Le 15 septembre 2004
Un 3e voyage avec Vision Mondiale : Lynn Ford s’est envolée pour l’Ouganda le 18 août
Par : Jonathan Blouin
Editeur : La Nouvelle
CASSELMAN - Après avoir fait cinq voyages au Mexique et deux en Roumanie, Lynn Ford sentait qu’elle avait encore des défis à relever. Avec l’organisme humanitaire Vision Mondiale, elle a quitté Casselman le 18 août, pour l’Ouganda, au cœur du continent africain.
«Quand je suis revenue du Mexique, j’avais un courriel qui m’avait été envoyé disant qu’ils (les gens de Vision Mondiale) recherchaient des personnes intéressées pour faire le voyage en Ouganda, mentionne-t-elle. J’en ai discuté plus amplement avec mon mari et il m’a dit de mettre mon nom, si c’était ma volonté.»
Deux jours plus tard, on lui confirmait qu’elle avait été sélectionnée. «C’est sûrement un des voyages le plus difficile et le plus important jusqu’ici. Nous sommes partis un groupe de quatre volontaires pour représenter le pays, avec deux employés de Vision Mondiale et un homme d’une station de télévision torontoise.»
Ceux-ci ont travaillé et aidé les responsables du Centre de réhabilitation Vision Mondiale pour les enfants de la guerre, à Gulu. Ce dernier aurait été créé il y a 10 ans, pour aider à réintégrer les enfants, plus souvent qu’autrement kidnappés par les rebelles pour exécuter les tâches qu’ils ne veulent pas faire. Selon Mme Ford, ces jeunes ont vécu pour la plupart des histoires atroces, en plus de voir à un jeune âge, des épisodes sanglants de la guerre que se livrent les rebelles et les forces du gouvernement.
«Ces enfants sont ramenés au centre pour reprendre la vie. Bien souvent, quand les rebelles n’en ont plus besoin, ils sont laissés dans la jungle. Plusieurs d’entre eux grandissent avec un sentiment de haine, de culpabilité, ayant été maltraités pendant une période de temps», raconte Lynn Ford.
Elle ajoute qu’il y a beaucoup de va-et-vient à cette institution et qu’ils ont besoin d’aide pour effectuer plusieurs travaux, même physiques. Elle a dû elle-même amasser plusieurs milliers de $ pour faire le voyage, et à l’inverse de ses précédents voyages, elle a eu moins de temps pour amasser l’argent et mettre sur pied des cueillettes de fonds. «Il faut aussi que nous payons pour les piqûres, nos visas et quelques autres dépenses personnelles. Nous sommes partis pour deux semaines et donc nous sommes revenus il y a quelques jours, au début du mois de septembre.»
En fait, elle confie aussi que les participants ont dû apporter leurs propres outils rudimentaires. «Nous avons beaucoup peinturé, réaménagé des cordes à linge, des parcs, creusé des tranchées pour couler le ciment et réparer certaines parties de l’édifice. On se rend compte en étant là-bas à quel point nous sommes chanceux ici. Nous avons tellement de biens et nous vivons plus que bien. Je crois qu’on ne le réalise pas toujours.»
Toutefois, côté sécurité, rien n’était à craindre. «Ils surveillent toujours les environs et reçoivent des rapports quotidiens. Ils ont des mesures prévues si quelque chose ne va pas bien. Comme par exemple, nous n’avons pas voyagé la nuit», explique-t-elle.
Comme bien d’autres, elle a pris de l’initiative, en fabriquant des «visages souriants», qu’elle a vendus au coût de deux dollars, et qui ont été installés sur un drapeau canadien à l’intérieur du Centre de réhabilitation. «J’ai déjà fait une cueillette de fonds similaire lors d’un de mes précédents voyages et tout avait très bien fonctionné. Une fois sur place, j’ai accroché le drapeau sur un des murs, avec les «visages souriants». Cela a permis aux gens de participer à mon aventure et d’aider ces enfants.»
|
|