Le 24 août 2005
La Nouvelle
Francoscénie perd trois gros joueurs
Par : Jacques Des Becquets
Editeur : La Nouvelle
EMBRUN - La nouvelle avait de quoi surprendre. Après avoir affiché un grand optimisme en début de saison, l’organisation Francoscénie a perdu trois joueurs de premier plan, la semaine dernière.
La toile de fond de ces départs serait une saison 2005 moyenne pour les revenus. Le responsable des communications, Richard Lebel, et le coordonnateur des bénévoles, Mark Picard, ont reçu une lettre les avisant que leur contrat ne serait pas renouvelé à la fin de la présente saison du spectacle à grand déploiement L’écho d’un peuple, a mentionné à La Nouvelle Alain Dagenais, président du conseil d’administration. Le directeur général, Jacques Blouin, a ensuite remis sa lettre de démission. «Richard Lebel n’était pas des plus heureux depuis quelque temps. M. Lebel y a eu un échange de lettres entre M. Blouin et lui. Il nous avait d’ailleurs dit qu’il ne voulait pas renouveler son contrat, mais qu’il aurait donné du temps bénévolement. Jacques était bien épuisé, fatigué. Il a décidé de démissionner. Il ne se sentait pas capable de faire une différence (dans la situation)», a offert M. Dagenais, joint à son domicile, vendredi soir. Ironiquement, M. Blouin aurait écrit la lettre d’avis de non-renouvellement à ses deux collègues mercredi avant de remettre sa propre lettre de démission au CA «Nous avons accepté sa démission le lendemain matin», d’ajouter M. Dagenais.
Revenus moindres
« Le mois de juillet a été désastreux pour les revenus, a expliqué le président. Il n’était pas à la hauteur de nos espérances. Les forfaits avec des opérateurs n’ont pas été un succès non plus. Trois opérateurs devaient venir avec un autobus de spectateurs à chacun des spectacles. Mais ils n’ont pas renouvelé. En septembre, ça pouvait être serré (du côté des finances).»
Le principal interlocuteur se perd en conjoncture quant au manque d’assistance. «Est-ce que le marketing est à revoir? Pourtant, nous étions partout. Est-ce que le prix de l’essence a joué contre nous? Est-ce que le spectacle était un peu tard pour les gens qui devaient retourner à Ottawa en toute fin de soirée? Une idée, ce serait de faire commencer le spectacle à 20 h 30 pour qu’il se termine plus tôt.
«Chose certaine, ce n’est pas à cause du produit. Les lettres et félicitations continuent d’arriver. Je regarde d’autres manifestations comme le Festival franco-ontarien qui, lui aussi, a essuyé une perte. Les Feux du casino (du lac Leamy) ont perdu 700 000 $ avant de réaliser les profits qu’ils font maintenant», place en contexte l’homme d’affaires embrunois.
La suite
Aussitôt la nouvelle tombée, le conseil d’administration a lancé un «plan de redressement», pour reprendre l’expression du président, formé du président, de Rhéal Leroux, Robert Laplante et Denis Beaudry. «Nous avons formé un comité de révision et nous nous sommes réunis jeudi. Nous évaluons l’impact de la baisse d’assistance», a offert M. Dagenais qui s’est refusé à avancer des chiffres quelconque de dépenses mais a dit connaître «à 95 %» ce qu’ils allaient être. «Nous avons habituellement une grosse manne qui rentre pendant les deux dernières semaines. Nous sommes à jour dans les dépenses. Reste à voir les revenus.»
L’écho d’un peuple a entamé sa deuxième saison en lion. En juin, de confirmer M. Dagenais, les quatre spectacles présaison ont été présentés à guichets fermés. «Nous voulions dépasser les chiffres de l’an dernier. Pour le spectacle d’hier soir (jeudi dernier), nous avions 1 104 billets de vendus et 125 personnes de plus en ont acheté sur place. Nous avons presque fait salle comble, la capacité étant de 1 400.» Mais à mesure qu’avançait la saison, les spectateurs n’étaient pas au rendez-vous en aussi grand nombre, si bien que le président s’est interrogé sur la précision des chiffres avancés ces dernières semaines.
Alain Dagenais défend les actions de son conseil d’administration. « L’écho d’un peuple est un grand moteur économique pour la région et on ne peut le mettre en péril. Nous nous devions de réagir rapidement. Nous ne voulons pas créer de panique. Nous sommes encore verts dans l’Est ontarien (avec des projets comme celui-ci).» M. Dagenais ne voulait pas que la population voit en M. Blouin un quelconque bouc-émissaire, pas plus qu’il ne tient à cette image qui rejaillit sur Francoscénie en cette fin de saison. «Nous, le conseil d’administration, sommes transparents envers les communautés… et voulons agir de façon responsable en même temps», a-t-il insisté.
Le directeur artistique Félix Saint-Denis est devenu le directeur général par intérim pour les cinq dernières représentations qui restaient en date de vendredi soir, a précisé M. Dagenais.
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