Le 14 septembre 2005
Francophonie
Jean Poirier tire sa révérence
Par : Jonathan Blouin
Editeur : La Nouvelle
EST ONTARIEN - Plusieurs l’ont appris au cours des derniers jours, mais le principal intéressé l’a confirmé la semaine dernière. Jean Poirier tirera sa révérence au mois de novembre, soit quelques heures après l’adoption et la mise en place officielle de l’Assemblée des francophones de l’Ontario (AFO).
Joint à la sortie d’une des mille et une réunions auxquelles il assiste chaque semaine, M. Poirier disait vouloir prendre du temps de recul, principalement pour se reposer et s’occuper des affaires de la ferme familiale.
«Après 35 ans dans la francophonie, sept jours sur sept et plus de 100 heures par semaine, je suis fatigué. Il faut que je me repose. J’ai donné beaucoup de temps et maintenant je tire ma révérence de toutes mes implications communautaires et de la scène publique. Je pèserai sur le bouton arrêt dès que l’AFO sera acceptée», a-t-il expliqué.
Coprésident du Comité de transition servant à préparer le terrain à l’AFO pour le mois de novembre, Jean Poirier dit croire que le nouvel organisme saura prendre la relève.
«Nous avons cinq sous-comités et nous sommes maintenant à l’étape d’écrire un règlement pour l’AFO. On a tout mis ce qu’on avait ensemble et ça va bien. Au début du mois de septembre, il y a eu deux assemblées extraordinaires, une de l’ACFO (l’Assemblée des communautés francophones de l’Ontario) et une de la DECCO (la Direction de l’Entente Canada communautés Ontario) et les membres des deux assemblées ont adopté à l’unanimité ce qui avait été fait jusqu’ici et ce sur quoi nous travaillons depuis plusieurs mois», précise M. Poirier.
Même si certains doutent un peu qu’il laissera tout de côté, celui qui chapeaute plusieurs associations à l’heure actuelle prévient qu’il a suffisamment d’ouvrage à la ferme pour le tenir occupé pendant les 50 prochaines années. «Mais parents entretenaient la ferme à tous les jours, sept jours par semaine et ils sont décédés depuis 10 ans. Avec les semaines que je fais en ce moment, il y a longtemps que je n’ai pas eu le temps de m’en occuper».
Puis pour ceux qui croient qu’il s’ennuiera du rôle de chien de garde de la francophonie ontarienne que plusieurs lui ont confié au fil des ans, il avoue que c’est la même question qu’en 1995. «En 1995, les gens me disaient quand j’ai quitté la vie politique que je m’ennuierais. Mais j’ai passé à autre chose. C’est la même chose maintenant. Je suis fatigué et je compte me reposer en prenant soin de ce que j’ai délaissé au cours des dernières années».
Il se réserve néanmoins le droit d’intervenir dans des dossiers qu’il jugera important. «C’est moi qui va décider de mon agenda. Ça se peut que l’on me revoit de temps en temps ou que je fasse des apparitions ad hoc, mais ce sera selon le besoin», poursuit-il.
Président de l’ACFO provinciale et pendant de nombreuses années le porte-parole de l’ACFO régionale de Prescott et Russell, Jean Poirier siège aussi actuellement au Bureau de direction de la Fédération des communautés francophones et acadiennes du Canada (FCFA), à la table de la DECCO, et copréside le comité de transition en vue de créer l’AFO.
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