Le 20 avril 2005
La Nouvelle
Conseil municipal de Russell: un président aux Comtés unis élu au vote populaire?
Par : Jonathan Blouin
Editeur : La Nouvelle
CANTON DE RUSSELL - Et si le président des Comtés unis, voire tous les membres des Comtés unis, étaient élus au vote populaire, en même temps que les élections municipales en Ontario? Cela peut paraître farfelu, mais c’est du moins l’avis de résolution qui a été déposé par le conseiller Jean-Serge Brisson, à la table du conseil municipal du canton de Russell, lundi dernier.
«Il faut voir si le temps n’est pas arrivé d’avoir un représentant élu directement par la population au poste de président des Comtés unis, explique M. Brisson. Cela amènerait moins de jeux politiques. Je sais que les Comtés unis ont toujours compté les huit maires des différentes municipalités de Prescott et Russell et qu’à chaque année, un président est élu par les membres.»
Selon lui, cela entraîne nécessairement des tractations de coulisse et des faveurs politiques. À l’heure où la transparence est de mise un peu partout sur les différentes scènes politiques, autant au fédéral, avec le dossier des commandites, qu’au provincial ou au municipal.
«En ce moment, s’il y a des jeux politiques qui se font, une fois élu, le président doit certaines faveurs à d’autres. Avec quelqu’un d’élu, c’est à la population qu’il devrait des faveurs», estime le conseiller.
Il ajoute que ça ne coûtera pas plus cher aux contribuables, le président étant déjà rémunéré et que cette personne serait plus impartiale. «Je ne fais pas référence à Denis Pommainville, le président actuel, ou Jacques Hétu, le dernier président, ou encore le prochain qui sera élu, mais je crois qu’un président élu au suffrage universel serait plus équitable. Si le budget reste comme il est en ce moment, avec des prévisions de dépenses capitales en infrastructures qui pourraient atteindre cinq millions $ et une augmentation des impôts de 7,2 %, non je ne pense pas que nous obtenons notre juste part. On ne sait pas où les fonds seront distribués. Mais si on contribue plusieurs millions aux Comtés chaque année et qu’on ne reçoit que quelques centaines de milliers, c’est nous qui finançons les autres. On n’aura pas notre juste part et c’est peut-être dû aux jeux politiques là-bas».
Reste à voir toutefois si cette mesure est plausible et envisageable, tant sur le plan légal, qu’avec les traditions et les règlements qui régissent les Comtés unis.
Cet avis a semblé en étonner quelques-uns, dont le maire de Russell, Michael McHugh, qui trouve le sujet intéressant. Avec le processus budgétaire qui devrait se conclure mardi prochain aux Comtés unis, et l’adoption du budget, le maire confirme que les discussions ont fait hausser le ton à quelques reprises.
Mais les vives discussions entre M. McHugh et Denis Pommainville ne datent pas d’hier. «Ce pourrait être bénéfique au niveau de la transparence et de la responsabilité, rendre des comptes au public pour celui qui serait élu. Je ne suis pas d’accord avec le virage budgétaire que les Comtés unis vont adopter prochainement. Je crois que nous devrions continuer de payer au fur et à mesure pour nos infrastructures au lieu d’emprunter. Ça n’a jamais été la pratique aux Comtés unis», admet le maire de Russell.
Une résolution a d’ailleurs été adoptée lundi soir, demandant à la trésorière des Comtés unis de rencontrer le conseil municipal de Russell pour leur faire part des grandes lignes du budget. «Je sais que le délai est court, mais ils devront trouver le temps de nous rencontrer. Même si le budget est prévu la semaine prochaine, nous sommes parmi les plus gros contribuables à la table des Comtés et s’ils ne sont pas capables d’attendre une semaine, il y a un problème», affirme-t-il.
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