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samedi, 25 mars 2006
Le 21 mars 2006
Un livre sur Saint-Boniface
Le CEFCO lance un nouveau projet de livre
pour souligner le 100e anniversaire de l’incorporation de la Ville de Saint-Boniface en 2008.
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Histoire
Pierre Gaultier de Varennes et de La Vérendrye a atteint en 1733, avec ses trois fils, un neveu, un jésuite et une cinquantaine d'engagés (plusieurs Assiniboines), l'embouchure de la rivière Rouge, sur le lac Winnipeg, puis l'explorateur atteignait en 1738 le site actuel de Saint-Boniface. Au cours des années 1738-1739, les La Vérendrye explorent le réseau complexe des lacs et des rivières du Manitoba, ainsi que les rivières Rouge, Assiniboine et Blanche (au sud de la Saskatchewan), et aident à construire le fort La Reine (Portage-La-Prairie). Ces découvertes sont suivies, deux ans plus tard, par l'établissement des forts Dauphin, sur le lac Dauphin, et Bourbon, sur le lac La Biche. Ainsi, 150 ans avant la formation de l'actuel Manitoba, le territoire était jalonné de noms français : fort Rouge, fort La Reine, fort Maurepas, fort Dauphin, fort Bourbon, etc. Ces postes de traite de fourrures étaient animés par le va-et-vient annuel de coureurs de bois et de voyageurs qui, depuis le Bas-Canada (La Vérendrye est né à Trois-Rivières), jetaient les bases d'une première nation francophone au Manitoba.
Fruit de l'établissement permanent de ces derniers en territoire amérindien, la nation métisse s'est alors formée au confluent des rivières Rouge et Assiniboine. Elle s'est affirmée au milieu du XIXe siècle par sa résistance au monopole de la Compagnie de la Baie d'Hudson, puis au gouvernement canadien, pour se disperser ensuite dans l'Ouest canadien. La nation métisse s'est maintenue depuis en marge des autres populations de la région et distante de ses origines françaises.
La colonie de la Rivière-Rouge, fondée par les Métis, se consolidera, avec l'aide de l'Église, pour devenir un des principaux foyers de la vie française dans l'Ouest. Avec l'arrivée des abbés Norbert Provencher et Sévère Dumoulin en 1818, et de colons canadiens, la présence francophone s'ancre définitivement du côté est de la rivière Rouge à la hauteur de l'Assiniboine, avant de s'étendre à toute la future province. Saint-Boniface devient la capitale catholique et francophone de la colonie naissante de la Rivière-Rouge.
La francophonie manitobaine doit son développement aux mouvements migratoires qui s'amorcent dans la deuxième moitié du XIXe siècle. Des francophones de plusieurs souches se sont alors installés au Manitoba : en majorité des Canadiens français, originaires du Québec et de l'Acadie, dont certains ont d'abord séjourné aux États-Unis; mais aussi des Français, des Belges, des Suisses.
La colonie de la Rivière-Rouge devient la province du Manitoba en 1870, à la suite d'un mouvement populaire et démocratique mené par Louis Riel. L'Acte du Manitoba, la constitution de la nouvelle province, reconnaît la dualité linguistique et culturelle de la nouvelle province. Le français et l'anglais sont sur un pied d'égalité au Parlement provincial et devant les tribunaux.
Entre 1870 et 1885, les francophones métis et canadiens deviennent cependant très rapidement minoritaires. L'immigration ontarienne et britannique dépasse, et de loin, le nombre d'immigrants francophones. Formant plus de la moitié de la population en 1870, les francophones représentent seulement un peu plus de 10 % de la population manitobaine en 1886.
En 1890, la législature manitobaine fait de l'anglais la seule langue officielle de la province. À la même période, est adoptée une loi qui abolit la dualité confessionnelle. Si, après de longs démêlés, un certain enseignement dans une langue autre que l'anglais est toléré, tout compromis cesse en 1916, avec la Loi Thornton. La communauté francophone se mobilise et fonde l'Association d'éducation des Canadiens français du Manitoba. Le statut du français n'est rétabli qu'en 1979 et les francophones du Manitoba ne regagnent la gestion scolaire qu'en 1993.
La Société franco-manitobaine, créée en 1968, pour remplacer l'Association d'éducation des Canadiens français, est aujourd'hui l'organisme porte-parole officiel de la communauté.
Crédits et droits d'auteur
Modification : 2005-05-27
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