Le phénomène fantomatique est fortement ancré dans notre imaginaire. Dès l’enfance nous baignons dans l’univers inexpliqué du surnaturel. Les histoires de fantômes, racontées autour d’un feu de bois, rassemblées dans de nombreux contes et légendes, sont l’apanage des enfants mais aussi des adultes. L’enfant croit et l’adulte doute.
Pourtant, il semble que la question n’est pas de croire mais plutôt de rester ouvert à l’expérience et de réfléchir aux concepts qui entourent la manifestation des esprits. Pour Jean Liboiron, guide et conteur de la tournée des fantômes, il y aura toujours des gens qui essaieront de rationaliser le phénomène : « Beaucoup de gens suivent le tour pour se divertir et s’amuser. Mais à la toute fin quand on leur demande leurs impressions, beaucoup avouent avoir ressenti une présence lors de la visite, quelque chose d’inexplicable et de fort troublant ».
La tournée des fantômes possède avant tout une mission éducative. « Sans que les gens s’en rendent trop compte, on leur donne en fait des leçons d’histoire », comme l’explique M. Liboiron, qui a lui-même réalisé les recherches à la base de ses récits : « C’est tout d’abord Claire Bélanger-Parker qui est revenue avec cette idée après un séjour à l’Est. Je me suis ensuite chargé d’entreprendre toutes les recherches nécessaires à la mise sur pied d’un programme crédible. Toutes nos sources ont ainsi été confirmées par plusieurs personnes. J’ai dû fouiller à la Bibiothèque municipale, particulièrement à la Prairie History Room, aux Archives de la Saskatchewan et dans divers ouvrages traitant de ce sujet, par exemple Ghosts of Saskatchewan and More Ghosts of Saskatchewan ».
La visite permet de descendre dans les entrailles historiques de la ville de Regina. Sur le parcours, on retrouve ainsi les vieilles pierres du Collège Building, de la Government’s House, de l’Hôpital général, du Casino. Le point d’ancrage de la tournée est sans doute la Government’s Houseoù les esprits batifolent abondamment. Un des esprits aime jouer des tours tandis qu’un autre ne supporte pas qu’un objet soit déplacé sans son consentement. L’ombre du singe préféré de l’ancien gouverneur Amédée Forget se balance de pièce en pièce laissant les observateurs tout à la fois incrédules et stupéfaits. Une autre curiosité se dessine au deuxième étage de la bâtisse. Il s’agit d’un mystérieux miroir qui reflète une image distordue de la réalité. Alors que rien ne bouge dans la pièce on peut observer un léger mouvement de va et vient dans le miroir. Un phénomène inexpliqué comme tant d’autres dans ce monument de l’histoire saskatchewanaise habité de souvenirs.
Le bâtiment Collège partage sa part de phénomènes paranormaux. Le plus mystérieux pour Jean Liboiron : « C’est celui du jeune militaire qui se serait suicidé en se jetant du haut de la bâtisse aux environs de 1940. Personne ne semble connaître les raisons de son geste, toujours est-il que son esprit continue à rôder. Plusieurs personnes l’aurait ainsi aperçu aux abords de la bâtisse. C’est donc un personnage que j’aimerais approfondir davantage pour la prochaine tournée ».
Pour les frissons et surtout pour en connaître un peu plus sur les personnages et les pierres de notre histoire, la tournée des fantômes vous attend de pied ferme l’année prochaine.
Vous avez vous aussi des histoires de fantômes à nous raconter? Allez-y, les meilleures seront publiées dans l’Eau vive!
Comment faire la différence? Il existe divers mots en français pour des phénomènes paranormaux bien différents.
Ainsi, un fantôme est une apparition surnaturelle d’une personne morte tandis qu’un esprit est un être immatériel, incorporel. Un revenant est qualifié d’âme d’un mort que l’on suppose revenir de l’autre monde sous une apparence physique. Un spectre, quant à lui, est une apparition effrayante d’un mort. Le fantôme qui suce le sang des vivants est bien-sûr le très célèbre vampire. De la même famille une goule est un vampire femelle des légendes orientales. Et pour finir en beauté… un lémure est le spectre d’un mort revenant tourmenter les vivants.