Le 12 avril 2006
La Voix acadienne
Le voile mystérieux à Tignish sera exposé pendant un an
Par : Jacinthe Laforest
Editeur : La Voix acadienne
«C’est un message du bon Dieu», dit Julia LeClair
La semaine sainte annonce la fin du carême et le début du temps pascal. Dans les églises, la couleur pourpre propre au temps du carême fait place au blanc, qui est la couleur du temps pascal.
Par contre, à Tignish, le pourpre ne disparaîtra pas complètement.
On se souviendra qu’au début du mois de mars dernier, les paroissiens de Tignish ont distingué les traits d’un visage sur le voile pourpre qui recouvrait le tabernacle. Ce voile pourpre avait été placé, comme c’est la coutume, le mercredi des Cendres, pour marquer le début du carême.
La nouvelle de cette apparition s’était vite répandue et bientôt, on a dû mettre en place un système de surveillance pour éviter des abus ou du désordre. Le bedeau de la paroisse, Talbot LeClair, estime qu’au moins 3 000 personnes différentes sont venues, et que certaines sont revenues plusieurs fois.
Ce voile, et tous les autres voiles aux couleurs des saisons liturgiques qui recouvrent le tabernacle depuis environ trois ans, a été cousu par Julia LeClair d’Alberton.
Rencontrée à l’église Saint-Simon-et-Saint Judes récemment, Julia LeClair a expliqué qu’il y a quelques années à peine, le calice et les hosties étaient conservés sur le côté droit (pour le public) tout près du récipient d’eau bénite.
Lorsque le nouveau curé est arrivé, succédant à l’abbé Albin Arsenault, il a fait aménager un tabernacle au centre de l’autel qui occupe le devant de l’église. En l’absence de voiles pour recouvrir le tabernacle, l’abbé Jim Willick a demandé à Julia LeClair d’en coudre.
«Je les ai cousus dans des voiles liturgiques qui servaient dans le passé à recouvrir la chaire. Ils peuvent encore les utiliser car je n’ai coupé que l’envers. C’était tellement du beau matériel», dit-elle, s’en souvenant comme si c’était hier.
Une fois coupés aux bonnes mesures, les voiles ont été brodés de motifs choisis par les dirigeants de la paroisse. Les broderies ont été faites par une petite entreprise d’Alberton, qui se spécialise dans les broderies sur des vêtements de sports.
Puis, Julia LeClair a tout fini, incluant les doublures et le pressage. «Je les avais repassés parfaitement. Il ne restait pas un pli», se souvient-elle.
Pour elle, il est clair que ce visage qu’on distingue sur le voile n’est pas un accident.
«C’est un message du bon Dieu. Je ne sais pas quel message exactement, mais pour moi, il dit que les gens de Tignish font une bonne job, ils sont pieux, ils viennent à la messe», affirme-t-elle.
De fait, juste avant notre rencontre avec Julia LeClair, il y avait la messe du premier vendredi du mois et les fidèles étaient très nombreux, placés de l’avant jusqu’aux derniers bancs de la grande église.
La première fois que Julia LeClair a vu le visage, le dimanche 5 mars, elle a eu un choc. «En premier, j’ai vu les yeux, qui me regardaient. Je ne pouvais plus rien faire. Après, j’ai vu le visage. Il y a des gens qui viennent ici et qui ne voient rien. Je leur dis : allez vous asseoir pendant une heure pour prier. Vous allez le voir.»
Un phénomène comme celui-ci fait circuler des rumeurs. Il y en a une qui raconte que pour vérifier l’apparition, l’évêque Vernon Fougère aurait décroché le voile, l’aurait roulé et froissé dans ses mains, pour voir si le visage était encore là. Si vous entendez cela, n’en croyez rien. L’évêque est venu, c’est vrai, et il a regardé le voile. Selon Talbot LeClair, qui était présent, le voile avait été ôté pour une grande célébration à l’église. L’évêque et un assistant, un jeune prêtre qui avait un ordinateur avec lui, en ont profité pour numériser le voile. Dans quel but? M. LeClair n’en sait rien.
Il confirme cependant qu’un cadre vitré est en train d’être construit (c’est d’ailleurs Jerry, le mari de Julia, qui le fabrique) pour accueillir le voile pourpre. Le cadre sera placé vraisemblablement sur le côté gauche de l’autel (pour le public), là où il y a déjà une statue de Saint-Joseph. On pense que le cadre sera là pendant la prochaine année, à moins d’un changement.
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