Le 14 juin 2005
La Voix acadienne
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| Marcel Arsenault montre une pousse d’if du Canada. Cet arbuste n’a pas véritablement de tronc : les branches semblent sortir directement de la terre. L’if du Canada sert de nourriture aux cerfs et aux chevreuils mais à l’île, ces animaux ne sont pas présents. |
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L’if connaît une popularité croissante
Par : Par Jacinthe Laforest
Editeur : La Voix acadienne
L’if du Canada (Taxus canaden-sis) est un arbuste encore méconnu du grand public. Pourtant, de plus en plus de personnes en font la récolte car ses jeunes pousses contiennent des ingrédients utilisés dans la fabrication de médicaments contre le cancer.
L’if du Canada (Ground Hemlock en anglais) pousse assez lentement, surtout dans les forêts de feuillus parmis les érables en particulier. Jusqu’à tout récemment, on ne l’avait jamais vraiment étudié car il n’était pas exploité pour son bois et représentait un potentiel économique minime.
Cela a changé. Depuis les années 1960, le U.S. National Cancer Institute (NCI) a poursuivi une vaste étude d’échantillons de végétaux partout dans le monde, y compris de centaines de végétaux forestiers indigènes de toute l’Amérique du Nord, afin de trouver un ou des composés naturels qui pourraient servir à son combat contre le cancer.
L’une des substances prometteuses qu’il a trouvées est le paclitaxil (Taxol®.) Isolée de l’écorce de l’if occidental (cousin de haute taille de l’if du Canada vivant sur la côte ouest), cette précieuse substance s’est révélée très efficace contre le cancer des ovaires et contre d’autres maladies.
Cependant, ce n’est qu’une vingtaine d’années plus tard qu’on l’a découverte dans notre if du Canada, avec d’autres composés étroitement apparentés, de la famille des taxanes. Le Taxol® et les taxanes sont prometteurs contre plus de 20 maladies cancéreuses et non cancéreuses.
La récolte de l’if du Canada ne demande pas de gros équipement coûteux. Il faut par contre se prémunir contre les mouches et les moustiques, qui sont parfois affamés.
«Je peux remplir 50 sacs comme ceux-là dans une journée», dit Eldon Gallant, un cueilleur qui travaille pour Marcel Arsenault, dirigeant d’une petite entreprise de récolte d’if du Canada.
«Je cueille surtout sur des terres privées. Je demande la permission aux propriétaires, j’établis les lignes pour que mes cueilleurs savent où aller», dit-il. Les propriétaires de bois ne refusent pas souvent car ils reçoivent 10 cents pour chaque livre d’if récolté.
Établir les lignes, cela veut dire accrocher des rubans oranges sur les frontières des lots boisés, selon les plans très précis qu’il obtient de la province.
Malheureusement, l’industrie de la cueillette de l’if du Canada n’a pas été réglementée de très près dès le début et des vols et des excès de cueillette ont été commis, mettant la ressource en danger. «Quelle que soit la quantité d’if du Canada disponible à l’Île en un an, on peut dire sans se tromper qu’on en a cueillis deux fois plus», insiste Kate MacQuarrie, du ministère de l’environnement, de l’Énergie et des Forêts, qui tenait récemment des consultations afin de réglementer l’industrie de la cueillette.
L’idée que les cueilleurs seraient obligés de suivre un cours plait bien à Marcel Arsenault, «du moment que cela ne coûte pas trop cher». Il est aussi d’accord avec l’idée qu’il y aurait une saison pour la cueillette qui commencerait le 15 août et finirait le 30 avril, même si, cette année, ses cueilleurs ont récolté jusqu’à la première semaine de juin.
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