 |
vendredi, 24 mars 2006
Histoire
Les francophones sont au Yukon depuis les tout débuts de la présence européenne. Lors de la ruée vers l'or du Klondike, les Canadiens français surpassaient même en nombre les Canadiens anglais. Cependant, les premières personnes non autochtones à venir au Yukon n'étaient pas en quête d'or, mais pratiquaient le commerce des fourrures. Au Yukon, comme ailleurs au pays, les voyageurs canadiens-français et métis ont joué un rôle essentiel dans ce type de commerce.
Alors que les entreprises russes ont dominé le commerce en Alaska jusqu'en 1867, la Compagnie de la Baie d'Hudson (CBH) était la principale compagnie au Yukon. En 1840, Robert Campbell de la CBH a exploré l'intérieur du Yukon. Il a voyagé le long de la rivière Pelly et du fleuve Yukon avec l'aide de guides canadiens-français de confiance. Pour les récompenser de leurs efforts, il a baptisé des lieux géographiques en leur honneur.
C'est un traiteur francophone, François-Xavier Mercier, qui a réussi à concurrencer le monopole commercial de la CBH. Avec l'aide de son partenaire, Jack McQuesten, il construisit en 1874 le poste de Fort Reliance, juste en aval de l'embouchure de la rivière Klondike. C'est aussi en grande partie grâce à ses efforts que l'Église catholique envoya les premiers missionnaires oblats dans la région. Prêtres et sœurs francophones du Canada et de l'Europe eurent par la suite une influence importante sur le développement du Yukon, particulièrement dans les domaines de l'éducation et de la santé.
À l'époque de la ruée vers l'or du Klondike, à la fin du XIXe siècle, les francophones étaient déjà bien établis dans la région. Ils jouèrent d'abord un rôle essentiel dans la fondation et le développement des nouvelles agglomérations du Yukon, particulièrement Dawson et Mayo. Par la suite, ils eurent aussi un rôle actif dans la vie sociale et politique du territoire au sein de la nouvelle société qui émergea de la ruée vers l'or. Arpenteurs, ingénieurs, enseignants, prospecteurs, aventuriers, gens d'affaires, hommes et femmes, les francophones ont laissé leur marque au Yukon. Les noms de lieux attestent aujourd'hui une riche présence francophone dans tout le territoire.
Néanmoins, au cours des cent dernières années, la forte émigration qui suivit le déclin de la ruée vers l'or, l'isolation et l'absence d'une infrastructure appropriée menèrent à la quasi-assimilation de la population francophone malgré une présence continue. C'est au début des années 1980 que l'on voit renaître, grâce à des efforts concertés au sein de la communauté franco-yukonnaise, un intérêt pour la langue et les droits des francophones. De nouveaux services, comme une garderie, une école et un centre francophone, sont dorénavant des preuves tangibles de la vitalité de la collectivité francophone.
La nature sauvage du Yukon continue d'attirer l'âme francophone. Les grands espaces du Yukon offrent d'innombrables occasions de vivre loin des contraintes imposées dans les villes et interpellent l'esprit féru d'individualisme. Mais le Yukon d'aujourd'hui est aussi devenu beaucoup plus qu'une destination pour des âmes francophones en quête d'aventure – c'est un endroit où les personnes d'expression française peuvent vivre, se développer et contribuer par leur langue et leur culture. C'est un endroit où il fait bon enfin vivre et grandir en français.
Sources et droits d'auteurs
Modification : 2005-05-26
|
 |