La Liberté



Imprimez cette pageInvitez votre ami(e) à visiter cette pagePlan du site



Accueil 


<< Retour | Archives | La une | Éditorial
Le 7 mars 2006
Volume 92 Numéro 46
La Liberté

Des héros qu’on aime

Sylviane Lanthier

Samedi soir, des amateurs de cinéma, de culture francophone, de hockey ont rempli l’une des salles du Globe pour voir le plus récent opus de Charles Binamé : Maurice Richard, le Rocket.
(Soulignons-le tout de suite, c’est un très bon film, qui reviendra en salle le 21 avril, jour de son lancement au Canadienne anglais. Ceux et celles qui n’y étaient pas le 4 mars auront donc la chance de le voir bientôt et La Liberté vous en reparlera d’ici là, puisque nous avons réalisé des entrevues avec le réalisateur, certains des acteurs et le compositeur).
Maurice Richard est un véritable monument au Québec – ainsi que dans de nombreux endroits du monde où on aime le hockey et où on se souvient de ses exploits. Mais pour les Québécois, Maurice Richard a été plus qu’un hockeyeur spectaculaire; il a incarné le petit Canadien français capable de réussir dans un univers anglo-dominant, l’homme du peuple qui tient tête aux détenteurs du pouvoir, l’homme simple capable de rester droit et intègre malgré les humiliations qu’il subit et qui, poursuivant son rêve, finit par démontrer sa valeur.
Maurice Richard est aujourd’hui un mythe et Charles Binamé, en réalisant un film qui porte sur un véritable monstre sacré, était bien conscient de s’attaquer à plus grand que lui… et bien conscient aussi que la vérité du film se situerait dans sa capacité à montrer l’homme derrière le géant.
Pari tenu, mission réussie. Et ce Maurice Richard aux dimensions humaines, on ne l’en aime que davantage.
Un peuple qui a sa culture est aussi un peuple qui a ses Maurice Richard : ses personnages et ses périodes mythiques capables d’inspirer des générations à venir. Ces personnages et ces périodes de l’histoire inspirent ainsi les créateurs qui les explorent, y cherchant l’âme d’un peuple et donnant lieu à une filmographie, une littérature, une culture qu’on peut dès lors lui associer. Le Québec a eu les Patriotes, les romans du terroir… et Maurice Richard.
Le Manitoba français a aussi ses personnages et ses périodes mythiques : le voyageur, la traite des fourrures, Louis Riel, la lutte pour les écoles… Des moments et des personnes clés qui sont étudiés par des savants, mis en poésie ou traduits en romans et qui, maintenant, deviennent aussi des films.
C’est ainsi qu’en février, dans une salle pas très loin du Globe – au Imax – une autre projection réunissait 400 personnes, qui cette fois ont vu un document des Productions Rivard portant sur les voyageurs et la naissance du peuple métis. Le Printemps des voyageurs est un docudrame dont la facture n’a rien à envier à ce qui se fait ailleurs dans le monde. C’est un document bien construit, bien tourné, qui a des visées éducatives (faire comprendre qui étaient les voyageurs, comment ils se sont installés dans l’Ouest et qui étaient les Métis), et qui recourt à la fiction pour incarner le mythe du voyageur dans un personnage de chair et de sang, ce qui permet de s’y attacher et de mieux le comprendre.
Maurice Richard a conquis le monde du hockey et donné aux Canadiens français leurs lettres de noblesse dans un univers où, auparavant, ils pouvaient à peine parler leur langue.
Les voyageurs ont sillonné les routes de l’Ouest et plutôt que de conquérir un pays – qui était déjà la possession des Amérindiens – ils se sont alliés à ses habitants au point de créer un nouveau peuple et d’exercer, sur un immense coin du continent, une sorte de suprématie tranquille aux allures de liberté.
Le Manitoba français a ainsi, lui aussi, ses histoires et ses luttes à raconter. Des histoires dont il peut être fier et qui permettent de comprendre ce que sont les francophones d’aujourd’hui – ces éternels minoritaires qui cependant refusent de disparaître.
Plus important encore : le Manitoba français d’aujourd’hui a désormais des outils pour se raconter. Des outils modernes, capables de donner des productions dont la qualité est assurée, comme en témoigne d’ailleurs la moisson francophone lors de la remise récente des prix Blizzard.
Il ne nous reste qu’à attendre notre grande œuvre de fiction cinématographique produite ici… et à rêver que bientôt, nous verrons sur grand écran un film en français qui nous parlera de nous… et de nos mythes fondateurs.
N.B. : ère de la technologie oblige, il faut aussi visiter le site Internet produit par les Productions Rivard sur les voyageurs, qui regorge d’informations servies de façon ludique. Idéal pour les écoles et parfait pour les curieux qui aiment fureter sur des sites dynamiques. L’adresse : www.rendezvousvoyageur.ca.

Editeur : La Liberté


 VIA TVA = À la découverte de gens passionnés Cliquez ici !

Éditorial
  • Des héros qu’on aime
    Samedi soir, des amateurs de cinéma, de culture francophone, de hockey ont rempl...
  • Environnement
  • Des agriculteurs inquiets
    Le plan de contrôle des substances nutritives dans les eaux manitobaines est loin de remporter l’adhésion des producteurs agricoles, d’après les consultations publiques en cours depuis trois semaines.
  • Manchette
  • L’esprit d’entreprise à l’honneur
    La Chambre de commerce francophone de Saint-Boniface remettra ses prix de l’Entrepreneur de l’année le 14 mars, à la Maison du Bourgeois. Présentation des candidats.
  • Théâtre
  • Une pièce à redécouvrir
    Le théâtre universitaire Chiens de soleil propose Les partisans, de Rhéal Cénérini, mise en scène par Marc Prescott.
  •  


    Accueil | À propos | Écrivez-nous
    Album photos |



    Site réalisé grâce à l'éditeur Édimage
    © Édimage Plus / Droits et aspects légaux / La Liberté