Le 11 mai 2005
La Nouvelle
Daniel Coulange: des programmes à long terme et non des fonds avant l’élection
Par :
Jonathan Blouin
Editeur : La Nouvelle
CASSELMAN - Daniel Coulange travaille sur sa ferme laitière depuis son arrivée au Canada, il y a 25 ans.
Ami de Pierre Etter, ce fermier qui a déposé une vache morte au milieu de l’entrée du député de Glengarry-Prescott-Russell, Don Boudria, il y a quelques semaines, M. Coulange dit comprendre son geste.
Il a d’ailleurs été un des premiers à saluer le geste de M. Etter alors que selon lui, ce dépôt a eu plus d’impact que les manifestations orchestrées à Toronto. «On en parle encore et on en reparlera pour un petit bout de temps. Je comprends le geste de Pierre (Etter), estime Daniel Coulange. C’est comme les fonds du fédéral avant la manifestation du 12 avril. Nous n’aurions rien eu si ce n’avait pas été de ces manifestations-là. Ce sont des fonds juste avant l’élection.»
Selon lui, les dirigeants agricoles n’ont pas voulu se mouiller, dans l’incident impliquant M. Etter, mais tout le monde doit être en mesure de comprendre son geste, beaucoup plus symbolique que criminel. «S’il n’y avait que des choses comme ça comme actions criminelles, les uns comme les autres, on pourrait dormir tranquille. Ce serait malheureux s’il l’était (trouvé coupable), car ça montrerait que les agriculteurs sont obligés de ne rien dire pour ne pas déranger.»
Il croit cependant que la crise de l’agriculture est beaucoup plus grande et ne pourra être réglée à coups de millions envoyés aux agriculteurs à un intervalle de quelques années. «Nous avions eu des problèmes en 2001, et il avait fallu protester. C’est toujours à recommencer, souligne-t-il. À l’heure actuelle, ils viennent de balancer des millions dans toutes les directions. C’est flagrant. Le tout, c’est évidemment, à des fins électorales».
En fait, cette situation fait sourciller plus d’un agriculteur. La nouvelle aide promise par le gouvernement est au bord du raisonnable selon certains, ridicule de l’avis de d’autres. En gros, cela ne couvre presque rien des pertes que la plupart ont subies avec leurs vaches de réforme depuis les derniers mois.
«Ils sont raisonnables par rapport à nos pertes. Mais ils nous indemnisent peut-être 20 % depuis la fermeture de la frontière. Il y a d’autres problèmes. Par exemple, on a augmenté le prix du lait pour compenser les pertes des vaches de réforme, mais en un mois, nous avons perdu ce surplus en raison de l’excédent des produits laitiers qui franchissaient la frontière», poursuit M. Coulange.
Néanmoins, sur ce point de vue, certains experts partagent une vision différente. «Si on mise sur certaines niches, en investissant dans des infrastructures précises et en consolidant des programmes pour l’avenir, commercialement, les Canadiens pourraient être plus compétitifs. Au chapitre de la gestion de l’offre, nous sommes au seuil de ce qui est acceptable. On n’en entend pas parler ici, mais le Canada essuie beaucoup de critiques de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), car il protège certaines industries, comme la production laitière. Il n’y a pas beaucoup de consommateurs qui savent que le lait et le fromage étrangers sont taxés à 300 % s’ils proviennent de d’autres pays», mentionne Sylvain Charlebois, un professeur adjoint en marketing à la Faculté d’administration de l’Université de Régina, en Saskatchewan.
Ainsi, M. Coulange anticipe les prochaines élections. Originaire de la France, il ajoute que les partis de droite étaient beaucoup plus enclins à aider le secteur agricole. Selon lui, nul doute qu’avec les événements des derniers mois, sa confiance penche du côté des Conservateurs.
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