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Le 10 août 2005

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L’idée d’un abattoir fédéral fait son chemin…

Par : Jonathan Blouin
Editeur : La Nouvelle

EST ONTARIEN - Il y a à peine cinq mois, l’idée d’un abattoir fédéral dans la région de Glengarry-Prescott-Russell se voulait bien plus un rêve qu’une réalité. Un rêve qui était chéri par les plus entrepreneurs des membres de l’Union des cultivateurs franco-ontarien (UCFO). Mais depuis l’Assemblée générale annuelle de l’UCFO en mars, les choses semblent décoller, tant et si bien que le président de l’UCFO, Pierre Bercier, et son groupe, rencontreront plusieurs ministres sur la colline parlementaire ce vendredi.

«J’ai profité de la présence de Mauril Bélanger et de Don Boudria à l’investiture pour les sensibiliser à notre dossier. On a obtenu une rencontre vendredi à Ottawa, explique M. Bercier. Le projet en est à ses premiers pas, mais on est très encouragés par l’appui que l’on reçoit un peu partout. On devrait embaucher quelqu’un pour la pré-étude, pour élaborer les termes de référence très bientôt. On procédera ensuite à l’étude de faisabilité. Mais en même temps, on tente de trouver du financement pour couvrir les coûts que pourraient engendrer ces travaux».

Néanmoins, M. Bercier aimerait bien que les études soient terminées d’ici la fin de l’année afin que le projet aille de l’avant le plus rapidement possible par la suite.

D’ailleurs, il compte déjà sur une bonne base d’appuis dans la région. Aux Comtés unis de Prescott et Russell, le préfet Denis Pommainville et plusieurs de ses collègues à la table du conseil, dont Conrad Lamadeleine, le maire de Casselman, moussent cette idée de plus en plus.

Le sujet était d’ailleurs sur les lèvres de la plupart des candidats à l’investiture libérale il y a un peu plus d’une semaine, à Saint-Isidore. Le nouveau candidat libéral, René Berthiaume, croit lui aussi qu’il mérite une attention particulière.

«J’ai dit dans mon discours que j’appuierais les dossiers importants pour nos cultivateurs et le projet d’abattoir fédéral semble très important. On devrait regarder cette possibilité plus à fond», souligne-t-il.

Pendant ce temps, le président de l’UCFO continue son lobbying au sein de la classe politique. «Il faut étudier notre territoire comme il faut avant d’investir. On ne sait même pas encore si on va bâtir un gros abattoir ou deux ou trois petits. Une chose est certaine, nous avons quelques bons modèles existants sur lesquels nous inspirer, dont la Fromagerie St-Albert».

En effet, les cultivateurs regarderaient attentivement l’option de créer une coopérative où chaque producteur participant amènerait ses bêtes à l’abattoir et profiterait des ristournes en fin d’année. «Si on s’inspire de ce qui se fait à Saint-Albert, les producteurs gèrent d’une certaine manière la coopérative en y fournissant des bêtes et épongent le déficit ou se séparent les profits à la fin de l’année. La fromagerie fonctionne bien et à la quantité de viandes que nous exportons, il y a moyen de rendre l’abattoir fédéral rentable, selon nous. Il faut cependant une étude de faisabilité pour consolider ce que nous pensons», insiste M. Bercier.

Le but serait également d’offrir le meilleur prix possible aux producteurs. M. Bercier n’écarte pas non plus la possibilité de créer une marque de commerce propre et identifiée à l’Est ontarien. «On viserait principalement les vaches de réforme et les animaux de boucherie. On a un potentiel de 1 500 vaches par semaine dans la région de l’est de l’Ontario et l’Ouest québécois. Deux gros abattoirs aux États-Unis achetaient cette quantité de viandes chaque semaine.»

Le projet stimulerait aussi l’industrie du bœuf et les producteurs pourraient par la suite exporter leur viande, mais à un autre niveau.



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