Le 11 mai 2005
La Nouvelle
Après 21 ans comme député fédéral: Don Boudria tirera sa révérence
Par : Jonathan Blouin
Editeur : La Nouvelle
EST ONTARIEN - La nouvelle a circulé au milieu de la semaine dernière, mais n’a été confirmée que vendredi, à l’occasion du Vin et fromages du député libéral de Glengarry-Prescott-Russell, Don Boudria. Après plus de 21 ans au Parlement fédéral à titre de député, le doyen de la Chambre des communes a annoncé qu’il ne briguera pas le prochain scrutin.
Certains l’ont aimé, d’autres moins, mais tous au cours des deux dernières décennies lui ont porté respect. Ayant été réélu à cinq reprises (1988, 1993, 1997, 2000 et 2004), après son élection en 1984 à titre de député fédéral, Don Boudria aura tenu Glengarry-Prescott-Russell sous l’égide des Libéraux pendant plus de vingt ans.
Il a livré un vibrant témoignage devant ses partisans, réunis au Centre récréatif d’Embrun, vendredi soir. Après avoir remercié les membres de sa famille, ses organisateurs politiques, ses employés et ses plus fidèles collaborateurs au fil du temps, M. Boudria a eu quelques mots à son successeur, qui pourrait être connu bientôt, si des élections devaient être déclenchées.
«Je vous demande de continuer à appuyer l’agriculture, particulièrement la gestion de l’offre. Continuez à travailler à l’amélioration de nos pistes récréatives pour le plaisir de la population. Travaillez au Programme de renouvellement économique de l’Est ontarien, afin que notre région demeure prospère. Protégez la Tourbière d’Alfred, un site écologique patrimonial. Chérissez la dualité linguistique et la pluralité qui font de nous un peuple fort. Notre région est le miroir du Canada: fort, uni, diversifié, bilingue et tolérant. Soyons fiers de notre héritage et soyons optimistes pour le futur», a-t-il lancé devant ses partisans.
Don Boudria tirera sa révérence la tête haute, alors qu’aux dernières élections, il avait vu son avance fondre de plus de 22 000 voix à moins de 5 000. Son adversaire, Alain Lalonde, lui avait donné la frousse. Il avait affirmé à la fin du mois de juin 2004, à l’issu du résultat, que cette victoire était la plus chèrement acquise.
Les plus fidèles partisans des Rouges s’en souviendront, M. Boudria a gagné à quelques reprises ses élections par une grande majorité.
Néanmoins, avec la situation politique actuelle, nul n’aurait pu prédire le résultat de la prochaine élection.
Au cours de ses mandats, il aura occupé plusieurs postes, dont le siège controversé du ministère des Travaux publics et des services gouvernementaux, pour quelques mois.
Auparavant, il avait été président du caucus libéral de l’Ontario, Leader adjoint du Parti libéral à la Chambres des communes, whip en chef du gouvernement, Receveur général du Canada, ministre d’État et Leader du gouvernement à la Chambre des communes. Alors que son parti était dans l’opposition, de 1984 à 1993, il aura agi comme porte-parole de l’opposition pour différents portefeuilles dont celui de l’agriculture, des Travaux publics et de Postes Canada.
Don Boudria n’a pas seulement été député au fédéral. Il aura gravi les échelons un à un. «Il y a près de 39 ans, j’ai fais mon entrée au Parlement à titre de garçon de table au restaurant parlementaire. Après avoir obtenu plusieurs promotions, j’ai appris à connaître le travail des députés. J’admirais le dévouement de ces gens qui représentaient leurs commettants et je disais, autant à mes collègues amusés qu’à moi-même, qu’un jour moi aussi je serais un député», a-t-il déclaré devant plusieurs convives, à l’occasion de son Vin et fromages. Il a ainsi débuté sa carrière en politique en 1976, à titre de conseiller du canton de Cumberland. Il sera réélu en 1978 et 1980, avant de faire le saut au provincial, de 1981 à 1984. Avant sa carrière politique, il a occupé différents postes au sein de la fonction publique fédérale, dont celui d’acheteur officiel.
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