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Le 1 mars 2006

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Jean Poirier : Une vie consacrée à la francophonie

Par : Danny Joncas
Editeur : La Nouvelle

Lorsqu’il est question d’individus qui sont dévoués entièrement à leur cause et qui consacrent une large part de leur temps à promouvoir et à défendre cette même cause, Jean Poirier en est l’exemple parfait. Dans son cas, la cause qui lui tient tant à cœur est la francophonie.

Déjà, le parcours du résidant d’Alfred est pour le moins bien rempli, ayant entre autres été agent de développement de l’Association canadienne-française de l’Ontario (ACFO) régionale de Prescott et Russell de 1979 à 1984, avant d’être élu en tant que député provincial de la circonscription comprenant les régions de Prescott et Russell. Il a accompli cet exploit à quatre reprises, siégeant au total 11 années à Queen’s Park. Lors de ses deux dernières élections, en 1987 et en 1990, ses victoires ne laissaient aucun doute alors que les marges par lesquelles il a remporté ces deux élections, particulièrement celle de 1987, constituent toujours des records en Ontario.

Après avoir tiré sa révérence au parlement provincial, en 1995, il ne mettra que quelques années avant de faire de nouveau sentir sa présence au sein du conseil d’administration de l’ACFO de Prescott et Russell. Il y est d’abord élu vice-président, en 1997, pour ensuite accéder à la présidence l’année suivante, poste qu’il occupe toujours d’ailleurs.

Le moins que l’on puisse dire de ce second séjour de Jean Poirier à l’ACFO de Prescott et Russell est qu’il lui aura permis de contribuer à accroître la visibilité de l’organisme de façon significative, car c’est en 1999 qu’il met sur pied, avec la collaboration de sa conjointe, Dominique-Marie Saubestre, le Banquet de la Francophonie de Prescott et Russell. Huit ans plus tard, l’événement ne cesse de croître en popularité. À preuve, pour l’édition 2006, qui se tiendra le samedi 4 mars à Embrun, près de 500 personnes y sont attendues.

Malgré l’absence de ressources humaines et de contributions financières majeures en provenance des paliers de gouvernement, M. Poirier et Mme Saubestre continuent d’organiser, année après année, cet événement qui vise à souligner l’apport indispensable de certains francophones de la région de Prescott et Russell envers le développement et l’avancement des communautés que l’on retrouve sur ce même territoire.

«Après 35 années d’implication communautaire, j’ai eu l’occasion de rencontrer plusieurs personnes et de travailler avec certains de ces gens et j’ai remarqué que dans la région, il y a des gens qui se dévouent et dont le travail demeure dans l’ombre. Il est important que l’on reconnaisse ce que ces gens font pendant qu’on a encore la chance de les remercier», explique Jean Poirier au sujet des gens qui sont honorés dans le cadre du Banquet de la Francophonie. C’est d’ailleurs pour que la contribution de ces gens ne soit pas reléguée aux oubliettes que M. Poirier a instauré l’Ordre de la francophonie et les Prix jeunesse Thomas-Godefroy lors du Banquet de la Francophonie.

«On lance un appel à la population à chaque année pour recevoir des candidatures et un comité de sélection indépendant doit ensuite se réunir pour effectuer un travail qui est parfois ingrat, car plusieurs bons candidats sont laissés de côté», ajoute Jean Poirier, qui précise que le comité a récemment choisi les lauréats pour 2006.
En créant les Prix jeunesse Thomas-Godefroy, un jeune interprète qui serait arrivé au Canada avec Samuel de Champlain au début du 17e siècle et qui aurait été l’un des premiers hommes de race blanche à fouler le sol du territoire de Prescott et Russell, Jean Poirier précise que l’on rend hommage à des personnages historiques dont on a parfois tendance à négliger quelque peu la contribution.

Dans le même ordre d’idées, c’est pour cette raison que M. Poirier a mis sur pied les Prix Alfred-Évanturel pour honorer des politiciens francophones. La première remise de ces prix a pris place l’automne dernier alors qu’un total de cinq élus, dont l’ancien député fédéral Don Boudria, ont reçu cette distinction. D’autre part, en juin 2006, M. Poirier indique que l’ACFO de Prescott et Russell remettra le tout premier Prix Ferdinand-Larose à un individu de la région pour sa contribution en matière d’environnement.

Bref, malgré le fait que plusieurs ACFO régionales aient connu une baisse de régime au cours des 10 dernières années, souvent en raison de l’absence de financement en provenance du gouvernement ou encore de pénuries de bénévoles pour pourvoir au bon fonctionnement de l’organisme, on remarque que l’ACFO de Prescott et Russell constitue toujours une voix forte pour la communauté francophone de son territoire. Et c’est en grande partie au travail acharné d’une poignée d’individus, dont Jean Poirier et Dominique-Marie Saubestre, que les francophones de Prescott et Russell doivent cette visibilité dont ils bénéficient.



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