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Le 19 avril 2006

La Voix acadienne

Lors de la visite de l’école Évangéline, le mardi 11 avril, le directeur de l’école, Paul Cyr, a remis à chaque enfant son agenda scolaire. De gauche à droite, on voit David, Élodie Samantha et Walter.

Une nouvelle famille de réfugiés arrive dans la région Évangéline

Par : Jacinthe Laforest
Editeur : La Voix acadienne

Anne-Marie Nzikobanyanka, native du Burundi, est la seule survivante dans sa famille. Tous ses frères et sœurs et parents ont été tués pendant la guerre qui a ravagé et qui ravage encore son pays. «Moi, je suis encore en vie car j’ai fui, avec mon mari et mes enfants.»

Anne-Marie et sa famille ont d’abord vécu dans un camp de réfugiés au Gabon, puis ils ont déménagé dans la capitale, Libreville. Là, la vie a repris son cours à peu près normal. Les enfants allaient à l’école, où ils ont appris le français et Anne-Marie a travaillé comme gérante d’un magasin de vêtements pendant cinq ans.

«Les deux ou trois dernières années, je ne travaillais pas. J’étais au foyer. J’ai fait une demande de réinstallation et j’ai appris il y a à peu près un mois que je venais au Canada. Quand je suis arrivée ici, avec mes cinq enfants, d’abord, j’avais peur, mais quand nous sommes descendus de l’avion et qu’il y avait des gens qui nous attendaient et qui connaissaient nos noms… cela m’a impressionnée. Nous avons été accueillis avec beaucoup d’amour et de tendresse.»

Les trois personnes de la communauté qui sont allées rencontrer Anne-Marie et ses enfants à l’aéroport étaient Lorraine Arsenault, présidente du comité d’accueil des réfugiés, Monique Mainville, membre du comité et l’abbé Jean-Noël Watta, qui a la cure des paroisses de Baie-Egmont et de Mont-Carmel et qui est originaire d’Afrique.

Les cinq enfants ont pour nom Olivier Muhore, qui aura 17 ans cet été, Hélène Rukundo, qui aura 16 ans en août, Walter Komera qui a 12 ans et demi, Elodie Samantha Kaze, qui a 11 ans et David Ndiho, qui a 10 ans.

Tous les enfants ont des noms de famille différents et c’est normal, car les enfants sont nommés d’après les circonstances de leur naissance. Par exemple, le jour de la naissance d’Olivier, la belle-mère d’Anne-Marie mourait. «Son nom, Muhore, veut dire consolation. Rukundo veut dire Aimez-vous. Komera veut dire Soyez forts, Kaze veut dire Bienvenue et Ndiho signifie Je suis là par la grâce de Dieu», indique Anne-Marie qui elle, porte le nom de son mari, qui est resté au Gabon.

La famille est arrivée dans la région le jeudi 6 avril. Le mardi suivant, le 11 avril, la famille a fait le tour de l’école Évangéline et les enfants ont passé un test de classement. Ces tests vont aider les dirigeants de l’école à placer les enfants dans des classes à leur niveau.

Il était prévu à ce moment-là que les enfants entreraient à l’école le mardi après Pâques. Ils devraient donc y être depuis hier.

Anne-Marie et ses cinq enfants habitent une maison qui appartient à Louis Gallant, au cœur de Wellington juste à côté de Julien et Orella Arsenault.

Pour cette deuxième famille que le comité de réfugiés accueille dans la région, les choses ont été bien plus faciles. Par exemple, on a trouvé une maison dans un lieu central. Et puis, on n’a pas eu besoin de faire une collecte de meubles. «C’est immigration Canada qui a payé les meubles neufs. Nous aurions pu faire cela aussi pour notre première famille, mais nous ne le savions pas. Nous avons appris beaucoup de choses, disent Marie Bernard et Marie Arsenault, toutes deux travaillant au Centre d’éducation chrétienne.

Anne-Marie et ses enfants viennent tout juste d’arriver. Il reste encore beaucoup de détails à planifier, mais pour le comité, les choses sont bien plus faciles. Tous les membres de la famille parlent français. Ils sont habitués de vivre en société. Ils sont aussi habitués à un certain niveau de modernité.

Anne-Marie espère déjà qu’elle pourra trouver un petit travail car sinon, «elle va s’ennuyer toute seule à la maison», a-t-elle dit avec humour.



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