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le 1 février 2006
Volume 92 Numéro 41
La Liberté

Le jeune policier (Sébastien Huberdeau) intercepte le juge (Francis Fontaine), qui est en état d’ébriété.

Tournage de Séquestrés

Par : Jennyfer Collin
Editeur : La Liberté

En collaboration avec Radio-Canada,
les Productions Rivard tournent
le téléfilm Séquestrés, une adaptation
de la pièce de théâtre de Glenn Joyal.

Les Productions Rivard tournent Séquestrés à Winnipeg, en collaboration avec Radio-Canada. Le film, d’une durée de 72 minutes environ, est tourné en haute résolution et sera présenté à la télévision dans le cadre du volet régional de Radio-Canada.
« C’est important de raconter nos histoires et de promouvoir la francophonie et l’imaginaire des Franco-Manitobains, affirme le producteur Louis Paquin des Productions Rivard. En ce sens, le texte de Glenn Joyal est important pour nous parce que Glenn est un auteur franco-manitobain et, comme le film sera diffusé sur le réseau de Radio-Canada, ça représente une bonne percée pour les productions d’ici. »
Même son de cloche du côté des artistes venus du Québec. Le comédien Sébastien Huberdeau est heureux de participer à ce projet. « Les francophones du Manitoba doivent se battre pour leur langue, c’est donc important d’encourager la production d’ici », souligne-t-il.
Cette première grande dramatique des Productions Rivard est promise à un beau succès si l’on en croit l’enthousiasme communicatif de celle qui a eu le coup de foudre pour la pièce, la responsable du volet téléthéâtre-téléfilm à Radio-Canada Montréal, Céline Hallée. « La pièce est bien écrite et développe un magnifique suspense et des tensions psychologiques intéressantes, raconte-t-elle. Glenn Joyal est un dramaturge né de grand talent! »
Adapter
ou s’adapter
Le réalisateur Pierre Houle (Monica la Mitraille; Bunker, le cirque) voyait cette pièce de théâtre en images. Il a aussi pris plaisir à conseiller l’auteur Glenn Joyal pour l’adaptation de sa pièce. « Pierre savait ce qu’il voulait faire, explique Glenn Joyal. Ça a bien cliqué entre nous. Il m’a guidé pour l’adaptation de la pièce. Ce n’est pas évident de faire une adaptation; il faut montrer au lieu de dire. »
Le comédien Francis Fontaine, qui joue le rôle du juge arrêté par la police pour ivresse au volant, approuve cette idée qu’un film montre l’action. « Au théâtre, résume-t-il, on suggère, tandis qu’à la télévision, on a les moyens techniques de montrer plus facilement. Il était donc naturel de présenter les personnages dont on référait dans la pièce. »
Le seul bémol lors du tournage a été la température. En effet, le temps peu ordinaire en ce mois de janvier a forcé le réalisateur à modifier son approche. « Je ne voulais pas cacher le fait que le film est tourné à Winnipeg, raconte-t-il. En ce sens, je suis un peu déçu qu’il ne fasse pas froid parce que j’aurais joué avec le froid et le vent. J’ai dû laisser tomber cette partie-là. »
Le réalisme
de l’histoire
Le film est écrit sous forme de téléthéâtre, c’est-à-dire qu’il se situe à mi-chemin entre la pièce de théâtre et le film. Le huis clos, de même que le dialogue et le texte demeurent donc une partie importante dans l’œuvre. « C’est une adaptation, raconte Pierre Houle, il y a beaucoup de jase et de parlotte. »
« Le texte est captivant, poursuit-il. Le sujet fait réfléchir et il y a de beaux personnages et de belles confrontations. Ce n’est pas stéréotypé. En plus, l’histoire est pleine de rebondissements, de surprises; on ne sait pas où on va. »
En outre, les personnages sont bien campés, ils reflètent bien la réalité. Le comédien Frank Schorpion, qui joue le policier Michel Galloway, avoue avoir été séduit par le scénario. « Ça sentait vrai dans le texte, affirme-t-il. Tout le monde est vrai là-dedans. L’auteur connaît le milieu et on sent que ça se passe comme ça dans la vraie vie. »
L’histoire montre aussi que parfois, il est bon de nuancer ses idéaux lorsque le bon sens le nécessite. « Le film présente le conflit entre le réalisme d’un vieux et l’idéalisme d’un jeune et le fait que la loi se fait adapter dans certaines circonstances », résume le comédien Paul Léveillé, qui incarne le policier d’expérience.
« Mon personnage, un jeune policier, est un grand idéaliste, ajoute Sébastien Huberdeau. Il représente le spectateur puisque c’est à travers ses yeux qu’on prend conscience de la réalité. »
Quant à Céline Hallée, qui ne peut dire pour l’instant quand le film sera diffusé à Radio-Canada, elle a été touchée par le message de la pièce. « On a tous une morale, résume-t-elle, par contre, dans l’urgence d’un moment, d’une décision à prendre, nos valeurs morales s’effritent. »



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