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Publié le mercredi 3 août 2011 | Mis à jour le mercredi 3 août 2011

La Commission Peel présente son rapport final

Marie-Hélène Comeau

Le public est divisé sur la question

 

L

a protection du bassin hydrologique de la rivière Peel a été le sujet de plusieurs consultations au sein de la population yukonnaise ces dernières années. La semaine dernière, le plan de la Commission Peel était déposé. La région du bassin serait protégée à 80 % de toute exploitation minière.

Cette décision ne fait pas l’unanimité. Les réactions des gens par rapport à cette décision sont divisées selon le point de vue de l’industrie minière ou des environnementalistes.

De passage au Yukon pour pagayer sur la rivière Peel, le docteur David Suzuki en a profité pour partager son point de vue sur la question.

« Pour moi, il faut toujours aborder la protection d’un territoire en statuant que le lieu nous appartient et donc, que nous n’acceptons pas de compromis. Pour moi, la protection à 80 % de la rivière Peel, ce n’est pas assez. Il faut penser aux générations futures dans 20 ans, 50 ans et 500 ans dans nos prises de décisions. Malheureusement, c’est là que nous échouons », a-t-il déploré lors de sa conférence donnée devant une salle comble au Centre de la Béringie à Whitehorse vendredi dernier.

« La pression pour l’exploitation des richesses naturelles ne va pas diminuer au fils des ans. Au contraire. Les grandes villes chercheront toujours plus loin leurs richesses naturelles. Ils viendront alors encore plus nombreux dans des régions comme la vôtre. Il faut alors que dès maintenant les gens d’ici changent leur façon de concevoir le territoire pour arriver à le protéger », a confié le célèbre généticien qui a reçu en 2009 le Prix Nobel alternatif.

Il a rappelé toutefois que l’être humain est sur un chemin suicidaire. Les gains obtenus hier peuvent toujours s’effacer demain.

« Le bilan est triste, mais nous devons l’admettre. Les environnementalistes ont échoué dans leur quête ces derniers 20 ans. Il y a un recul criant. Des batailles que nous avons réussi à gagner en Colombie-Britannique par exemple dans les années 1970 et 1980 sont en train de disparaître », a-t-il confié. « Nous vivons un recul marqué, car nous échouons, je crois, à voir l’environnement comme faisant partie d’un tout interconnecté. Il ne s’agit pas de causes individuelles, l’une ici et l’autre là. Tout est en lien. Le bassin de la rivière Peel fait partie de cet ensemble », a rappelé le Dr Suzuki.

Depuis cinq ans, la Commission Peel se penche sur l’avenir de la région du bassin Peel. Dans son plan, la Commission propose de protéger 80 % de la région.

Les Premières nations demandent que la région entière soit protégée, soit 67 000 km2.
Ceux qui désirent exploiter les ressources minières de la région qui représentent une industrie économique importante au Yukon affirment que 80 % c’est déjà beaucoup trop.