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Le 5 janvier 2007

L'Aurore boréale

Un départ qui laisse le Yukon sans représentation au Sénat

Marie-Hélène Comeau

Après sept années de travail à titre de sénatrice du Yukon, l’honorable Ione Christensen se retire. Sa démission a été rendue publique quelques jours avant Noël et son mandat a pris fin le 31 décembre dernier.

« Mon époux souffre depuis deux ans d’une perte de vision. Il me restait 22 mois avant ma retraite obligatoire à 75 ans, mais il a besoin de moi. Voilà plus de 30 ans qu’il m’appuie dans les nombreuses facettes de ma vie publique, c’est maintenant à mon tour de lui donner le soutien dont il a besoin », a expliqué celle qui met un terme à une carrière au parcours impressionnant.

Ainsi, Mme Christensen, originaire de Fort Selkirk, aura entre autres, exercé les fonctions de juge de paix et juge de la Cour juvénile. Elle aura également été mairesse de Whitehorse pendant deux mandats et été commissaire du Yukon. Elle a aussi occupé des postes de direction au sein de divers organismes, dont la Fondation du Yukon et la National Association of Canada Land Surveyors.

Avec le départ prématuré de Mme Christensen, le Yukon n’est plus représenté au Sénat depuis le 1er janvier. Le Sénat compte à l’heure actuelle dix sièges vacants que le gouvernement n’a pas encore remplacés.

Curieusement, la nouvelle de la démission de la représentante yukonnaise est survenue après que le premier ministre Harper ait annoncé son désir d’apporter du changement au Sénat. Il souhaite que ses membres soient élus et non plus désignés par le gouvernement en place. Il prévoit d’ailleurs présenter à la Chambre des communes un projet de loi pour un Sénat élu.

Ce souhait n’est pas pour plaire toutefois au premier ministre du Yukon, Dennis Fentie. Ce dernier préférerait que le poste laissé vacant, soit comblé dans les plus brefs délais. Il craint qu’un processus électoral tel qu’énoncé par le premier ministre fédéral ralentisse le processus de remplacement du seul poste au Sénat à représenter le Yukon.

Présentement, les sénateurs sont nommés par le premier ministre. Le projet de loi ne permettrait toutefois pas aux Canadiens d’élire directement les sénateurs et sénatrices, ce qui exigerait un amendement à la Constitution. Les électeurs seraient plutôt consultés sur leurs candidats préférés pour représenter leur province ou leur territoire à la chambre haute du Parlement.
Le premier ministre a écarté les critiques de l’opposition libérale au sujet de son projet de loi, soutenant qu’il allait rendre le Sénat plus responsable.

Avant de quitter ses fonctions, Mme Christensen a exprimé quelques réticences par rapport à la position de M. Harper.
« Nous ajouterions 105 parlementaires élus, des personnes bien différentes de celles qui siègent en ce moment au Sénat. Avec 308 députés à la Chambre, où se situerait alors le pouvoir? Il faudrait sans doute ajouter des sièges aux 105 existants, puisque l’Ouest est maintenant sous-représenté. Les budgets administratifs des sénateurs sont très limités et ils n’ont pas droit à des bureaux régionaux. Pourtant, un Sénat élu signifiera un plus grand nombre d’employés et de bureaux régionaux, sans compter le coût du processus électoral », a-t-elle déclaré dans son dernier bulletin publié en décembre.

Editeur : L'Aurore boréale


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