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Le 27 septembre 2006


Se moniliser contre l'intimidation

Jacinthe Laforest

L’intimidation fait des ravages dans nos écoles. De ses formes les plus subtiles jusqu’à ses manifestations les plus criardes et violentes, l’intimidation, le taxage, la brimade, le bullying, affecte grandement la vie de nos jeunes et de nos adolescents.

L’école est, par la force des choses, le lieu où l’intimidation va se manifester le plus souvent. Par la force des choses, car les enfants y vivent en interaction, en plus grands nombres et bien plus longtemps que dans n’importe quelles autres situations de loisir ou familiales.

Comme c’est à l’école que se manifeste l’intimidation, la logique voudrait que ce soit aussi le lieu d’où les solutions vont se manifester.
La semaine dernière, le Centre de prévention de la violence familiale de la région de Kent au Nouveau-Brunswick a lancé un guide d’intervention en trois volets pour contrer l’intimidation. Le vendredi 22 septembre, l’équipe directrice du projet était à l’Île pour y présenter le concept. Seules trois personnes de l’Île ont participé à cette journée. Bien que ces trois personnes soient toutes très bien placées pour intervenir, la qualité ne remplace pas toujours la quantité. Il est certain qu’un plus grand nombre de personnes aurait été souhaitable.

L’équipe néo-brunswickoise était accompagnée d’un psychologue, Richard Gagné. Ce dernier croit que les enseignants sont les mieux placés pour prévenir et intervenir en cas d’intimidation. Il est convaincu que lorsqu’un enseignant ne fait rien, qu’il ferme les yeux, alors qu’il est la figure de confiance et d’autorité à l’école, cela équivaut à abandonner l’enfant à son sort.

Bien pire, il croit que si des jeunes adultes finissent par se tourner vers Internet pour s’épancher tout en s’isolant, et finissent par agir violemment, c’est parce que les adultes autour d’eux les ont abandonnés, lorsqu’ils avaient besoin d’une aide cruciale.

Le projet néo-brunswickois fait appel à la mobilisation communautaire pour contrer l’intimidation. Et l’outil de cette mobilisation, c’est la pièce de théâtre l’Ombre de Samuel, dont le texte a été révisé par le psychologue Richard Gagné, spécialiste de l’intimidation.

Alors qu’aucune décision n’a été prise quant au montage et à la présentation de cette pièce ici à l’Île, l’expérience pourrait être profitable. Il y a longtemps qu’aucune pièce de théâtre à caractère social n’a été montée à l’Île. Cela pourrait faire du bien comme l’ont fait dans le passé les pièces de théâtre sur la violence familiale et l’alphabétisation, entre autres.

Le projet de jumelage semble aussi avoir été profitable dans Kent, alors que quatre jeunes, autant des victimes que des intimidateurs, ont été jumelés à des adultes ayant des influences positives. Un tel modèle pourrait sans doute être appliqué à l’Île, à petite échelle et avec l’aide d’une équipe de personnes-ressources.

Quoi qu’on décide de faire, il faut le faire en ayant à cœur le bien-être de l’enfant. Il ne faut jamais oublier que l’élève est un enfant et un être humain, avant d’être un élève qui vient à l’école pour apprendre une matière.

Editeur : La Voix acadienne



 



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