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Le 30 novembre 2006

La Voix acadienne

Nathalie Arsenault prête sa voix aux jeunes du monde entier à Nairobi

Jacinthe Laforest

Nathalie Arsenault, native de l’Île-du-Prince-Édouard et étudiant à Montréal, a participé récemment à la 12e convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques. C’était aussi la seconde conférence sur le protocole de Kyoto, après le triomphe de Stéphane Dion, à Montréal, à la fin de l’année 2005.
«Le protocole de Kyoto fixe des objectifs pour 2012. C’est important de commencer tout de suite à négocier des objectifs post 2012 dans les 189 pays membres de la convention et pour tous ceux qui ont signé Kyoto», dit Nathalie Arsenault.

Le Canada avait signé Kyoto et était un leader mondial en matière de politique de changement climatique. L’élection de Stephen Harper et de son gouvernement pro Alberta et pro-pétrole a changé cela.

«C’est pour dénoncer la position du Canada sur Kyoto que nous, les jeunes, avons décidé de nous rendre à cette grande réunion. Nous étions 20 jeunes Canadiens ayant financé nous-mêmes notre voyage par diverses activités. Nous voulions aussi ramener des informations pour que les Canadiens sachent ce que le Canada est en train de faire de mauvais.»
«S’il est trop tard pour que le Canada change d’idée? Non. Le gouvernement actuel est minoritaire. Il y aura des élections, il ne durera pas éternellement. Nous avons besoin d’un gouvernement qui va agir immédiatement. Pour ce qui est des changements climatiques, il n’est jamais trop tard pour agir», affirme Nathalie.

À Nairobi, les quelque 20 jeunes Canadiens ont été re-groupés avec une délégation de plus de 100 jeunes adultes de partout au monde. Pendant deux semaines et demi, ils ont suivi les débats, discuté de leurs objectifs, élaboré leurs stratégies, mis leur grain de sel partout où ils étaient admis.

C’est ainsi que lors des trois derniers jours de la grande convention, alors que les décisions se prenaient et que tous présentaient leurs derniers arguments, les jeunes du monde entier ont eu leur «trois minutes».

Et par vote, Nathalie Arsenault a été choisie pour parler au nom des jeunes occidentaux, alors qu’un jeune parlait au nom de l’Afrique et un autre, au nom de l’Asie. «Nous avions trois minutes alors nous avons parlé une minute chaque. Nous avions rédigé nos textes en consultation avec plusieurs membres de notre délégation de jeunes du monde. Le grand message que nous voulions transmettre aux négociateurs, c’est de ne pas oublier la raison pour laquelle ils étaient là, qui est de sauvegarder la vie sur terre pour les générations futures, dont les jeunes font partie. Nous leur avons demandé de penser à leurs enfants…»

Trois minutes, c’est vite passé et certains pourraient dire que c’est bien peu. Mais en fait, selon Nathalie Arsenault, au cours de ces trois derniers jours de négociation, le temps est compté et chaque pays ne dispose que de trois minutes pour présenter ses derniers arguments. Une coalition d’organisation non gouvernementales a eu trois minutes de parole elle aussi. «Et nous n’avions pas de statut officiel à la conférence. Quant à savoir si nos interventions ont changé quelque chose…»
Nathalie Arsenault n’a pas encore 25 ans et elle espère que la terre pourra lui procurer une bonne vie encore longtemps.

«Il faut garder espoir qu’il n’est pas trop tard. Sinon, que reste-t-il? On ne peut pas savoir ce qui va arriver dans l’avenir mais si on croit qu’on ne peut rien changer, sur rien, aussi bien tout arrêter maintenant.»

Les changements climatiques est le dossier le plus global et universel qui existe présentement. Les populations sont préoccupées par cette question, les Canadiens sont préoccupés par le réchauffement du climat, mais les gouvernements n’écoutent pas les citoyens qui ont voté pour eux, estime Nathalie Arsenault.

«Dans mes cours, en études internationales, j’étudie la sécurité humaine, la sécurité alimentaire, du droit de l’environnement. Qu’y a-t-il de plus près de l’être humain que sa relation avec la terre qui le nourrit?»

Nathalie Arsenault va poursuivre ses démarches pour que le Canada reprenne son rôle de leader dans les changements climatiques. Elle prévoit aider à la coordination des conférences à son université, et continuer d’alimenter le débat.

Elle invite les gens à faire une recherche sur le Web pour trouver les informations sur la «Canadian Youth Delegation» ou en français «délégation de jeunes canadiens».

Les jeunes ont aussi produit un blogue au www.itisgettinghotinhere.org et sur lequel Nathalie signe au moins un texte.

Aussi, il y a toujours le site de la conférence, qu’on trouve au www.unfccc.int.

Editeur : La Voix acadienne


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