au dynamisme de la communauté francophone du territoire. Alors qu’en Saskatchewanon y voit un héritage direct des Jeux, au Yukon, l’explication semble se trouver ailleurs. On soupçonne qu’il est le fruit des années de travail des Franco-Yukonnais.

« Notre collaboration avec le comité organisateur des Jeux représente un des nombreux efforts de la communauté franco-yukonnaise », explique Jeanne Beaudoin, directrice générale de l’Association franco-yukonnaise. « Nous espérons que le succès bilingue des Jeux puisse provoquer une reconnaissance envers le fait francophone au territoire. La communauté franco-yukonnaise est plus qu’une entité où le gouvernement doit continuellement dépenser de l’argent. Elle représente un réinvestissement au sein de l’ensemble du Yukon », explique-t-elle, puisque sans communauté franco-yukonnaise, il aurait été difficile pour le Yukon d’accueillir les Jeux du Canada.

Héritage communautaire, certes, mais également au niveau des infrastructures construites pour accueillir les épreuves sportives. Malheureusement pour Régina, en raison de l’implication tardive de la communauté fransaskoise, la partie française de l’affichage a connu quelques ratés. Faute de mieux, ce sont des affiches temporaires et non pas permanentes qui ont été créées à la toute dernière minute. Cet aspect a eu comme résultat la disparition de la quasi-majorité de l’affichage bilingue.

Au Yukon, il en ira autrement. L’affichage bilingue permanent des centres où auront lieu les compétitions devrait rester en place.

« Dès que le gouvernement a commencé à évoquer la possibilité d’accueillir les Jeux, nous avons cherché à nous positionner », explique Jeanne Beaudoin.

Dans la même veine, l’AFY a récemmentdemandé à la ville de Whitehorse de profiter de l’occasion pour bilinguiser les trois affiches de bienvenue aux entrées de la capitale du Yukon. L’idée a été refusée en raison des coûts trop élevés. Toutefois, la possibilité de changer ces pancartes existe dans un délai de temps plus long.

« Nous avons bien pris note de la demande et elle sera considérée au moment où le temps viendra de changer les affiches pour de nouvelles. Il y a beaucoup de diversité dans la grande communauté de la ville de Whitehorse. Nous devrons nous assurer de ne pas blesser personne lorsque ce temps arrivera », a confirmé la mairesse de Whitehorse, Bev Buckway.

L’héritage francophone semble avoir bon vent. Les répercussions du travail des communautés francophones semblent vouloir porter fruit du côté de l’organisation des Jeux arctiques. Ces derniers ont lieu tous les deux ans et réunissent des athlètes du Canada, des États-Unis, de la Russie et des pays scandinaves.

En 2000, au moment où Whitehorse accueillait cet événement sportif nordique, le français avait brillé par son absence, suscitant alors la colère du ministre fédéral des Sports de l’époque, Denis Coderre. La prochaine édition des Jeux arctiques aura lieu à Yellowknife aux Territoires du Nord-Ouest, en 2008. Il y a déjà des contacts préliminaires établis entre Whitehorse et Yellowknife afin que l’aspect bilingue soit assuré.

« Si tout ce travail peut avoir servi de modèle et de pratique exemplaires, ce sera alors un héritage pour toute la francophonie canadienne », spécifie Jeanne Beaudoin.

Editeur : L'Aurore boréale


 VIA TVA = À la découverte de gens passionnés Cliquez ici !

Éditorial
  • Un Noël yukonnais multiculturel
    Un Noël yukonnais multiculturel sommeille douillettement au cœur du journal. C’e...
  •  



    Site réalisé grâce à l'éditeur Édimage Plus
    © Édimage Plus / Droits et aspects légaux / L'Aurore boréale