Le 13 juin 2005
Le Gaboteur
Une courte visite au pays pour des marins français
Par : Maxence Jaillet
Editeur : Le Gaboteur
Saint-Jean-
En abordant la passerelle de commande de son bateau, le capitaine de frégate Philippe Berenguer nous accueille en France. En effet, le Beautemps-Beaupré, bâtiment de la marine nationale française, est considéré comme territoire de l’Hexagone. En service depuis le mois de décembre 2003, ce navire hydro-océanographique ultra moderne effectuait sa première traversée de l’Atlantique avant de s’amarrer dans le port de Saint-Jean.
Questionné sur la motivation de cet unique arrêt au Canada, le Commandant Berenger révèle que l’île de Terre-Neuve est un lieu mythique pour les marins et que les grands bancs étaient la destination de nombreux voyages. « Aucun bateau de la flotte française n’avait accosté dans ce port depuis 1997 » ajoute celui-ci, « alors c’était l’occasion de se rapprocher des autorités provinciales et de souligner l’amicale fraternité entre les forces de la marine française et canadienne. Aussi, nous utilisons les mêmes logiciels que les hydrographes qui travaillent ici, avec eux nous avons parlé de techniques et partagé notre savoir pour atteindre notre objectif : accroître la connaissance du milieu marin, patrimoine commun de l’humanité. »
Le Beautemps-Beaupré doit son nom à un ingénieur hydrographe français du début du XIXe siècle. Considéré comme le père de l’hydrographie moderne, cet homme fut entre autres au service de l’Empereur Napoléon Ier, et créa d’innombrables cartes marines précises et détaillées grâce à de nouvelles techniques. À l’image de cet ingénieur, le bloc scientifique à bord est à la fine pointe de la technologie et ses hydrographes peuvent y achever toutes les étapes de la conception des cartes marines pour le Service Hydrographique et Océanographique de la Marine. Pour parfaire la connaissance océanographique, un partenariat avec l’Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer permet à plusieurs scientifiques internationaux d’effectuer sur le bateau, des recherches sur les changements climatiques, la modélisation des océans et les courants marins.
Sur le pont, le navigateur timonier, Antony Dorat explique : « J’ai choisi cette spécialité dans la marine car c’est elle qui fait naviguer le plus, mais sur ce bateau c’est le grand confort ! » Le bateau n’a en effet besoin que de 25 marins à son bord pour assurer une pleine efficacité, il y a plus d’espace personnel pour chacun et c’est une bonne manoeuvre pour la réduction des effectifs, la France ayant changé il y a quelques années son service national pour une armée de carrière. Le bâtiment abrite normalement 30 militaires et 20 chercheurs, l’adjoint au lieutenant chef de quart s’exprime aussi sur cette dualité : « Lorsque que l’on joue sur les deux tableaux, l’armée et la science, on n’est jamais à 100%. Pour l’instant nous ne possédons pas une grande force de frappe. Bientôt nous devrons nous munir d’armes fixes anti-aériennes pour intervenir dans d’éventuels conflits. »
Puis dans les couloirs, Claire Garnier, second maître sur le navire, apprécie son rôle dans les missions autant que le bateau lui-même. Elle a trouvé ce qu’elle recherchait dans la marine, l’évasion et la découverte. En fin, le lieutenant Guena, à la sortie du navire, déclare qu’après les 13 jours de transatlantique et les 6 jours à quai, le Beautemps-Beaupre va naviguer autour de l’Islande à la fin juin et se diriger ensuite vers Brest, son port d’attache. Les francophones de Saint-Jean vous souhaitent bon voyage !
Les élèves à l’abordage
Le vendredi 27 mai, durant l’après-midi, Les élèves et les professeurs de l’école française des Grands-Vents sont montés à bord du navire de la marine française le Beautemps-Beaupré. Les jeunes en arrivant ont escaladé les étages pour aller rencontrer le commandant et des membres de son équipage dans la salle des commandes. Devant beaucoup d’écrans d’ordinateurs et de baies vitrées, le capitaine parle à l’audience excitée : « Les enfants, je suis vraiment ravi que vous visitiez le Beautemps-Beaupré, nous reconnaissons les efforts produits par les différentes communautés francophones de par le monde et sommes fiers de vous donner une plaque en bronze représentant le bateau, ses armes et son écusson pour symboliser le fait que nous parlons la même langue, le français, et que celle-ci nous rassemble. »
Avant la visite des différentes parties du bateau, les enfants reçurent des photos du bateau et les accompagnatrices ont eu droit à des roses blanches. À la fin du parcours, un goûter dans la cafétéria attendait les visiteurs. Du chocolat chaud et des madeleines dans un environnement très français avec un bar de sirop teisseire, un casier à serviettes en tissus et un menu du jour alléchant. Lors de cette collation, les commentaires fusaient : « J’aime la forme du bateau », « c’est plein de boutons », « La chose pour regarder dedans, le périscope, je le trouve super ! », « C’est confortable, la salle à manger est belle », « C’est intéressant de travailler sur la mer », « moi, je serai malade ! », « pas moi, moi j’aimerai naviguer ». Et chez les accompagnatrices : « La visite était très intéressante autant pour les jeunes que pour nous » et finalement, au sujet des marins français, « ils sont galants ». Pour certains c’était la première fois qu’ils montaient à bord d’un gros bateau, c’est une expérience qu’ils n’oublieront pas.
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