On célèbre les quarante ans du Jour de la Terre
David Caron
Le 22 avril dernier, le groupe Sasquatch Prom Date a pris d’assaut la scène du « Old Fire Hall » dans le cadre du concert « Earth Day Rocks ». Le but? Rendre la population consciente des risques du réchauffement planétaire.
Quarante ans après l’inauguration du Jour de la Terre, l’état de l’environnement a connu beaucoup de progrès malgré les heurts, pense John Streicker, l’un des organisateurs du concert et candidat du Parti vert fédéral dans l’unique circonscription du Yukon.
« La situation s’aggrave parce que la terre subit de plus en plus de pression. Par contre, nous avons fait des progrès, car nous le comprenons davantage et nous connaissons les risques. C’est lent, mais nous commençons à ériger une économie axée sur le développement durable. C’est une très belle planète que nous avons, mais il nous reste beaucoup de travail », affirme-t-il.
Il dénonce par exemple, le fait que le Canada ait reculé énormément depuis 1987, année de la signature du Protocole de Montréal qui vise à éliminer les substances contribuant à la détérioration de la couche d’ozone.
« C’est gênant pour le pays. Alors qu’auparavant nous étions parmi les chefs de file, là nous sommes en train de compromettre le processus. Nous avons remporté le prix Colossal Fossil deux ans de suite », déplore-t-il.
Quant au territoire, le gouvernement a fait ses premiers pas en reconnaissant le problème dans son Plan d’action sur le changement climatique, publié au mois de février 2009. Le document stipule entre autres que le territoire veut être « carboneutre » d’ici 2020. Un pas dans la bonne direction soutient M. Streicker.
« Au Yukon, les gens dépendent trop des combustibles. Récemment, le gouvernement a annoncé un investissement de 120 millions de dollars dans un nouveau projet d’hydro-électricité. Mais, seulement 3 % des émissions proviennent de l’électricité. En revanche, 65 % proviennent du transport et 20 % du chauffage. Il y a de meilleurs investissements à faire avec 120 millions »,pense-t-il. « Il faut aussi que nous trouvions un compromis entre l’exploitation minière et la protection de l’environnement. On n’arrête pas de se détourner du sujet », ajoute M. Streicker.
Bien que négligeables pour l’instant, les effets du réchauffement planétaire se font déjà ressentir au Yukon. Environnement Yukon a publié une liste des conséquences potentielles du réchauffement sur le territoire, notamment, la fonte des glaciers et du pergélisol, une hausse des risques de feux de forêts ainsi que des invasions d’insectes nuisibles indésirables qui pourront se reproduire plus aisément dans des températures clémentes.
« Le changement climatique est maintenant rendu très politique. La terre est la base de l’économie. Il faut démontrer aux multinationales qu’en exploitant toutes les ressources, il n’en restera plus. Ce que nous devons faire pour avoir le plus grand impact c’est développer une économie durable», dit-il.
Pour encourager les pratiques responsables, le Yukon Territory Environmental Network a lancé le défi aux entreprises et aux écoles. Le Earth Day Challenge (Le défi du Jour de la Terre) se veut une incitation aux bonnes habitudes, non seulement pour le Jour de la Terre, mais pendant toute l’année.
« On demande aux entreprises et aux écoles de démontrer qu’ils peuvent réduire leurs émissions de carbone. L’objectif final, c’est le développement durable, alors si un entrepreneur annonce qu’il imprime désormais sur les deux côtés de la feuille, il lance undéfi aux autres participants et crée une concurrence amicale », explique John Streicker.
Et à Whitehorse ?
Pour sa part, la Ville de Whitehorse a entrepris de nombreuses mesures environnementales au cours des dernières années telles que, l’ajout de pistes cyclables et de sentiers piétonniers, l’adoption d’un arrêté municipal qui réglemente la construction de nouveaux bâtiments ainsi que l’instauration d’un nouveau programme de récupération des objets et de compostage. De plus, elle a récemment annoncé un important remaniement du système de transport en commun.
Le Jour de la Terre a été célébré pour la première fois le 22 avril 1970 aux États-Unis à la suite d’une initiative mise en place par le sénateur Gaylord Nelson. La journée est maintenant solennisée au Canada depuis 1990 et 500 millions de personnes la célèbrent dans 184 pays.
Editeur : L'Aurore boréale
|
|
|